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Conflits·-3 j

L'Iran rétablit partiellement Internet après 88 jours de coupure, mais la justice suspend le processus

Le président Massoud Pezechkian a ordonné le rétablissement de l'accès international à Internet après près de trois mois, mais la justice iranienne a suspendu l'organe responsable de cette mesure, laissant l'avenir incertain.

Un blackout de plusieurs mois

L'accès à Internet en Iran est sévèrement restreint depuis début janvier 2026 lors de manifestations antigouvernementales, et a été complètement coupé le 28 février lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des attaques militaires contre le pays. Le gouvernement a bloqué tout Internet international, laissant 90 millions d'Iraniens avec seulement un intranet national contrôlé par l'État. Cette coupure de 88 jours est la plus longue jamais enregistrée pour un blackout national d'Internet, surpassant les records précédents.

L'ordre présidentiel

Après des semaines de pression des entreprises et du public, le président Massoud Pezechkian, qui avait fait campagne sur une promesse de liberté d'Internet, a ordonné le rétablissement de l'accès international à son niveau d'avant janvier. La décision a suivi un vote le 25 mai de la Taskforce spéciale pour la gestion du cyberespace, avec neuf membres pour et trois contre. Le ministre des Communications Sattar Hashemi a confirmé que le processus avait commencé, bien qu'il ait prévenu qu'il serait progressif. Le 26 mai, un rétablissement partiel a été observé par les surveillants d'Internet, y compris l'accès à Gmail.

Le premier pas vers un accès libre et régulé au cyberespace a été franchi.

Chronologie du blackout Internet en Iran et des efforts de rétablissement
  1. Accès à Internet restreint lors des manifestations antigouvernementales
  2. Blackout total d'Internet imposé après les attaques américano-israéliennes
  3. Le président Pezechkian crée le Quartier général spécial pour le cyberespace
  4. La taskforce vote le rétablissement d'Internet ; le président émet un ordre
  5. Rétablissement partiel commence ; la justice suspend le quartier général

Opposition politique et judiciaire

Cette décision a immédiatement déclenché une lutte de pouvoir au sein de l'establishment iranien. L'agence de presse Fars, affiliée aux Gardiens de la révolution, a d'abord remis en question l'autorité du président pour annuler les restrictions imposées par le Conseil suprême de sécurité nationale. Quelques heures plus tard, Fars a publié un éditorial décrivant la réouverture comme une décision « technique et sécuritaire » nécessaire. Cependant, le 26 mai, la justice iranienne a suspendu le Quartier général spécial pour l'organisation du cyberespace — l'organe créé par Pezechkian le 12 mai qui avait ordonné le rétablissement — suite à des plaintes non spécifiées. Cela a laissé l'avenir de l'accès à Internet incertain.

Les restrictions d'Internet ces derniers mois ont causé des dommages significatifs à l'économie numérique, aux entreprises en ligne et aux industries de services du pays. La continuation de cette situation pourrait, en plus des dommages économiques, avoir conduit à l'affaiblissement des investissements, à l'émigration des ressources humaines d'élite et à l'expansion de modes de communication en dehors du cadre de la gouvernance officielle du pays.

Dévastation économique et sociale

Le blackout a ravagé l'économie numérique iranienne. Les entreprises locales ont subi des pertes quotidiennes estimées entre 30 et 40 millions de dollars, avec des pertes directes totales sur 60 jours atteignant environ 4 milliards de dollars. Environ 5 millions d'emplois dépendent de la connectivité Internet, et 1 million de commerçants en ligne ont vu leurs revenus s'effondrer. Un rapport du quotidien réformateur Shargh a averti que la coupure avait paralysé toute une génération de travailleurs numériques et entravé les jeunes entrepreneurs dans l'utilisation des outils d'intelligence artificielle. Même avant le blackout, Internet en Iran était fortement censuré, mais la coupure complète a laissé la plupart des Iraniens dépendants de VPN coûteux ou du système « Pro Internet » à plusieurs niveaux de l'État.

Internet, qui était censé devenir le tremplin d'une nouvelle génération d'entrepreneurs, est désormais devenu le plus grand obstacle à la création, à la croissance et au développement d'une nouvelle entreprise.

Shargh daily

Violations des droits et avenir incertain

La coupure d'Internet a coïncidé avec une répression violente des manifestations nationales. Amnesty International a rapporté que les autorités ont exécuté arbitrairement au moins 36 personnes pour des motifs politiques, avec 78 autres condamnées à mort. Le blackout a été largement perçu comme une tentative de cacher l'ampleur de la répression et des dommages de guerre au monde. Alors que certains responsables indiquent que les restrictions pourraient être entièrement levées d'ici début juin, l'intervention de la justice jette un doute sur le calendrier. Au 26 mai, la plupart des plateformes internationales restent inaccessibles, et le conflit politique entre l'administration réformiste et les durs de la sécurité continue de se dérouler.

ils ont exécuté arbitrairement au moins 36 personnes condamnées à mort après avoir été reconnues coupables de chefs d'accusation motivés politiquement. Au moins 78 manifestants, dissidents et autres personnes ayant des liens réels ou perçus avec des groupes d'opposition interdits sont sous le coup d'une condamnation à mort et risquent l'exécution.

Amnesty International
Téhéran

8 sources

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Bandar Abbas · Koweït · Washington, D.C.