
Juan Orlando Hernández retourne au Honduras après la grâce de Trump annulant une peine de 45 ans pour trafic de drogue, confronté à une audience pour fraude le 3 août
Juan Orlando Hernández a atterri à l'aéroport de Palmerola dimanche matin, huit mois après que Donald Trump a annulé sa peine de 45 ans pour trafic de stupéfiants. Il fait maintenant face à une audience le 3 août pour des accusations de fraude et de blanchiment d'argent à Tegucigalpa.
Retour après quatre ans
Juan Orlando Hernández a atterri à l'aéroport international de Palmerola, à environ 75 kilomètres au nord de Tegucigalpa, vers 8 h 30 heure locale dimanche à bord d'un vol privé en provenance de Miami. Sur le tarmac l'attendaient sa femme, l'ancienne première dame Ana García, sa mère Elvira Alvarado, et trois de ses quatre enfants. Quelques instants après être descendu de l'avion, la famille s'est agenouillée sur le bitume pour prier, une scène capturée par les médias présents. Accompagnaient Hernández trois généraux à la retraite qui avaient témoigné en sa défense lors du procès à New York, Willy Oseguera, Tulio Romero et Javier Barrientos, ainsi que son avocat américain, Renato Stabile.
Je savais que je reviendrais, mais je ne savais pas que ce serait comme ça, je suis reconnaissant envers Dieu.
Des centaines de partisans portant des drapeaux du Parti national se sont rassemblés à l'extérieur du terminal, certains tenant des pancartes remerciant Donald Trump. Après avoir passé l'immigration, Hernández s'est rendu dans un domaine voisin pour assister à une cérémonie de bienvenue. Sa famille avait programmé un deuxième rassemblement à l'aéroport de Toncontín à Tegucigalpa à 14 h, où García prévoyait de lui rendre l'alliance qu'il lui avait offerte avant sa détention en 2022.
La condamnation américaine et la grâce de Trump
Un juge fédéral de New York a condamné Hernández à 45 ans de prison en juin 2024, deux ans après son extradition du Honduras. Les procureurs ont soutenu qu'il avait fait du pays ce qu'ils ont appelé un narco-État, facilitant le transit de jusqu'à 400 tonnes de cocaïne à travers le territoire hondurien vers les États-Unis en partenariat avec des trafiquants dont Joaquín « El Chapo » Guzmán. Le tribunal a constaté que la campagne présidentielle de Hernández en 2014 avait reçu des financements du trafiquant de drogue Geovanny Fuentes Ramírez en échange d'une protection contre l'extradition. Pendant le procès, un témoin collaborateur a cité Hernández disant à ses associés qu'ils contourneraient la détection américaine.
Nous allons fourrer la drogue dans le nez des gringos et ils ne s'en rendront même pas compte.
Trump a annoncé la grâce quelques jours avant l'élection présidentielle hondurienne de novembre 2025 et l'a formellement accordée en décembre, qualifiant le traitement de Hernández d'injuste. En avril 2026, une cour d'appel a formellement annulé la peine de 45 ans. La grâce a coïncidé avec le soutien de Trump à Nasry Asfura, le candidat du Parti national, qui a remporté la présidence d'une courte tête après que Trump a menacé de réduire l'aide si le vote allait à l'encontre de son résultat préféré.
Pour la famille, la grâce laisse derrière elle leurs chagrins et leur permet de retrouver la paix et le bonheur qu'ils méritent.
Les affaires honduriennes qui l'attendent
La liberté de Hernández aux États-Unis ne met pas fin à son exposition juridique. Les procureurs honduriens l'accusent d'avoir détourné 2 millions de dollars de fonds publics pour financer sa première campagne présidentielle, ainsi que de blanchiment d'argent et de fraude. Une audience préliminaire est fixée au 3 août. Sous un engagement de comparution volontaire, un juge a suspendu un mandat d'arrêt. Hernández maintient son innocence et se décrit comme une victime de persécution.
Ana María Méndez, directrice pour l'Amérique centrale au Bureau de Washington pour l'Amérique latine (WOLA), a déclaré à l'AFP que son retour est « un test pour l'indépendance judiciaire » qui « rouvre le débat sur l'impunité » après la grâce de Trump. Les autorités honduriennes ont déployé un important dispositif de sécurité autour de l'aéroport et sur les principales voies d'accès avant son arrivée, tandis que des dizaines de journalistes nationaux et internationaux se sont rassemblés au terminal.
Un pays polarisé
Hernández a gouverné de 2014 à 2022, une période marquée par des scandales de corruption qui ont suscité une large colère publique. L'un des cas les plus notoires a été le détournement de plus de 200 millions de dollars de l'institut de sécurité sociale. Des enquêtes journalistiques ont ensuite révélé qu'une partie de ces fonds avait servi à financer les campagnes électorales du Parti national. Malgré ces scandales, le parti reste au pouvoir sous Asfura, et la base s'est mobilisée en force pour accueillir Hernández chez lui dimanche, scandant des slogans et agitant des drapeaux.
Le retour de l'ancien président divise nettement l'opinion. Ses partisans considèrent sa comparution devant le tribunal comme une occasion de prouver son innocence. Ses opposants voient la grâce de Trump comme un marché politique et exigent que les tribunaux honduriens rendent des comptes. L'audience du 3 août sera la première mesure de la capacité du système judiciaire national à peser ces pressions concurrentes de manière indépendante.
- Extradité vers les États-Unis par le gouvernement de Xiomara Castro
- Condamné à 45 ans de prison par un tribunal fédéral de New York pour trafic de drogue
- Trump accorde une grâce complète peu avant l'élection présidentielle hondurienne
- Une cour d'appel américaine annule formellement la peine de 45 ans
- Retour au Honduras, atterrissage à l'aéroport international de Palmerola
- Audience préliminaire sur les accusations de fraude et blanchiment d'argent à Tegucigalpa

