
La France va convoquer l'ambassadeur russe, l'UE et le Royaume-Uni dévoilent de nouvelles sanctions après une campagne cybernétique menée par le FSB en Europe
Paris va convoquer l'ambassadeur russe et, avec Bruxelles et Londres, imposer des sanctions contre des personnes et entités liées à une vaste opération de piratage et de sabotage menée depuis des années par le FSB russe, qui a touché au moins dix pays européens.
Une réponse diplomatique et de sanctions coordonnée
La France convoquera l'ambassadeur russe Alexeï Mechkov dans les prochains jours en raison d'une campagne cybernétique de grande ampleur menée par Moscou contre une dizaine de pays européens, a annoncé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sur BFM TV le 13 juillet. Le gouvernement français attribue publiquement ces activités cybernétiques malveillantes au 16e Centre du Service fédéral de sécurité (FSB) russe, en particulier à son groupe de pirates informatiques connu sous le nom de Turla. En parallèle, l'Allemagne a ordonné la convocation de son propre ambassadeur, Sergueï Nechaev, le ministère des Affaires étrangères qualifiant les attaques d'inacceptables sur le réseau social X.
Aujourd'hui, nous condamnerons publiquement une vaste campagne cybernétique menée par la Russie, visant à saboter et espionner une douzaine de pays.
La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, a publié une déclaration condamnant la campagne et confirmant que le bloc ajoutera d'autres noms à sa liste de sanctions. Le Royaume-Uni s'est également joint à la dénonciation, marquant ce que Libération a décrit comme une première attribution conjointe avec Bruxelles, identifiant les services du FSB derrière une attaque contre le réseau électrique polonais que Londres affirme avoir déjouée.
Des cibles partout en Europe : ministères, infrastructures et élections
La campagne, active depuis les années 2010 et se poursuivant jusqu'à aujourd'hui selon des sources de sécurité françaises citées par Franceinfo, a touché la France, l'Allemagne, la Pologne, Chypre, les Pays-Bas, l'Autriche, la Slovaquie, la Roumanie et la Finlande. En France, l'opération a compromis les comptes de messagerie internet du ministère de la Défense à partir de 2017, le réseau d'une ambassade française à Moscou en 2018, une institution du ministère de la Justice en 2019, et une entité de haute technologie en 2025. Le groupe de pirates Turla, opérant au sein du 16e Centre du FSB, a utilisé l'unité militaire 61240 près de Saint-Pétersbourg pour des opérations dirigées contre le pays.
En Allemagne, des entités gouvernementales ont été ciblées.
En Pologne, la campagne a récemment ciblé le système d'approvisionnement en eau et les installations énergétiques, y compris les centrales de chauffage et électriques. Barrot a précisé que l'objectif était soit de recueillir des renseignements, soit de saboter le fonctionnement des infrastructures, citant l'exemple des chemins de fer polonais. Au-delà des infrastructures traditionnelles, le ministre français a noté qu'une vigilance est nécessaire pour les processus électoraux, avec des élections sénatoriales, présidentielles et probablement législatives à l'horizon national, et que Viginum et l'agence nationale de cybersécurité ANSSI sont mobilisées pour contrer les campagnes de désinformation.
L'outil de sanctions : neuf personnes, quatre entités et plus
La France a annoncé des sanctions contre neuf personnes russes et quatre entités pour avoir orchestré la campagne. Le paquet coordonné de l'UE cible également 13 personnes et entités. Le Royaume-Uni a annoncé le même jour son propre ensemble, sanctionnant 24 entités et personnes liées aux services de renseignement russes, y compris des officiers supérieurs de la Direction principale du renseignement (GRU) : Viatcheslav Stafeev, Ivan Semin et Ivan Kasyanenko, selon wnp.pl.
- Le FSB lance un ciblage stratégique des entités gouvernementales françaises et des partenaires européens.
- Début de la compromission des comptes de messagerie internet du ministère français de la Défense.
- Réseau informatique de l'ambassade française à Moscou compromis.
- Institution du ministère français de la Justice piratée.
- Système d'information d'une entité française de haute technologie compromis.
- La France annonce la convocation de l'ambassadeur ; l'UE, le Royaume-Uni et la France imposent des sanctions coordonnées.
La déclaration de l'UE indique que les sanctions toucheront également les membres des groupes criminels cybernétiques Lumma Infostealer et Trickbot, ainsi que le collectif hacktiviste pro-russe Cyber Army of Russia Reborn, qui avait annoncé des opérations visant à déstabiliser les Jeux olympiques de Paris. Deux fournisseurs d'hébergement qui ont fourni des infrastructures aux pirates russes et ont refusé de coopérer avec les autorités européennes seront également sanctionnés.
Un écosystème cybernétique en expansion sous surveillance
L'analyse de l'UE, rapportée par le Berliner Zeitung, décrit le FSB comme utilisant tout un écosystème cybernétique qui s'étend aux acteurs étatiques et non étatiques. Cet écosystème, selon Bruxelles, a été utilisé pour cibler l'UE, ses États membres et partenaires internationaux avec des cyberattaques de plus en plus graves. RFI ajoute que le centre français de coordination des crises cybernétiques a suivi l'accent mis par le groupe sur les institutions privées et publiques françaises, en particulier dans les secteurs diplomatique, de la défense, de la justice et de la technologie.
Nous avons considérablement renforcé nos défenses contre ces cyberattaques.
Le ministre français des Affaires étrangères a affirmé que le pays possède l'un des systèmes les plus avancés d'Europe et du monde pour contrer l'agression hybride russe. L'UE, quant à elle, a appelé tous les États, y compris la Russie, à respecter le cadre de l'ONU pour un comportement responsable des États dans le cyberespace et a souligné sa coordination étroite avec le Royaume-Uni et l'OTAN.
- France (personnes)
- 9 cibles
- France (entités)
- 4 cibles
- Royaume-Uni (total cibles)
- 24 cibles
- UE (total cibles)
- 13 cibles


