
L'Italie insiste sur la solidité de l'alliance avec les États-Unis lors du gala de la fête de l'Indépendance à Rome malgré les récentes frictions Meloni-Trump
La classe politique romaine, moins la Première ministre Meloni mais avec sa sœur présente, s'est rassemblée à la résidence de l'ambassadeur des États-Unis pour souligner des liens transatlantiques intacts après une rupture publique avec Donald Trump.
Une fête au poids politique
La Villa Taverna, résidence de l'ambassadeur américain dans le quartier romain de Parioli, a accueilli sa traditionnelle réception de la fête de l'Indépendance le 2 juillet sous un projecteur inhabituellement intense. L'événement intervenait quelques semaines seulement après que le gouvernement de centre droit avait ordonné à ses membres de boycotter les célébrations, en réaction à ce qu'un article a appelé la "gifle" infligée par le président Trump lors du G7 et ses attaques personnelles ultérieures contre la Première ministre Giorgia Meloni. Meloni a ensuite fait marche arrière, ordonnant à ses ministres d'y assister, et elle-même ne s'est absentée qu'en raison d'un engagement antérieur à Padoue. Sa sœur Arianna Meloni était présente "en représentation", comme l'a souligné l'ambassadeur Tilman Fertitta.
Qui est venu et qui est resté à l'écart
La moitié du gouvernement s'est présentée : les vice-premiers ministres Antonio Tajani et Matteo Salvini, le ministre de la Défense Guido Crosetto, le ministre de l'Économie Giancarlo Giorgetti, et plusieurs autres. Le président du Sénat, Ignazio La Russa, a fait office de maître de cérémonie officieux. Les chefs de l'opposition étaient absents : Elly Schlein (PD), Giuseppe Conte (M5S) et les dirigeants de la gauche AvS ont tous envoyé des délégations. Francesco Boccia, président du groupe PD au Sénat, a conduit le contingent démocrate, des collaborateurs expliquant qu'ils ne confondraient pas la critique de Trump avec l'hostilité envers les États-Unis.
Réassurances et construction de ponts
Le ministre des Affaires étrangères Tajani a qualifié l'amitié de "plus forte que toute controverse, au-delà des relations personnelles et des phrases plus ou moins dialectiques". Salvini, un admirateur de longue date de Trump, a présenté sa présence comme "un choix de camp" et a plaisanté en disant qu'il soutiendrait Washington lors d'un match de football hypothétique. L'ambassadeur Fertitta a déclaré aux journalistes : "Les relations sont parmi les meilleures que j'aie jamais vues depuis que je suis ici. Les désaccords entre dirigeants arrivent de temps en temps."Aucun pont n'a jamais été démoli. Nous devons encore construire celui de la Sicile, mais le pont politique avec les États-Unis, l'Italie le maintiendra vivant pour toujours.
Les dépenses de défense entrent dans la conversation
Sous la bonhomie des hamburgers, des hot-dogs et des verres debout, la question la plus concrète discutée était les dépenses de défense de l'Italie avant le sommet de l'OTAN en Turquie. Des sources gouvernementales ont révélé que Rome présentera un engagement de 2,8 % du PIB pour la défense, soit une hausse de 0,7 point de pourcentage par rapport à l'année dernière. Les collaborateurs de Meloni ont souligné qu'une grande partie serait réservée à la sécurité intérieure, un message destiné autant aux franges antimilitaristes de la majorité gouvernante qu'à Washington.
- 2025
- 2.1 %
- 2026
- 2.8 %
L'équilibriste de l'opposition
La coalition de centre gauche a essayé d'avoir le beurre et l'argent du beurre : ses dirigeants ont gardé leurs distances pour signaler leur malaise avec l'administration Trump, mais ont envoyé des poids lourds du parti pour éviter l'impression d'une rupture avec l'Amérique. "On ne peut pas rompre les liens avec les États-Unis si l'on se présente au gouvernement", a expliqué un porte-parole du Parti démocrate. Cette approche calibrée reflétait le calcul électoral en vue des élections générales italiennes de 2027, où la crédibilité internationale comptera.

