
L'UE coupe 2 millions d'euros de subventions à la Biennale de Venise en raison du différend sur le pavillon russe
La Commission européenne a officiellement recommandé de suspendre une subvention de 2 millions d'euros après que la Biennale a autorisé l'ouverture du pavillon russe, suscitant de vives réactions de la part des responsables régionaux et politiques italiens.
La coupe budgétaire
La Commission européenne a recommandé à l'Agence exécutive européenne pour l'éducation et la culture (EACEA) de stopper une subvention de 2 millions d'euros à la Biennale de Venise, répartie sur trois ans. L'annonce a été faite le 11 juillet 2026 via un message sur X par la vice-présidente exécutive Henna Virkkunen.
La Commission recommande officiellement à l'agence EACEA d'interrompre la contribution de 2 millions d'euros à la Biennale de Venise. Cette décision fait suite à une évaluation approfondie des réponses de la Biennale justifiant la réouverture du pavillon russe.
Virkkunen a ajouté que la culture financée par l'argent des contribuables devrait promouvoir les valeurs démocratiques, qui, selon elle, ne sont pas respectées dans la Russie d'aujourd'hui.
Comment le différend s'est déroulé
La controverse a commencé au printemps 2026 lorsque la Biennale, dirigée par le président Pietrangelo Buttafuoco, a décidé d'accueillir le pavillon russe malgré l'opposition du ministre italien de la Culture Alessandro Giuli. Le pavillon était fermé depuis 2022 après l'invasion de l'Ukraine par la Russie. La Biennale a maintenu que sa présence ne violait pas les sanctions de l'UE et que la structure n'a jamais été ouverte au grand public, n'apparaissant que lors des jours de pré-ouverture pour la presse avant d'être fermée.
La Commission européenne et l'EACEA ont envoyé plusieurs lettres demandant des éclaircissements avant et après l'ouverture de l'événement. Bruxelles avait averti la Biennale que la poursuite risquait la perte des fonds de l'UE. Le 9 mai 2026, la Biennale a ouvert avec le pavillon russe présent, une date coïncidant avec la Journée de l'Europe, ce qui a renforcé la position de la Commission.
Réactions politiques en Italie
La suspension du financement a immédiatement suscité des réactions de la part des hommes politiques italiens. Le président de la région Vénétie, Alberto Stefani, a qualifié cette décision de censure inacceptable imposée par l'UE. Il a exprimé sa solidarité avec Buttafuoco et a exhorté l'Europe à revenir à l'esprit de ses pères fondateurs.
La culture a toujours représenté un espace de dialogue, même dans les moments les plus difficiles de l'histoire, et ne devrait pas être soumise au chantage ou à la censure.
Le parti de la Ligue de Matteo Salvini a également condamné la décision, déclarant que la Biennale représente l'histoire, la culture, l'art, l'innovation et la liberté. Le parti a annoncé qu'il demanderait au gouvernement italien de compenser les fonds européens retirés, déclarant que la culture ne se plie pas aux diktats de Bruxelles. Le vice-Premier ministre Salvini était présent à la Biennale le 9 mai, ce qui aurait accru l'irritation parmi les responsables de l'UE.
La réponse de la Biennale
La Biennale a déclaré avoir appris la décision par les autorités politiques sur X plutôt que par les instances techniques compétentes. Elle a confirmé avoir répondu dans les délais impartis à tous les points soulevés dans la troisième lettre reçue de l'EACEA à ce sujet.
Nous attendons une note technique formelle de l'EACEA pour évaluer les prochaines étapes et faire valoir nos raisons devant toutes les instances appropriées.
L'institution a ajouté que les programmes concernés se poursuivent, car ils ne sont que marginalement cofinancés par la contribution de l'UE.
La suite
La recommandation de la Commission à l'EACEA n'est pas encore une décision formalisée, mais elle devrait être largement mise en œuvre. La Biennale a indiqué qu'elle était prête à contester cette décision par toutes les voies compétentes dès qu'elle recevra la notification technique formelle.
- Le pavillon russe de la Biennale de Venise est fermé après l'invasion de l'Ukraine.
- La controverse sur la réouverture prévue du pavillon atteint Bruxelles. La Commission européenne et l'EACEA envoient des lettres initiales demandant des éclaircissements.
- La Biennale ouvre avec le pavillon russe présent lors des jours de pré-ouverture pour la presse. Le pavillon est ensuite fermé au public.
- Henna Virkkunen annonce sur X la recommandation officielle de stopper la subvention européenne de 2 millions d'euros.
- La Biennale déclare qu'elle attend une notification technique formelle de l'EACEA et prévoit de faire valoir ses raisons.

