
L'UE et le Canada préparent des pactes bilatéraux sur les minéraux critiques, l'énergie et 50 avions de lutte contre les incendies
Un projet de déclaration commune en vue du sommet du 29 octobre à Montréal expose une coopération sur les matières premières critiques, le commerce numérique, la faisabilité du GNL et l'achat conjoint de 50 appareils De Havilland.
Préparatifs du sommet à Montréal
L'Union européenne et le Canada finalisent une série d'accords bilatéraux avant un sommet de dirigeants qui doit s'ouvrir le 29 octobre 2026 à Montréal. Un projet de déclaration commune distribué aux ambassadeurs des 27 États membres de l'UE expose des plans visant à renforcer les liens stratégiques et économiques face aux frictions commerciales et à l'évolution des alliances géopolitiques. Cette dynamique bilatérale fait suite à une proposition formulée plus tôt en septembre par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, d'inviter le Canada comme premier membre associé de l'UE. Cette suggestion a conduit le président américain Donald Trump à menacer de droits de douane les partenaires participants.
Le Canada et l'UE, forts de notre accès commercial sans équivalent, de nos valeurs partagées et de nos avantages économiques complémentaires, peuvent bâtir une relation plus profonde et plus intégrée.
Minéraux stratégiques et commerce numérique
Selon le texte négocié, les deux partenaires prévoient d'accélérer les investissements en capital dans les matières premières critiques et de sécuriser les chaînes d'approvisionnement industrielles. La Banque européenne d'investissement se prépare à participer à des projets canadiens d'exploitation de minéraux stratégiques, afin de réduire la dépendance à l'égard de fournisseurs extérieurs. Les négociateurs européens et canadiens examinent également la création de stocks conjoints de ressources critiques pour protéger les industries nationales de la volatilité des marchés et des perturbations géopolitiques. Dans le secteur technologique, le projet établit un accord de commerce numérique destiné à rendre les transactions transfrontalières plus rapides, moins coûteuses et plus sûres, soutenu par une coopération opérationnelle formelle entre les autorités de la concurrence européennes et canadiennes. Le pacte vise à supprimer les barrières existantes dans le commerce numérique, en établissant des protocoles standard pour le transfert électronique de données tout en maintenant une surveillance réglementaire sur les transactions internationales.
- La Commission européenne propose un statut de membre associé de l'UE pour le Canada
- Ouverture du sommet des dirigeants UE-Canada à Montréal pour présenter les pactes bilatéraux
- Échéance de déploiement visée pour les 50 avions de lutte contre les incendies De Havilland acquis conjointement
Partenariats énergétiques et acquisition d'aéronefs
La diversification énergétique est un autre pilier de l'agenda du sommet. Le texte prévoit une étude de faisabilité formelle sur l'exportation de gaz naturel liquéfié canadien vers des acheteurs européens. Parallèlement aux ajustements liés aux énergies fossiles, les deux parties entendent harmoniser les normes industrielles pour les systèmes énergétiques à faible émission de carbone. La coopération couvre plusieurs catégories d'énergie, notamment l'hydroélectricité, le solaire, l'éolien et la production d'électricité nucléaire.
Le projet de texte détaille aussi un accord pour l'achat conjoint de 50 avions de lutte contre les incendies fabriqués par le constructeur aéronautique canadien De Havilland. Ces appareils amphibies doivent être déployés d'ici 2030 pour renforcer les capacités de réponse aux feux de forêt en Europe et au Canada, après plusieurs saisons d'incendies graves successives.
Mobilité éducative et coopération de défense
Au-delà du commerce et de l'industrie, le projet de déclaration introduit des mesures visant à accroître la mobilité des citoyens entre le Canada et l'Union européenne. Les responsables canadiens entameront des discussions formelles d'adhésion au programme européen d'échange éducatif Erasmus, établissant des parcours structurés permettant aux étudiants, chercheurs et professionnels de travailler et d'étudier à l'étranger. L'accord fixe également des cadres permettant aux citoyens européens et canadiens de saisir des opportunités plus larges d'emploi et de recherche dans les deux juridictions.
La déclaration réaffirme par ailleurs le soutien diplomatique et logistique conjoint à l'Ukraine, tout en cherchant à coordonner les réponses aux mesures commerciales des États-Unis et de la Chine. Les négociateurs européens et canadiens comptent finaliser les textes en vue d'une signature officielle avant la clôture des réunions de Montréal à la fin du mois d'octobre.

