Migration · Luxembourg, Tirana et Rome
Un conseiller de la Cour de l'UE estime que le protocole Italie-Albanie ne garantit pas pleinement le droit d'asile
L'avocat général de la Cour de justice de l'UE estime que les centres migratoires offshore sont autorisés par le droit européen, mais que le protocole Italie-Albanie manque de règles claires et précises pour garantir les droits des détenus.
Texte IA fondé sur les articles de Rai news, ANSA.it, europa press et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
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En bref
L'avocat général de l'UE confirme que les États membres peuvent établir des centres migratoires en dehors de l'UE, mais doivent respecter le droit d'asile européen.
L'avis indique que le protocole Italie-Albanie et les lois de mise en œuvre manquent de règles claires pour garantir les droits de défense des détenus, le droit à la vie privée et la libération immédiate après l'expiration de la validation de la détention.
Les juges nationaux doivent vérifier que les normes de rétention de l'UE sont respectées et qu'une protection juridictionnelle effective est assurée, à un niveau équivalent à celui applicable sur le territoire national.
La présidente du Conseil Giorgia Meloni a salué le nouveau règlement européen sur le retour comme une réalisation historique, affirmant que l'Europe suit désormais le modèle italien.
L'arrêt final de la CJUE est attendu dans les mois à venir ; l'avis de l'avocat général n'est pas contraignant mais influence généralement la décision de la Cour.
L'avis de l'avocat général
Le 11 juin, l'avocate générale Laila Medina de la Cour de justice de l'Union européenne a rendu ses conclusions sur le protocole Italie-Albanie, qui permet à l'Italie de traiter les demandes d'asile dans des centres situés sur le sol albanais. L'avis précise que les États membres de l'UE peuvent établir de telles installations offshore, à condition de respecter pleinement les garanties du droit d'asile européen. Le protocole et la législation nationale de mise en œuvre, écrit Medina, « ne semblent pas contenir de règles claires et précises capables de garantir l'ensemble des droits », notamment le droit à la défense, le respect de la vie privée et familiale, et la libération immédiate dès l'expiration du délai de validation de la détention. Elle prévient que les dispositions actuelles « peuvent affecter ou modifier les garanties procédurales minimales prévues par le droit de l'UE ». L'avis de l'avocat général n'a pas de force contraignante, mais la Cour suit généralement son raisonnement.
Contexte juridique et protocole contesté
Les conclusions répondent à des questions préjudicielles d'un tribunal italien saisi des recours de deux migrants. Tous deux avaient été placés en rétention en Italie en vertu d'ordonnances d'expulsion, puis transférés en Albanie. L'Italie a ouvert deux centres en Albanie dans le cadre du protocole, mais une série de décisions judiciaires ont bloqué les opérations. L'année dernière, les États membres de l'UE ont révisé le système migratoire de l'Union, introduisant des dispositions pour des « centres de retour » à l'étranger pour les demandeurs d'asile déboutés, sous réserve de certaines conditions de sécurité. Un règlement distinct sur le retour, approuvé la semaine précédente, a élargi les mesures d'expulsion. L'avis de Medina précise que si les gouvernements peuvent choisir la localisation géographique des centres de rétention, les normes sous-jacentes en matière de rétention sont entièrement harmonisées au niveau de l'UE, ne laissant aucune marge d'appréciation nationale. Les juridictions nationales doivent vérifier que les règles de l'UE en matière de rétention sont respectées et qu'une protection juridictionnelle effective est assurée « à un niveau équivalent à celui applicable sur le territoire national ».
Réaction politique à Rome
La présidente du Conseil, Giorgia Meloni, s'exprimant devant la Chambre des députés le même matin, a présenté le nouveau règlement sur le retour comme une validation de l'approche italienne.
« Un accord historique, fruit avant tout de notre travail, grâce auquel ceux qui n'ont pas le droit de rester dans l'Union européenne pourront être rapatriés plus rapidement et plus efficacement. Et grâce auquel il sera possible d'ouvrir des centres de retour dans des pays tiers, en suivant la voie ouverte avec le protocole Italie-Albanie, si contesté. Une solution innovante que beaucoup ont combattue, mais qui, grâce à ce gouvernement, est aujourd'hui devenue un outil à la disposition de toute l'Europe. »
Prochaines étapes et implications
La Cour de justice devrait rendre son arrêt final dans les mois à venir. Si la Cour suit le raisonnement de l'avocat général, l'Italie devra modifier le protocole ou ses règlements d'application pour y intégrer des garanties explicites des droits. En attendant, les juges nationaux conservent le devoir d'examiner les conditions de rétention et de protéger les droits procéduraux des personnes détenues dans les centres albanais.
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Sources et contexte
- Rai newsAvvocata generale Corte Giustizia Ue: "Cpr in Albania legittimi ma Italia garantisca tutele asilo"
- ANSA.itCPRs in Albania are legitimate, but Italy must ensure asylum protections - Albania
- europa pressLa abogada del TJUE avala centros de deportación pero deben...
- Open"Cpr in Albania? Legittimi, ma l'Italia tuteli i migranti". Il segnale Ue e la soddisfazione di Meloni: "L'Europa segue la nostra strada"
- Laila Medina
- Avocate générale de la Cour de justice de l'Union européenne, auteure de l'avis sur le protocole Italie-Albanie.
- Giorgia Meloni
- Présidente du Conseil italien, qui a défendu le protocole au parlement et s'est félicitée du nouveau règlement européen sur le retour.
- Lieux
- Bruxelles
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