
Macron soutient la candidature du Monténégro à l'UE en 2028 alors que le bloc se prépare pour le sommet des Balkans occidentaux à Tivat
Le président français Emmanuel Macron s'est rendu au Monténégro pour la première fois jeudi, promettant son soutien à l'objectif du pays de devenir le 28e membre de l'UE d'ici 2028, avant un sommet avec les dirigeants des Balkans occidentaux.
Une visite historique et une promesse de soutien
Le président français Emmanuel Macron a effectué jeudi la première visite d'un chef d'État français au Monténégro, saisissant l'occasion pour soutenir l'ambition du pays d'adhérer à l'Union européenne d'ici 2028. S'exprimant aux côtés du président monténégrin Jakov Milatovic dans la capitale historique de Cetinje, Macron a encouragé les réformes difficiles qui restent nécessaires.
Ayez confiance, nous serons à vos côtés dans les mois à venir pour que vous progressiez et atteigniez les ambitions que vous vous êtes fixées.
Macron a dit à ses hôtes de croire en eux-mêmes, notant que ce que le Monténégro avait accompli au cours des deux dernières années était plus que ce que beaucoup pensaient possible. La visite intervient un jour avant que les dirigeants de l'UE ne se réunissent dans la station balnéaire adriatique de Tivat pour un sommet avec leurs homologues des Balkans occidentaux.
Le statut de favori du Monténégro
Le Monténégro, pays de 630 000 habitants, est le candidat le plus avancé dans les négociations d'adhésion à l'UE. Le bloc a formé le mois dernier un groupe de travail pour rédiger son traité d'adhésion, confirmant sa position de favori. Les avions de ligne d'Air Montenegro arborent désormais le slogan « 28 by 28 — The Next EU Member », reflétant l'objectif du gouvernement d'adhérer en 2028, ce qui en ferait le premier nouveau membre depuis la Croatie en 2013.
Le Monténégro est le pays candidat le plus avancé dans les négociations d'adhésion. Un leadership fort dans le pays a permis des avancées significatives en matière de réformes, mais il reste encore beaucoup de travail à faire.
La commissaire européenne à l'élargissement, Marta Kos, a identifié les réformes de l'État de droit et de la justice comme parmi les tâches les plus urgentes restantes. Les 27 États membres actuels devraient ratifier l'adhésion du Monténégro avant qu'il ne puisse rejoindre l'UE.
D'allié de la Russie à membre de l'OTAN
Le parcours du Monténégro vers Bruxelles a impliqué une rupture nette avec Moscou. Autrefois fortement dépendant des investissements russes, du tourisme et de l'immobilier, les relations de Podgorica avec le Kremlin se sont détériorées après que les autorités ont accusé la Russie d'avoir fomenté un coup d'État avec des ultranationalistes serbes en 2016, une accusation que Moscou dément. Le Monténégro a rejoint l'OTAN en 2017 et a imposé des sanctions contre la Russie après l'invasion de l'Ukraine en 2022, après quoi Moscou l'a déclaré État ennemi.
Notre principal motif est de prendre le contrôle de notre propre avenir, qui sera européen et euro-atlantique.
Djukanovic, qui a dirigé le Monténégro pendant trois décennies en tant que Premier ministre ou président jusqu'en 2023, a décrit la rupture avec la Russie, un allié orthodoxe et slave traditionnel, comme un tournant. L'opinion publique semble fermement derrière la voie européenne : un sondage de la Commission européenne d'avril a montré que plus de 80 % des Monténégrins soutiennent l'adhésion à l'UE.
Réformes et chemin à parcourir
Malgré la dynamique politique, 2028 reste un objectif très ambitieux. Le Monténégro doit encore adopter des réformes difficiles, notamment en matière de lutte contre la corruption et de renforcement de l'État de droit. Paris et Berlin ont diffusé un document appelant à une « nouvelle dynamique » dans le processus d'élargissement tout en restant fidèle au principe des « mérites propres », ce qui signifie que les réformes doivent être achevées avant l'adhésion. La proposition franco-allemande suggère un accès privilégié au marché unique et un statut d'observateur aux réunions de l'UE comme étapes intermédiaires avant l'adhésion complète.
Une région en attente
Le sommet des Balkans occidentaux à Tivat offre à l'UE l'opportunité de manifester son soutien à l'intégration de la région, même si d'autres candidats se heurtent à des obstacles plus profonds. Le parlement serbe a adopté des lois controversées sur la justice, les réformes en Bosnie-Herzégovine sont retardées par des querelles politiques et une impasse politique au Kosovo a complètement bloqué les efforts de réforme. Dans ce contexte, les progrès du Monténégro se démarquent, même si la dernière ligne droite des négociations mettra à l'épreuve à la fois la capacité de réforme de Podgorica et l'appétit de l'UE pour l'élargissement.
- Le Monténégro sort de l'union d'États avec la Serbie, restaurant son indépendance.
- Les autorités accusent la Russie d'avoir fomenté un coup d'État avec des ultranationalistes serbes.
- Le Monténégro rejoint l'OTAN, tendant encore davantage les liens avec Moscou.
- Le Monténégro impose des sanctions contre la Russie ; Moscou le déclare État ennemi.
- L'UE forme un groupe de travail pour rédiger le traité d'adhésion du Monténégro.
- Macron effectue la première visite d'un président français au Monténégro, promettant son soutien.
- Sommet UE-Balkans occidentaux prévu à Tivat pour discuter de l'intégration.
- Le Monténégro vise l'adhésion à l'UE en tant que 28e État membre.

