
Le Parlement européen ratifie l'accord commercial avec Trump, supprimant les droits de douane sur les produits industriels américains tout en fixant des tarifs à 15% sur les exportations européennes
Le Parlement européen a voté par 440 voix contre 151 en faveur de la mise en œuvre d'un accord commercial conclu en juillet dernier dans le complexe de golf écossais de Donald Trump, réduisant à zéro les droits de douane européens sur les biens industriels américains en échange d'un plafond de 15 % sur la plupart des exportations européennes vers les États-Unis.
Le Parlement européen a donné son approbation finale mardi à l'accord tarifaire avec les États-Unis, clôturant un chapitre prolongé de tensions commerciales transatlantiques qui avaient débuté avec l'accord conclu sur le parcours de golf Turnberry de Donald Trump en Écosse en juillet 2025. Le vote, avec 440 voix pour, 151 contre et 50 abstentions, était le dernier obstacle politique majeur avant l'entrée en vigueur du pacte.
Le vote
Aux termes de l'accord, l'UE éliminera la plupart des droits de douane sur les biens industriels américains, notamment les machines, les pièces automobiles, les équipements pour semi-conducteurs et certains produits chimiques, tout en offrant un accès préférentiel aux produits agricoles et aux fruits de mer américains. En contrepartie, les États-Unis plafonnent les tarifs sur la majeure partie des exportations européennes à 15 %. Les échanges commerciaux sont estimés à environ 2 000 milliards de dollars par an.
Avec cette étape, nous sommes à quelques jours de tenir notre engagement de supprimer les droits de douane sur les importations de biens industriels américains.
Une année de retards
Le cadre a été convenu en juillet 2025, mais l'UE n'a pas immédiatement adopté la législation d'application. Le processus de ratification a été suspendu à deux reprises : d'abord en janvier 2026 après que Trump a renouvelé ses menaces concernant le Groenland, puis lorsque la Cour suprême des États-Unis a déclaré nombre de ses droits de douane illégaux. Trump, frustré par le retard, a menacé de droits "beaucoup plus élevés" à moins que le bloc n'agisse avant le 4 juillet, jour de l'Indépendance américaine, faisant planer le spectre de tarifs punitifs sur les véhicules européens.
- Trump et l'UE conviennent d'un cadre au parcours de golf Turnberry, en Écosse
- Le Parlement suspend la ratification après les nouvelles menaces de Trump sur le Groenland
- Les travaux reprennent ; la Cour suprême américaine annule nombre de droits de douane de Trump
- Le Conseil et le Parlement conviennent d'un texte de compromis final avec des garde-fous supplémentaires
- Le Parlement vote l'approbation de l'accord par 440 voix contre 151
- Date butoir de Trump pour la ratification par l'UE, sous peine de droits de douane plus élevés sur les véhicules européens
Même après la reprise des négociations, les tensions ont persisté. En février, Trump a porté à 25 % les droits de douane sur les automobiles, une mesure que les critiques ont qualifiée de violation du plafond de Turnberry. Lundi, il a menacé de droits de douane de 100 % sur le vin et le champagne français en raison des taxes numériques. Le texte de compromis final a été convenu entre le Parlement et les États membres de l'UE le 20 mai.
Cet accord est encore loin d'être parfait, mais il est considérablement renforcé.
Des garde-fous intégrés
Les eurodéputés ont inséré plusieurs mesures de protection. Une clause de caducité met fin à l'accord le 31 décembre 2029 à moins qu'il ne soit renouvelé. La Commission européenne obtient le pouvoir de suspendre les préférences tarifaires sur les dérivés de l'acier et de l'aluminium si les États-Unis ne réduisent pas ces droits en dessous de 15 % d'ici la fin 2026. La Commission doit faire rapport au Parlement d'ici le 1er décembre 2026, et une évaluation plus large de l'impact sur l'industrie européenne et les petites entreprises est due d'ici le 30 juin 2029.
Les tensions technologiques persistent
L'accord couvre les semi-conducteurs, mais le différend non résolu concernant les grandes plateformes numériques se situe en dehors du texte législatif. Le secrétaire au Commerce américain Howard Lutnick a explicitement lié tout nouvel allègement tarifaire à l'affaiblissement par l'UE de sa législation sur les marchés numériques (DMA) et sur les services numériques (DSA), des lois qui peuvent infliger aux entreprises technologiques des amendes allant jusqu'à 10 % de leur chiffre d'affaires mondial. Le décret de février 2025 de Trump qualifiait les taxes européennes sur les services numériques d'"extorsion à l'étranger", et ses dernières menaces contre le vin français reflètent le combat permanent sur les prélèvements numériques.
Prochaines étapes
Les États membres doivent encore donner un dernier feu vert, attendu dans les prochains jours, et le texte sera publié au Journal officiel de l'UE avant son entrée en vigueur. Les dirigeants de l'UE doivent adopter formellement l'accord lors de leur réunion à Bruxelles jeudi. Cette nouvelle est tombée alors que les dirigeants européens et nationaux se réunissaient aux côtés de Trump à Évian-les-Bains, en France, pour une réunion du Groupe des Sept.

