
L'Italie maintient la suspension de Schengen avec l'Espagne, invoquant des risques sécuritaires persistants liés à la crise de Ceuta
Le ministre de l'Intérieur Matteo Piantedosi a déclaré le 13 août devant la commission parlementaire Schengen que l'Italie ne lèvera pas sa suspension de la libre circulation avec l'Espagne avant le 15 août, invoquant des risques sécuritaires non résolus liés à la crise migratoire de Ceuta.
L'Italie maintient la suspension de Schengen
Le ministre de l'Intérieur Matteo Piantedosi a déclaré le 13 août devant la commission parlementaire Schengen que l'Italie ne lèvera pas sa suspension de l'accord de Schengen avec l'Espagne avant le 15 août, et seulement après l'élimination complète de tous les risques sécuritaires. La suspension, activée près de deux semaines plus tôt après la crise migratoire dans l'enclave espagnole de Ceuta, est prévue pour tout le mois à moins d'une levée anticipée. Piantedosi a défendu cette décision comme fondée sur la sécurité nationale, et non sur une provocation politique.
Le cas de Ceuta n'est pas une spéculation politique contre l'Espagne. Ce n'est pas la logique qui anime ce gouvernement, dont l'unique objectif est la protection de la sécurité nationale.
Piantedosi a précisé que la décision s'inscrit pleinement dans le droit européen, soulignant que d'autres États de l'UE ont adopté et continuent d'adopter des mesures similaires, y compris contre l'Italie, sans susciter d'objections ni de demandes d'examen supplémentaire.
Représailles espagnoles et résultats aux frontières
L'Espagne a répondu à la suspension de Schengen par l'Italie en imposant des contrôles extraordinaires sur les passeports et les documents d'identité italiens. Piantedosi a qualifié la décision de Madrid de représailles, affirmant que, de l'aveu même de l'Espagne, elle suivait une "logique substantiellement vengeresse." Selon le décompte de Madrid, 3 115 Italiens ont été contrôlés dans les aéroports et à la frontière espagnols depuis l'imposition de la suspension.
- Arrestations (Italie)
- 3 personnes
- Ressortissants de pays tiers refoulés (Italie)
- 21 personnes
- Italiens contrôlés aux frontières espagnoles (Espagne)
- 3115 personnes
Piantedosi a fait état de résultats concrets des contrôles aux frontières italiens rétablis : trois arrestations et le refoulement de 21 ressortissants de pays tiers, dont six Marocains, trouvés en situation irrégulière en Italie. Lorsque la députée du PD Rachele Scarpa a demandé combien des six Marocains venaient de Ceuta, Piantedosi a répondu qu'il était "impossible de le dire." Le sénateur du Mouvement 5 étoiles Marco Croatti a interrogé sur la possibilité pour des migrants de nager 14 km de Ceuta jusqu'à la côte espagnole. Piantedosi a répondu que les flux migratoires internationaux, surtout lorsqu'ils sont gérés par des organisations criminelles, ne sont pas dissuadés par 14 milles marins parcourus "d'une manière ou d'une autre."
Tensions migratoires plus larges
Le différend frontalier coïncide avec d'autres points chauds migratoires. L'Italie a envoyé une lettre au gouvernement de Friedrich Merz en Allemagne indiquant qu'elle ne reprendrait aucun migrant en provenance d'Allemagne, car ils "ne pourraient pas être accueillis." Par ailleurs, le navire ONG allemand Humanity I, exploité par SOS Humanity, a secouru 73 migrants en Méditerranée entre Malte et Lampedusa et doit arriver à Ravenne le 18 août, désignée par le ministère de l'Intérieur comme port sûr.
- L'Italie suspend l'accord de Schengen avec l'Espagne après la crise migratoire à Ceuta
- Piantedosi audité par la commission parlementaire Schengen, défend la suspension
- Date la plus proche pour réexaminer la suspension (Ferragosto)
- Le navire Humanity I avec 73 migrants secourus arrive à Ravenne
Piantedosi a également averti d'un "risque concret" avant le 15 août : une nouvelle vague d'arrivées à Ceuta et l'exploitation potentielle des migrants à des fins de radicalisation ou de recrutement via des réseaux numériques. Le ministre marocain de la Justice, dans un développement séparé rapporté par l'ANSA, a menacé de suspendre l'accord d'extradition avec Madrid.
Réactions politiques
La Première ministre Giorgia Meloni a publié une vidéo sur les réseaux sociaux montrant des migrants expulsés d'un avion italien, avec une légende indiquant que les opérations d'expulsion des immigrés irréguliers se poursuivent et que le gouvernement continuera la défense des frontières, la sécurité et le respect des règles. La cheffe de l'opposition Elly Schlein a critiqué Meloni, déclarant que pendant que la Première ministre "joue à copier Trump et à courir après Vannacci", les Italiens font face à la hausse des prix du carburant.
Carlo Fidanza, chef de la délégation de Fratelli d'Italia au Parlement européen, a défendu le gouvernement, qualifiant les critiques de la gauche d'"instrumentales et infondées" et soulignant que cinq gouvernements européens accélèrent les plans d'ouverture d'un centre d'expulsion en Ouganda, ce qu'il a cité comme une validation du protocole Italie-Albanie. L'audition, présidée par l'ancien ministre Graziano Delrio, a duré près de deux heures et a brièvement rouvert le Parlement pendant la pause estivale.


