Les dirigeants tchèque, autrichien et danois attaquent la régularisation des migrants en Espagne au sommet de l'UE
Des Premiers ministres et chanceliers de plusieurs États de l'UE ont critiqué la régularisation massive de migrants menée par l'Espagne lors d'un sommet à Bruxelles le 16 octobre 2026, tandis que l'Italie et l'Espagne se sont entendues pour lever les contrôles frontaliers liés à Ceuta.
Les dirigeants ciblent la régularisation espagnole
Plusieurs dirigeants de l'UE ont profité d'une réunion de coordination avant le deuxième jour du Conseil européen à Bruxelles, le 16 octobre 2026, pour critiquer la politique migratoire de l'Espagne, selon des sources diplomatiques qui ont décrit un ton dur. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez n'a pas participé à cette réunion. Les critiques se sont ensuite exprimées publiquement à l'arrivée des dirigeants au sommet, portant sur la régularisation massive de migrants menée par le gouvernement de Sánchez. El Confidencial a rapporté que le groupe comprend les Premiers ministres italien et danois, ainsi que des dirigeants d'Autriche et de Suède. Sánchez et la Première ministre danoise Mette Frederiksen appartiennent tous deux au Parti socialiste européen, un détail qu'El Mundo a mis en avant alors que les deux responsables ont eu un entretien privé avant le sommet, décrit comme sérieux.
Les propos de Babis sur l'Espagne
Le Premier ministre tchèque Andrej Babis a été le critique le plus virulent. Il a accusé certains dirigeants d'être prêts à remplacer la population pour rester au pouvoir, et a lié cette remarque à ce qu'il a décrit comme se produisant en Espagne. Il a aussi critiqué les Pays-Bas, où selon lui les migrants sont prioritaires sur les citoyens néerlandais pour le logement, et la Suède, où il a mis en cause la présence de parlementaires d'origine somalienne. Il a accusé le maire de Berlin d'entretenir des contacts avec le Hamas. Babis a averti que la République tchèque pourrait devoir défendre ses frontières contre des migrants arrivant d'États d'Europe occidentale, et a déclaré que son gouvernement prépare de nouvelles mesures pour décider qui peut vivre et travailler dans le pays. Interrogé sur l'éventuelle participation de son gouvernement aux centres de retour hors UE promus par plusieurs États membres, il a évité une réponse claire, tout en soutenant une action plus ferme contre les réseaux de trafic, notamment la saisie de leurs biens et la destruction des bateaux vides. El Confidencial a noté que sa remarque reprenait une théorie du complot selon laquelle la régularisation de Sánchez viserait à obtenir les voix des migrants régularisés, alors que le droit de vote aux élections générales dépend de la nationalité et non de la résidence légale.
Frederiksen et Stocker accentuent la pression
Frederiksen a demandé à la Commission européenne d'examiner les cas où un pays fait pratiquement l'inverse des autres et laisse rester des personnes entrées illégalement. Elle a soutenu que cela va à l'encontre d'une politique migratoire soutenue par une large majorité en Europe. Le chancelier autrichien Christian Stocker a déclaré que l'Espagne avait envoyé un mauvais signal avec la légalisation de nombreux migrants, ajoutant que l'Europe œuvre à combattre l'immigration illégale. L'Italienne Giorgia Meloni a évité un affrontement public direct avec Sánchez. Leur rencontre en marge du sommet, le 15 octobre 2026, a débouché sur un accord visant à prolonger de sept jours les contrôles temporaires italiens sur les liaisons avec l'Espagne, afin qu'ils puissent être levés en coordination avec Madrid. El País a rapporté que les deux pays se sont entendus pour mettre fin aux contrôles dans les ports et aéroports que Rome avait imposés et que Madrid avait reproduits après la crise de Ceuta, et que les ministres de l'Intérieur travailleront tout au long de la semaine du 16 octobre 2026 pour les supprimer. L'Italie avait instauré ses restrictions début août, après plus de deux mois de tensions entre les deux gouvernements.
- Arrivée massive et soudaine de migrants à Ceuta
- L'Italie instaure des contrôles frontaliers temporaires sur les liaisons avec l'Espagne
- Meloni et Sánchez s'entendent pour prolonger de sept jours les contrôles italiens
- Des dirigeants critiquent la régularisation espagnole avant le débat du Conseil européen
Ceuta et l'agenda du sommet
Le débat s'inscrit dans le cadre d'une arrivée massive et soudaine de migrants à Ceuta fin juillet 2026. Les dirigeants ne devaient pas approuver de nouvelles mesures spécifiques. Ils prévoyaient plutôt une discussion stratégique sur la manière dont l'Europe devrait faire face à la migration à l'avenir. Cinq pays, l'Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark, l'Autriche et la Grèce, construisent de nouveaux centres d'expulsion inspirés du dispositif de Meloni en Albanie. Le gouvernement espagnol a salué les conclusions préliminaires du sommet qui mentionnent la situation particulière de Ceuta et Melilla et expriment la solidarité avec l'Espagne face à l'afflux soudain de migrants. El Mundo a rapporté que l'Italie veut exprimer son opposition à certaines décisions susceptibles d'avoir des conséquences indésirables, plutôt que d'attaquer un pays, et que Sánchez devait recevoir la solidarité de ses homologues pendant le débat.

