Gouvernement · Londres

L'Open Rights Group affirme que l'IA est omniprésente au Home Office, sans véritable contrôle public

L'Open Rights Group affirme que l'IA soutient désormais le traitement des dossiers d'asile, la surveillance des frontières et les contrôles d'âge, et des députés de tous bords demandent au Home Office de publier ses évaluations de ces outils.

Texte IA fondé sur les articles de TechRadar, The Telegraph, Wired et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Londres · Royaume-Uni
Comment on en est arrivé là
  1. Fin 2024Le Home Office commence à tester les outils ACS et APS
  2. Année jusqu'à juin 2026La liste d'attente pour une décision initiale a été réduite de moitié sur l'année jusqu'à juin
  3. 27 oct.Publication du rapport de l'Open Rights Group sur l'usage de l'IA au Home Office

Des militants affirment que l'IA innerve désormais de nombreuses missions du Home Office

L'Open Rights Group (ORG) a publié un rapport intitulé Automated Discrimination, dans lequel il soutient que l'IA est intégrée à l'ensemble du Home Office dans une quasi-opacité. Selon l'organisation, la technologie sert à signaler de possibles mariages blancs, à estimer l'âge des demandeurs d'asile et à vérifier le contenu des téléphones de nouveaux arrivants. Elle appuie aussi la surveillance des frontières via la reconnaissance faciale en direct et des drones et satellites dotés d'IA, et aide à hiérarchiser et évaluer les dossiers grâce à un outil appelé Identify and Prioritise Immigration Cases (Ipic). L'ORG indique que ses conclusions ont été assemblées à partir des rares publications du Home Office, de demandes d'accès à l'information et de questions de parlementaires. Le rapport soutient que ces systèmes ne sont ni neutres ni exacts et peuvent reproduire des biais et des discriminations.

Ce travail est soutenu par des élus de plusieurs partis : la députée travailliste Bell Ribeiro-Addy, Pete Wishart (SNP) et Siân Berry, du Parti vert. Bell Ribeiro-Addy demande au Home Office de publier ses évaluations en matière d'égalité et de protection des données et d'autoriser une validation indépendante de la performance des outils.

« Le Home Office ne devrait pas utiliser l'IA pour des décisions aussi fondamentales pour la vie des gens tant qu'il ne peut pas démontrer que ces outils sont exacts »

Bell Ribeiro-Addy, députée travailliste

Les militants demandent au gouvernement d'encadrer l'IA, d'interdire les usages qui risquent de violer les droits humains, de publier un registre public des outils d'IA de l'État et de renforcer les lois sur l'accès à l'information.

Outils pour l'asile et doutes sur leur exactitude

Le Home Office s'appuie sur deux systèmes, Asylum Case Summarisation (ACS) et Asylum Policy Search (APS), qui reposent sur le modèle GPT-4 d'OpenAI de 2023 et sur Microsoft Foundry. Des documents obtenus par l'ORG montrent que ces outils résument les transcriptions d'entretiens avec des demandeurs d'asile et la documentation de fond sur les pays d'origine. L'administration de l'immigration a commencé à les tester fin 2024, alors que le gouvernement traitait un arriéré d'environ 100 000 dossiers d'asile. Le ministère a depuis réduit de moitié le nombre de personnes en attente d'une décision initiale sur l'année jusqu'à juin, tandis que le nombre d'appels a fortement augmenté. The Independent a rapporté que des contrôles internes inopinés ont constaté que l'outil de synthèse échouait à des tests élémentaires d'exactitude.

« Les décisions en matière d'asile sont prises par des agents formés, les outils d'IA servant uniquement à faciliter la consultation des comptes rendus d'entretien et des informations sur les politiques. »

ministère de l'Intérieur britannique

Le ministère indique qu'il surveille ces outils parallèlement à ses procédures d'assurance qualité et s'est engagé à publier des évaluations actualisées au fur et à mesure de leur déploiement.

Examen du gendarme et question du secret

L'Independent Chief Inspector of Borders and Immigration (ICIBI) a demandé à l'ORG davantage d'informations sur ces outils pendant qu'il prépare ses priorités d'inspection pour l'an prochain. L'inspection n'a pas confirmé quels sujets étaient à l'étude, mais dit avoir connaissance des inquiétudes sur l'usage de l'IA et renvoie à ses précédentes conclusions selon lesquelles l'efficacité et la fiabilité de l'outil étaient variables. L'enquête de six mois de l'ORG s'appuie sur 11 questions parlementaires, deux lettres ministérielles et 10 demandes de documents publics, le Home Office ayant refusé de communiquer des détails sur les outils. Sara Alsherif, responsable de programme à l'ORG, affirme que transparence, redevabilité et régulation stricte sont urgentes pour limiter l'usage de l'IA et empêcher son déploiement à plus grande échelle.

Sources de l'enquête de l'ORG sur les outils d'IA du Home Office
Questions parlementaires
11
Lettres ministérielles
2
Demandes de documents publics
10

Données tirées du texte de l’article

Politique des datacentres et pantouflage

Spotlight on Corruption a constaté que 38 ministres, hauts fonctionnaires et conseillers spéciaux ont rejoint des entreprises d'IA entre juillet 2024 et septembre 2026, notamment chez OpenAI et Anthropic. Son enquête a déposé 40 demandes d'accès à l'information auprès de 18 administrations sur 12 mois et porte sur la politique des zones de croissance de l'IA, un élément central de l'agenda de l'ancien Premier ministre Keir Starmer en matière d'IA et d'économie. Neuf des responsables partants venaient du Department for Science, Innovation and Technology, dont un ancien ministre chargé de l'IA et de la propriété intellectuelle et un ancien conseiller IA du Premier ministre. Les ministres, secrétaires permanents et directeurs généraux impliqués dans cette politique ont rencontré 137 entreprises, certaines à plusieurs reprises, tandis que les hauts fonctionnaires ont rencontré deux groupes communautaires et aucune organisation environnementale.

« Le gouvernement a totalement échoué, au plus haut niveau, à parler aux ONG environnementales ou aux groupes communautaires lors de l'élaboration de sa politique phare sur les datacentres d'IA. »

Kamila Kingstone
Rencontres sur la politique des datacentres d'IA, juillet 2024 à juin 2026réunions
Réunions avec des entreprises
137 réunions
Réunions avec des groupes communautaires
2 réunions
Réunions avec des organisations environnementales
0 réunions

Données tirées du texte de l’article

D'autres méfaits de l'IA dans la même couverture

La commissaire britannique à la lutte contre l'esclavage, Eleanor Lyons, a averti que l'IA facilite la création de faux profils en ligne par des criminels et le conditionnement d'enfants pour transporter de l'argent ou de la drogue. Elle a indiqué que les victimes échappent souvent aux autorités. De nouvelles données citées dans la couverture montrent que 7 045 enfants ont été signalés comme victimes potentielles de traite et d'esclavage moderne en 2025, soit 17 % de plus que l'année précédente, dont plus de 60 % de ressortissants britanniques. L'Internet Watch Foundation indique que l'extorsion sexuelle de mineurs est également en hausse. Par ailleurs, le conseiller en chef à la sécurité de Microsoft UK, le Dr Jon Davies, a déclaré que les menaces liées à l'IA sont réelles, et le Digital Defense Report de l'entreprise a constaté que les attaques par hameçonnage sont passées mondialement de 7 % à 23 % des intrusions traitées par les équipes de réponse aux incidents d'une année sur l'autre. Google, de son côté, a accusé la Competition and Markets Authority d'une tentative « illégale » de le contraindre à promouvoir des services d'IA concurrents.

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