Gouvernement · Londres
L'Open Rights Group affirme que l'IA est omniprésente au Home Office, sans véritable contrôle public
L'Open Rights Group affirme que l'IA soutient désormais le traitement des dossiers d'asile, la surveillance des frontières et les contrôles d'âge, et des députés de tous bords demandent au Home Office de publier ses évaluations de ces outils.
Texte IA fondé sur les articles de TechRadar, The Telegraph, Wired et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).
En bref
Le rapport de l'Open Rights Group, fondé sur 11 questions parlementaires, deux lettres ministérielles et 10 demandes de documents publics, indique que l'IA sert à l'estimation d'âge, au contrôle des téléphones, à la surveillance des frontières et à la hiérarchisation des dossiers.
Des contrôles internes inopinés rapportés par The Independent ont constaté que l'outil de synthèse ACS échouait à des tests élémentaires d'exactitude. Les outils ont été testés fin 2024 face à un arriéré d'environ 100 000 dossiers d'asile.
Spotlight on Corruption a constaté que 38 responsables ont rejoint des fonctions liées à l'IA entre juillet 2024 et septembre 2026, et que les fonctionnaires ont rencontré 137 entreprises sans rencontrer aucune organisation environnementale.
La commissaire à la lutte contre l'esclavage Eleanor Lyons a cité 7 045 enfants signalés comme victimes potentielles de traite en 2025, soit une hausse de 17 % sur un an, dont plus de 60 % de ressortissants britanniques.
- Fin 2024Le Home Office commence à tester les outils ACS et APS
- Année jusqu'à juin 2026La liste d'attente pour une décision initiale a été réduite de moitié sur l'année jusqu'à juin
- 27 oct.Publication du rapport de l'Open Rights Group sur l'usage de l'IA au Home Office
Des militants affirment que l'IA innerve désormais de nombreuses missions du Home Office
L'Open Rights Group (ORG) a publié un rapport intitulé Automated Discrimination, dans lequel il soutient que l'IA est intégrée à l'ensemble du Home Office dans une quasi-opacité. Selon l'organisation, la technologie sert à signaler de possibles mariages blancs, à estimer l'âge des demandeurs d'asile et à vérifier le contenu des téléphones de nouveaux arrivants. Elle appuie aussi la surveillance des frontières via la reconnaissance faciale en direct et des drones et satellites dotés d'IA, et aide à hiérarchiser et évaluer les dossiers grâce à un outil appelé Identify and Prioritise Immigration Cases (Ipic). L'ORG indique que ses conclusions ont été assemblées à partir des rares publications du Home Office, de demandes d'accès à l'information et de questions de parlementaires. Le rapport soutient que ces systèmes ne sont ni neutres ni exacts et peuvent reproduire des biais et des discriminations.
Ce travail est soutenu par des élus de plusieurs partis : la députée travailliste Bell Ribeiro-Addy, Pete Wishart (SNP) et Siân Berry, du Parti vert. Bell Ribeiro-Addy demande au Home Office de publier ses évaluations en matière d'égalité et de protection des données et d'autoriser une validation indépendante de la performance des outils.
« Le Home Office ne devrait pas utiliser l'IA pour des décisions aussi fondamentales pour la vie des gens tant qu'il ne peut pas démontrer que ces outils sont exacts »
Les militants demandent au gouvernement d'encadrer l'IA, d'interdire les usages qui risquent de violer les droits humains, de publier un registre public des outils d'IA de l'État et de renforcer les lois sur l'accès à l'information.
Outils pour l'asile et doutes sur leur exactitude
Le Home Office s'appuie sur deux systèmes, Asylum Case Summarisation (ACS) et Asylum Policy Search (APS), qui reposent sur le modèle GPT-4 d'OpenAI de 2023 et sur Microsoft Foundry. Des documents obtenus par l'ORG montrent que ces outils résument les transcriptions d'entretiens avec des demandeurs d'asile et la documentation de fond sur les pays d'origine. L'administration de l'immigration a commencé à les tester fin 2024, alors que le gouvernement traitait un arriéré d'environ 100 000 dossiers d'asile. Le ministère a depuis réduit de moitié le nombre de personnes en attente d'une décision initiale sur l'année jusqu'à juin, tandis que le nombre d'appels a fortement augmenté. The Independent a rapporté que des contrôles internes inopinés ont constaté que l'outil de synthèse échouait à des tests élémentaires d'exactitude.
« Les décisions en matière d'asile sont prises par des agents formés, les outils d'IA servant uniquement à faciliter la consultation des comptes rendus d'entretien et des informations sur les politiques. »
Le ministère indique qu'il surveille ces outils parallèlement à ses procédures d'assurance qualité et s'est engagé à publier des évaluations actualisées au fur et à mesure de leur déploiement.
Examen du gendarme et question du secret
L'Independent Chief Inspector of Borders and Immigration (ICIBI) a demandé à l'ORG davantage d'informations sur ces outils pendant qu'il prépare ses priorités d'inspection pour l'an prochain. L'inspection n'a pas confirmé quels sujets étaient à l'étude, mais dit avoir connaissance des inquiétudes sur l'usage de l'IA et renvoie à ses précédentes conclusions selon lesquelles l'efficacité et la fiabilité de l'outil étaient variables. L'enquête de six mois de l'ORG s'appuie sur 11 questions parlementaires, deux lettres ministérielles et 10 demandes de documents publics, le Home Office ayant refusé de communiquer des détails sur les outils. Sara Alsherif, responsable de programme à l'ORG, affirme que transparence, redevabilité et régulation stricte sont urgentes pour limiter l'usage de l'IA et empêcher son déploiement à plus grande échelle.
- Questions parlementaires
- 11
- Lettres ministérielles
- 2
- Demandes de documents publics
- 10
Données tirées du texte de l’article
Politique des datacentres et pantouflage
Spotlight on Corruption a constaté que 38 ministres, hauts fonctionnaires et conseillers spéciaux ont rejoint des entreprises d'IA entre juillet 2024 et septembre 2026, notamment chez OpenAI et Anthropic. Son enquête a déposé 40 demandes d'accès à l'information auprès de 18 administrations sur 12 mois et porte sur la politique des zones de croissance de l'IA, un élément central de l'agenda de l'ancien Premier ministre Keir Starmer en matière d'IA et d'économie. Neuf des responsables partants venaient du Department for Science, Innovation and Technology, dont un ancien ministre chargé de l'IA et de la propriété intellectuelle et un ancien conseiller IA du Premier ministre. Les ministres, secrétaires permanents et directeurs généraux impliqués dans cette politique ont rencontré 137 entreprises, certaines à plusieurs reprises, tandis que les hauts fonctionnaires ont rencontré deux groupes communautaires et aucune organisation environnementale.
« Le gouvernement a totalement échoué, au plus haut niveau, à parler aux ONG environnementales ou aux groupes communautaires lors de l'élaboration de sa politique phare sur les datacentres d'IA. »
- Réunions avec des entreprises
- 137 réunions
- Réunions avec des groupes communautaires
- 2 réunions
- Réunions avec des organisations environnementales
- 0 réunions
Données tirées du texte de l’article
D'autres méfaits de l'IA dans la même couverture
La commissaire britannique à la lutte contre l'esclavage, Eleanor Lyons, a averti que l'IA facilite la création de faux profils en ligne par des criminels et le conditionnement d'enfants pour transporter de l'argent ou de la drogue. Elle a indiqué que les victimes échappent souvent aux autorités. De nouvelles données citées dans la couverture montrent que 7 045 enfants ont été signalés comme victimes potentielles de traite et d'esclavage moderne en 2025, soit 17 % de plus que l'année précédente, dont plus de 60 % de ressortissants britanniques. L'Internet Watch Foundation indique que l'extorsion sexuelle de mineurs est également en hausse. Par ailleurs, le conseiller en chef à la sécurité de Microsoft UK, le Dr Jon Davies, a déclaré que les menaces liées à l'IA sont réelles, et le Digital Defense Report de l'entreprise a constaté que les attaques par hameçonnage sont passées mondialement de 7 % à 23 % des intrusions traitées par les équipes de réponse aux incidents d'une année sur l'autre. Google, de son côté, a accusé la Competition and Markets Authority d'une tentative « illégale » de le contraindre à promouvoir des services d'IA concurrents.
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Sources et contexte
- TechRadarLes menaces de l'IA sont réelles - ce n'est pas une légende urbaine : le responsable de la sécurité de Microsoft UK explique pourquoi votre entreprise doit se préparer à une nouvelle génération de cybermenaces liées à l'IA"AI threats are real - it's not some kind of urban myth": Microsoft UK security head on why your business should be prepared for a new generation of AI cyber threats · original en anglais
- The TelegraphGoogle attaque le Royaume-Uni au sujet de plans sur l'IA jugés « illégaux »Google attacks UK over 'unlawful' AI plans · original en anglais
- WiredLe ministère de l'Intérieur britannique pourrait faire l'objet d'une enquête sur l'utilisation d'outils OpenAIUK Home Office May Face Investigation Over Use of OpenAI Tools · original en anglais
- The IndependentAvertissement concernant l'IA qui « facilite » l'exploitation des enfants par des gangsWarning issued over AI 'making it easier' for gangs to exploit children · original en anglais
- Bell Ribeiro-Addy
- Députée travailliste qui soutient les appels à la transparence du Home Office sur les outils d'IA
- Pete Wishart
- Député du SNP qui soutient le rapport de l'Open Rights Group
- Siân Berry
- Figure du Parti vert qui soutient le rapport de l'Open Rights Group
- Keir Starmer
- Ancien Premier ministre dont la politique des zones de croissance de l'IA est examinée
- Eleanor Lyons
- Commissaire britannique à la lutte contre l'esclavage, qui a alerté sur l'exploitation d'enfants facilitée par l'IA
- Jon Davies
- Conseiller en chef à la sécurité de Microsoft UK
- Lieux
- Londres, Royaume-Uni
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