
Le président iranien pose ses conditions à des pourparlers avec Washington, le blocage sur Hormuz persiste
Le président iranien a déclaré vendredi que des pourparlers avec Washington ne peuvent aboutir qu'en l'absence de pression et de menaces, tandis que Donald Trump a exclu de nouvelles frappes contre l'Iran avant les élections américaines du 3 novembre.
Téhéran fixe ses conditions
Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré vendredi 9 octobre, lors d'un sommet de la Communauté des États indépendants (CEI) au Turkménistan, que les pourparlers avec Washington ne peuvent aboutir que s'ils sont exempts de pression et de menaces. Dans le même discours, il a soutenu que les sanctions contre l'Iran nuisent aussi au commerce, à l'énergie et à l'ordre dans la région. Lundi, il avait déjà affirmé que négocier avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, déclenchée en février par des frappes israéliennes et américaines, n'avait aucun sens. Il a qualifié Washington d'« ennemi » qui pratique quotidiennement assassinats, sanctions et pressions et ne tient pas ses engagements. Ses propos de vendredi fixent les termes de toute reprise du dialogue.
Le dialogue n'a de sens et une chance d'aboutir que s'il repose sur le respect mutuel et des engagements réciproques, et s'il est exempt de toute pression et de toute menace.
Des discussions à l'arrêt depuis février
Les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l'Iran en février, et plus de sept mois plus tard, les discussions entre Washington et Téhéran semblent dans l'impasse. Un cessez-le-feu a été conclu en avril et un protocole d'accord signé en juin. Des responsables des deux pays se sont rencontrés fin septembre à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. L'Iran a alors proposé un plan de réouverture du détroit d'Ormuz sous sept jours, en échange principalement de la levée des sanctions économiques américaines. Donald Trump a rejeté cette proposition mais a laissé la porte ouverte à des négociations indirectes, sans exclure une reprise des frappes contre l'Iran.
Ormuz et nouvelles sanctions
Washington a intensifié sa pression économique sur Téhéran en imposant de nouvelles sanctions au secteur aérien iranien. Sur le terrain, une accalmie est observée ces dernières semaines, les États-Unis n'ayant pas frappé l'Iran depuis le 1er septembre. Des navires sont néanmoins régulièrement visés dans le détroit d'Ormuz. Ce passage stratégique reste le principal point de désaccord, et les deux gouvernements continuent de s'opposer à son sujet. Des menaces de nouvelles frappes sont régulièrement proférées, ce qui entretient le blocage.
- Des frappes israéliennes et américaines contre l'Iran déclenchent la guerre
- Conclusion d'un cessez-le-feu
- Signature d'un protocole d'accord
- Aucune frappe américaine contre l'Iran depuis le 1er septembre
- Des responsables se rencontrent à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU
- Trump exclut des frappes contre l'Iran avant les élections du 3 novembre
- Pezeshkian fixe ses conditions pour la reprise des pourparlers
La position de Trump avant le scrutin
Jeudi 8 octobre, Trump a annoncé qu'il excluait d'attaquer l'Iran avant les élections législatives américaines du 3 novembre, tout en affirmant que Washington avait eu des « discussions productives » avec Téhéran. Son annonce est intervenue la veille de la fixation des conditions par Pezeshkian. Ce dernier a également souligné dans le même discours à la CEI qu'une négociation menée sous pression n'a aucune valeur. Ses propos constituaient une réponse directe aux menaces venues de Washington.
Une négociation menée sous la menace de la force n'est pas une négociation.
La position du président iranien laisse les deux parties très éloignées. Washington continue d'élargir les sanctions, tandis que Téhéran refuse de négocier sous la menace de la force.


