L'Iran change de tactique contre les navires dans le détroit d'Ormuz avant les élections de mi-mandat aux États-Unis
Deux hauts responsables iraniens ont déclaré à Reuters que Téhéran a changé de tactique contre la navigation dans le détroit d'Ormuz, et six navires ont été touchés le dimanche 11 octobre. Téhéran cherche à maintenir les prix du pétrole élevés et à peser sur les élections de mi-mandat du 3 novembre.
Une nouvelle tactique décidée au sommet de l'État iranien
L'Iran a changé sa manière de cibler les navires dans le détroit d'Ormuz, ont déclaré deux hauts responsables iraniens à Reuters. Aucun des deux n'a voulu décrire la nouvelle stratégie en détail, mais l'un d'eux a indiqué que Téhéran avait commencé à recourir à des méthodes offensives différentes contre les navires qu'il considère comme violant ses restrictions de transit au début du mois d'octobre, une dizaine de jours avant ces informations. Le changement porte à la fois sur le type et le rythme des attaques, et l'un de ses objectifs est d'influencer le résultat des élections de mi-mandat aux États-Unis. La décision a été prise au plus haut niveau de la direction iranienne et coordonnée dans l'ensemble de l'appareil d'État. Un responsable a déclaré que l'objectif est de contrer les efforts des États-Unis et de leurs alliés pour faire baisser les prix mondiaux du pétrole.
Des attaques contre des navires dans le détroit
L'Iran a frappé six navires commerciaux dans et autour du détroit le dimanche 11 octobre, selon l'UKMTO et des sources de sécurité européennes citées par le Financial Times. Cinq des navires étaient des pétroliers et le sixième un porte-conteneurs, a rapporté la société britannique de sécurité maritime Vanguard. Deux membres d'équipage de l'un des pétroliers sont portés disparus, selon le Financial Times, et les attaques de cette journée sont les plus nombreuses menées par l'Iran contre des navires en une seule journée depuis le début de la guerre. Le lundi 12 octobre, les Gardiens de la révolution iraniens ont revendiqué une attaque contre un superpétrolier, affirmant qu'il avait pris feu après avoir tenté de passer sans transpondeur et ignoré les avertissements. Le mardi soir 13 octobre, l'UKMTO a signalé qu'un pétrolier et un porte-conteneurs avaient été touchés par des projectiles non identifiés. Une source iranienne a également indiqué que les navires violant les restrictions ne sont plus en sécurité même en dehors du détroit d'Ormuz.
- Début des attaques américaines et israéliennes contre l'Iran ; l'Iran restreint le transit par le détroit depuis le début de la guerre.
- L'Iran mène 13 attaques contre des navires durant les deux premières semaines de mars, la période la plus intense jusqu'en octobre.
- L'Iran commence à utiliser de nouvelles tactiques offensives contre les navires qu'il considère comme violant ses restrictions.
- L'Iran touche six navires, cinq pétroliers et un porte-conteneurs, soit le plus grand nombre d'attaques iraniennes contre des navires en une seule journée depuis le début de la guerre.
- Les Gardiens de la révolution revendiquent une attaque contre un superpétrolier qui a pris feu.
- L'UKMTO signale qu'un pétrolier et un porte-conteneurs ont été touchés par des projectiles non identifiés.
- Élections de mi-mandat aux États-Unis, qui décideront des majorités au Congrès.
Les contre-mesures américaines et le coût de la guerre
Les États-Unis affirment avoir arrêté dimanche un navire qui avait quitté l'Iran en violation de leur blocus des ports iraniens, mais Reuters n'a pas pu joindre le propriétaire du bâtiment et cette affirmation ne peut être vérifiée. Dans la semaine du 5 octobre, un responsable militaire américain s'exprimant sous couvert d'anonymat a déclaré que les forces américaines avaient intercepté un boutre transportant des espions iraniens non armés qui transmettaient des informations sur des cibles, dont des navires de guerre américains, aux Gardiens de la révolution. Selon ce responsable, les Gardiens de la révolution ont commencé à utiliser ces espions sur de petites embarcations après que des frappes américaines ont détruit une grande partie des capacités radar iraniennes. Dans un autre incident, la marine américaine a ordonné à l'équipage d'un voilier civil utilisé pour la surveillance de quitter le bord, puis a coulé le bateau sans faire de victimes.
Les flux pétroliers et les prix des carburants
Le Financial Times, citant des données de la société de bases de données maritimes Kpler, indique que seulement 2,9 millions de barils ont transité par le détroit dimanche, contre 15,5 millions de barils par jour d'exportations pétrolières en septembre. Les compagnies maritimes qui étaient prêtes à emprunter cette route malgré le risque, parce que les taux de fret sur les routes plus longues étaient élevés, l'évitent de nouveau. Entre mars et octobre, l'Iran a touché 24 navires au total, selon le Financial Times. Des acteurs du secteur maritime ont déclaré à Bloomberg que les flux de marchandises par le détroit pourraient ralentir après une récente reprise des exportations pétrolières du golfe Persique.
- Deux premières semaines de mars 2026
- 13 navires
- Dimanche 11 octobre 2026
- 6 navires
- Total, mars à octobre 2026
- 24 navires
Les élections de mi-mandat et la suite
Le président américain Donald Trump envisage de nouvelles mesures contre l'Iran, mais Reuters a rapporté plus tôt qu'il avait exclu des frappes supplémentaires avant le scrutin du 3 novembre. Le conflit est devenu un enjeu central de la campagne des élections de mi-mandat, qui décideront des majorités au Congrès, et les prix élevés des carburants préoccupent les électeurs américains. Focus a rapporté que le conflit coûte environ trois milliards de dollars par mois aux États-Unis. Les élections de mi-mandat ont lieu le 3 novembre.