
L'ISW conteste les revendications territoriales de Poutine, les opérations de drones ciblant les positions russes
Lors du Forum de Valdaï, Vladimir Poutine a affirmé que les forces russes avaient conquis 1 301 kilomètres carrés en septembre 2026, mais les données de l'ISW font état d'une perte nette de 80,81 kilomètres carrés.
Des affirmations contestées au Forum de Valdaï
Lors du Forum de discussion de Valdaï à Moscou, le président russe Vladimir Poutine a affirmé que les forces russes avaient conquis 1 301 kilomètres carrés de territoire ukrainien en septembre 2026. Poutine a soutenu que ce total mensuel représentait deux fois et demie les gains territoriaux des mois précédents. Il a également prédit que les forces russes achèveraient la conquête du Donbass en moins d'un an et demi, précisant qu'environ 11 pour cent du territoire reste sous contrôle ukrainien. Il a mis en doute la logique de la défense ukrainienne, affirmant que tenir ces positions coûte inutilement des vies.
Si la perte de ces territoires est inévitable, est-il sensé de s'y accrocher et de sacrifier des personnes, leur sécurité et leur vie pour cela ?
Les évaluations de l'ISW et les pertes nettes
Les données de première ligne publiées par l'Institute for the Study of War (ISW) contredisent les affirmations territoriales du Kremlin. Le centre de réflexion basé à Washington a enregistré une perte nette de 80,81 kilomètres carrés pour les forces russes en septembre 2026. En excluant les infiltrations russes temporaires sans contrôle établi, la réduction territoriale nette s'élève à 175 kilomètres carrés. L'ISW a qualifié les déclarations de Poutine de guerre cognitive visant à créer une réalité fictive du champ de bataille et à épuiser le soutien occidental. L'institut a observé que les structures de renseignement russes pourraient transmettre des rapports non vérifiés à la direction, tandis que les forces ukrainiennes ont récemment repris des dizaines de kilomètres carrés près de Lyman et maintenu les forces russes à plus d'une douzaine de kilomètres de Sloviansk et Kramatorsk.
- Gain revendiqué par Poutine
- 1301 km²
- Variation nette mesurée par l'ISW
- -80.81 km²
- Variation nette de l'ISW hors infiltrations
- -175 km²
Guerre des drones sur la ligne de front et frappes en profondeur
Les systèmes sans pilote tactiques sont devenus centraux dans les opérations de combat quotidiennes sur les secteurs actifs du front. Robert Browdi, fondateur de l'unité de drones Magyar's Birds et chef de l'unité des systèmes sans pilote d'Ukraine, a déclaré que les drones touchent désormais plus de 85 pour cent des cibles ennemies. Browdi, ancien négociant en céréales entré dans les forces de défense territoriale en 2022, coordonne des opérations qui incluent des frappes en profondeur jusqu'à 3 000 kilomètres derrière la frontière. Son commandement affecte 95 pour cent des forces sans pilote au combat direct sur la ligne de front et cinq pour cent aux frappes à longue portée contre les infrastructures russes, dont une raffinerie de pétrole à Moscou. Il a expliqué que les frappes à longue portée visent à transférer directement le fardeau de la guerre sur le territoire russe.
Nos opérations à l'arrière ont détruit l'idée que la Russie dispose d'une zone arrière sûre sur l'ensemble de son territoire européen.
- Déploiement tactique sur la ligne de front
- 95 %
- Frappes stratégiques en profondeur
- 5 %
Rhétorique sur Kaliningrad et sécurité européenne
Outre les revendications territoriales, Poutine a profité du Forum de Valdaï pour adresser des avertissements concernant l'enclave baltique de Kaliningrad. Il a déclaré que toute attaque contre Kaliningrad mettrait à l'ordre du jour l'utilisation de tous les systèmes d'armes russes. Ces propos font suite à des avertissements antérieurs émis par les missions diplomatiques russes à Bruxelles et Dublin, peu après une rencontre entre l'homme politique allemand Johann Wadephul et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. L'expert en sécurité Nico Lange a qualifié les menaces sur Kaliningrad d'expression d'une faiblesse sous-jacente après des discussions diplomatiques improductives. Lange a analysé les conséquences potentielles de cette position pour la brigade de la Bundeswehr allemande stationnée en Lituanie près du corridor de Suwalki.


