
L'UE adopte près de 1 600 nouvelles inscriptions sur sa liste de sanctions visant l'industrie militaire russe liée à la guerre en Ukraine
Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont formellement approuvé ces inscriptions lundi 12 octobre 2026, portant à près de 4 600 le total des personnes et entités sanctionnées en lien avec la guerre en Ukraine. Cette décision intervient après un arrangement américano-russe sur le diesel que les gouvernements européens ont critiqué.
Ce que l'UE a adopté
L'Union européenne a adopté lundi 12 octobre 2026 de nouvelles sanctions contre près de 1 600 personnes et entités liées à la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine, selon la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas. Des diplomates à Bruxelles ont indiqué que le paquet couvre 743 personnes et 826 entités, toutes liées au complexe militaro-industriel russe. Ces inscriptions portent à près de 4 600 le nombre total de personnes et entités sanctionnées par l'UE en lien avec la guerre. Kallas a déclaré sur X qu'il s'agit de la plus importante extension de la liste de sanctions de l'UE depuis le début de la guerre et que plus de la moitié des nouveaux noms sont liés à la chaîne de production de missiles balistiques. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont donné leur approbation formelle lors de leur réunion de lundi, après un accord des ambassadeurs des États membres mercredi 7 octobre.
- Les ambassadeurs de l'UE parviennent à un accord sur le nouveau paquet de sanctions
- Les ministres des Affaires étrangères de l'UE approuvent formellement près de 1 600 nouvelles inscriptions
Cibles et mesures
Les inscriptions couvrent des entreprises et des organisations de plusieurs secteurs stratégiques de l'industrie de défense russe, notamment la construction navale, l'aviation, l'électronique et l'aérospatiale. Business Insider rapporte que les cibles incluent des entreprises impliquées dans la production de missiles balistiques, des fabricants de drones et des chantiers navals qui entretiennent les sous-marins russes. Les sanctions gèlent les avoirs situés dans l'UE et interdisent de mettre des fonds ou d'autres ressources économiques à la disposition des entités visées. Les personnes inscrites font également l'objet d'une interdiction d'entrée dans l'UE. Kallas a déclaré que ces mesures rendent la production des armes utilisées par la Russie pour tuer des Ukrainiens plus difficile, plus lente et plus coûteuse.
- Personnes
- 743
- Entités
- 826
Accord sur le diesel et réaction européenne
Le paquet intervient après l'annonce américaine d'un accord avec la Russie de Vladimir Poutine pour fournir du diesel aux États-Unis, que Franceinfo décrit comme une levée de facto des sanctions américaines. Cet arrangement a suscité des désaccords parmi de nombreux pays européens. Il Fatto Quotidiano rapporte que Donald Trump a suspendu les sanctions sur le diesel russe et que les ministres de l'UE sont parvenus à un accord deux jours après un appel téléphonique entre Trump et son homologue du Kremlin. Selon le même média, Volodymyr Zelensky a souligné ce jour-là que l'unité transatlantique devait être maintenue. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a déclaré que le soutien européen à l'Ukraine repose sur un prêt de 90 milliards d'euros, avec plus de 5 milliards d'euros décaissés au cours de la semaine la plus récente, ainsi que sur un soutien énergétique et militaire et une pression sur la Russie.
Kallas sur l'économie de guerre russe
Kallas a déclaré que les sanctions existantes ont déjà fortement limité la capacité de Moscou à financer la guerre. La diplomatie européenne estime que l'économie russe a perdu environ 1 000 milliards d'euros à cause des sanctions, des sommes qui n'ont pas pu être consacrées à des fins militaires. Business Insider rapporte que Kallas a également pointé l'action de l'UE contre la flotte fantôme russe, le réseau de pétroliers utilisé pour contourner les sanctions sur les exportations d'énergie. Kallas a souligné que plus de 80 civils ukrainiens ont été tués lors d'attaques russes au cours des deux jours précédents. Ses propos présentent les nouvelles inscriptions comme une réponse au coût à la fois économique et humain de la guerre.
L'Allemagne et l'agenda plus large
Le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul a qualifié la décision de coup porté à l'économie de guerre russe. Selon Business Insider, qui cite Die Welt, il a déclaré que l'UE continuera d'accroître la pression économique sur la Russie jusqu'à ce que le Kremlin soit prêt à de sérieuses négociations de paix. Il a également affirmé que le message est clair : la Russie ne peut pas gagner la guerre et ne la gagnera pas. Mediafax rapporte que l'agenda des ministres des Affaires étrangères portait aussi sur l'intensification de la campagne hybride russe et sur les défis de sécurité dans la région de la mer Noire. Le ministre roumain des Affaires étrangères devrait soutenir l'ouverture de nouveaux chapitres de négociation avec la Moldavie et l'Ukraine dans leurs processus d'adhésion à l'UE.


