
L'UE ne trouve aucune preuve que des acteurs étrangers aient déclenché la crise de Ceuta après que l'Espagne a accusé la Russie et Israël
Le Service européen pour l'action extérieure n'a trouvé aucune preuve concluante que des acteurs étatiques étrangers aient provoqué l'entrée de 80 000 migrants à Ceuta en juillet, malgré les accusations du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez pointant du doigt l'ingérence russe et israélienne.
Accusations de déstabilisation étrangère
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a attribué l'arrivée massive de 80 000 migrants à Ceuta les 30 et 31 juillet à des efforts de déstabilisation étrangers. Lors d'un entretien radiophonique sur Cadena SER le 31 août, Sánchez a suggéré que la Russie, Israël et un réseau réactionnaire international cherchaient à saper l'Espagne en raison de ses positions en politique étrangère. Il a soutenu que les positions de Madrid sur le conflit à Gaza et l'invasion russe de l'Ukraine faisaient du pays une cible pour des campagnes de désinformation coordonnées. Les deux gouvernements étrangers ont rapidement rejeté les accusations. Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Sa'ar a qualifié les affirmations de mensonges flagrants, tandis que les autorités russes ont également démenti toute implication dans l'afflux à la frontière. Ces déclarations ont suivi des semaines d'examen domestique accru concernant la gestion de la frontière de l'enclave.
Il est évident que si la Russie s'implique dans la désinformation sur cette question ou si Israël désinforme également en critiquant le gouvernement espagnol, ce ne sera pas parce qu'ils se soucient des migrations en Espagne ou en Europe, mais à cause des positions politiques que nous maintenons, que je crois courageuses, concernant le génocide à Gaza ou concernant l'invasion de l'Ukraine par Poutine.
Réponse de l'Union européenne aux affirmations
Le corps diplomatique de l'Union européenne a répondu aux affirmations en établissant une distinction entre la cause de l'événement migratoire et son exploitation ultérieure. Le 1er septembre, des porte-parole du Service européen pour l'action extérieure ont déclaré qu'aucune preuve n'indique que des acteurs étatiques étrangers aient provoqué l'afflux à Ceuta. Bien que le service diplomatique ait reconnu une activité en ligne en cours liée à Moscou, il a souligné que la pression initiale à la frontière n'a pas été déclenchée par une désinformation extérieure. Le Service européen pour l'action extérieure a souligné que les migrations restent un sujet sensible sur l'ensemble du continent, ce qui en fait une cible fréquente pour les campagnes visant à attiser les divisions et à accroître la polarisation. Le service diplomatique mène régulièrement des évaluations de l'environnement informationnel lors des crises affectant les États membres et partage les résultats avec les capitales nationales lorsque leurs intérêts de sécurité sont en jeu.
Dans le cas de Ceuta, nous avons vu des tentatives de la Russie pour profiter de la crise sur Internet. Cependant, nous n'avons pas de preuves concluantes suggérant que la crise elle-même a été causée par la désinformation d'acteurs étatiques étrangers.
Conclusions du renseignement sur l'activité numérique russe
Un rapport de renseignement interne du Service européen pour l'action extérieure remis au gouvernement espagnol en août détaillait les mécanismes de la campagne numérique de Moscou. Selon des sources de la sécurité de l'État espagnol, la manipulation et l'ingérence de l'information étrangère russe ont commencé le 31 juillet, après que l'afflux humain avait déjà eu lieu. L'opération a généré environ 2 000 messages sur plusieurs réseaux numériques, représentant un volume et une durée inférieurs à ceux des campagnes russes observées lors d'autres crises européennes. Plutôt que de cibler les publics nord-africains pour encourager la migration, les messages se concentraient sur les citoyens européens pour promouvoir des récits selon lesquels les politiques frontalières de l'Union européenne échouent. L'analyse a confirmé que les messages visaient à amplifier l'alarme sociale existante plutôt qu'à coordonner les passages frontaliers.
- Début de l'arrivée massive de 80 000 migrants à la frontière de Ceuta
- Les réseaux russes commencent à publier des messages en ligne ciblant la politique migratoire de l'UE
- Le SEAE remet un rapport de renseignement détaillant l'ingérence russe à Madrid
- Pedro Sánchez accuse la Russie et Israël lors d'un entretien sur Cadena SER
- Le SEAE déclare qu'aucune preuve concluante ne montre que des acteurs étatiques étrangers ont déclenché la crise
Acteurs diplomatiques et canaux de communication
Le dossier de l'Union européenne a identifié l'activité russe opérant à travers trois niveaux distincts, comprenant les canaux diplomatiques officiels, les médias d'État contrôlés par le Kremlin et les comptes en ligne mandataires. Parmi les figures diplomatiques nommées dans le rapport figuraient la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova et le vice-ministre des Affaires étrangères Alexander Grushko. Les analystes de sécurité européens ont suivi ces déclarations parallèlement à une activité coordonnée sur les plateformes numériques alors que les tensions montaient à Ceuta autour de la présence de migrants dans les espaces publics. Les autorités espagnoles se sont appuyées sur ce dossier lors de la formulation de leurs déclarations publiques, tout en omettant les références directes au rôle du Maroc dans les événements frontaliers. Les conclusions reflétaient les efforts de la Commission européenne pour surveiller les mécanismes d'ingérence étrangère établis après des crises géopolitiques antérieures en Europe de l'Est.

