
Les obsèques de Lyhanna, 11 ans, figent Fleurance alors que la France fait face à son échec face à un délinquant sexuel connu
Environ 200 personnes en deuil se sont rassemblées à Fleurance vendredi pour les obsèques publiques de Lyhanna, une fillette de 11 ans dont le meurtre a provoqué une prise de conscience nationale sur le traitement des plaintes pour violences sexuelles contre des mineurs.
La cérémonie funèbre
Environ 200 personnes ont assisté à la partie publique du service au cimetière de Fleurance vendredi après-midi. Le maire, Grégory Bobbato, a ouvert les hommages.
Ce n'est pas un adieu à un symbole, un combat, mais à un enfant de 11 ans et demi : Lyhanna.
Une maîtresse de cérémonie, s'exprimant au nom de la famille, a décrit Lyhanna comme ayant une « âme lumineuse, douce et bienveillante » et rappelé sa « franchise désarmante qui faisait sourire ». La famille a ensuite lâché des ballons blancs et cinq colombes. L'inhumation elle-même a eu lieu en privé, à la demande de la famille, loin des caméras après des jours de couverture médiatique intense.
La disparition et la découverte
Lyhanna a été vue pour la dernière fois le 29 mai près du collège Hubert-Reeves, où elle a été filmée montant dans la voiture du principal suspect, Jérôme Barella. Son corps a été retrouvé le 4 juin dans un silo à grains à Fleurance, une commune de 6 000 habitants dans le Gers. Barella a été inculpé d'enlèvement et de séquestration et est détenu à la prison de Mont-de-Marsan.
- Lyhanna vue pour la dernière fois près de son collège, montant dans la voiture du suspect Jérôme Barella.
- Le corps de Lyhanna retrouvé dans un silo à grains à Fleurance.
- Une marche blanche rassemble environ 6 000 participants à Fleurance.
- Cérémonie funèbre au cimetière de Fleurance ; service public suivi d'un enterrement privé.
Un système judiciaire sous le feu des critiques
Barella avait fait l'objet de sept signalements antérieurs pour violences sexuelles, sans qu'aucune suite ne leur soit donnée. Cet échec a suscité de vives critiques à l'étranger.
Sept signalements pour violences sexuelles, sans aucune conséquence.
Le quotidien suisse Le Temps a qualifié Lyhanna de « porte-drapeau de toutes les victimes que l'État français n'écoute pas ». L'affaire a été comparée à l'affaire Dutroux en Belgique.
Réponse du gouvernement
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une « loi globale contre les violences sexuelles et sexistes ». Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a présenté ses excuses à la famille et a ordonné aux procureurs d'examiner 70 000 plaintes en attente pour viol et agression sexuelle sur mineurs d'ici le 14 juillet. En 2021, le président Emmanuel Macron avait promis aux victimes qu'elles ne seraient « plus jamais seules », mais seule la moitié des 82 recommandations de la commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a donné lieu à un travail parlementaire, selon Die Zeit.
Une communauté en deuil
Dimanche 7 juin, une marche blanche a rassemblé environ 6 000 personnes, soit la population totale de la ville. De nombreux participants portaient des T-shirts à l'effigie de Lyhanna. La journaliste locale Clotilde Jupon a déclaré que l'histoire dominait les conversations dans les cafés, les supermarchés et à la télévision.
Une leçon face à leur dignité absolue lorsqu'ils affrontent le pire : perdre un enfant.
Le maire a salué les parents, Charly et Martial, pour leur dignité et pour avoir constamment ramené tout le monde à l'essentiel.


