
La plus haute cour du Brésil interdit au candidat Flávio Bolsonaro de rendre visite à son père emprisonné pendant 90 jours après une lettre sur les réseaux sociaux
Le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes a suspendu les visites après que le sénateur Flávio Bolsonaro a lu en ligne la lettre de son père, en violation des conditions de l'assignation à résidence et déclenchant une enquête pour propagande électorale anticipée.
Le jugement
Lundi, le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes a interdit au sénateur et pré-candidat à la présidentielle Flávio Bolsonaro de rendre visite à son père, l'ancien président Jair Bolsonaro, pendant 90 jours. Cette restriction, qui s'étend au-delà du premier tour du 4 octobre, fait suite à la lecture par Flávio d'une lettre manuscrite de son père sur les réseaux sociaux le week-end des 11 et 12 juillet. Jair Bolsonaro est assigné à résidence depuis mars 2026 pour raisons de santé, purgeant une peine de plus de 27 ans pour avoir fomenté un coup d'État après sa défaite électorale de 2022. Les conditions de sa détention lui interdisent explicitement d'utiliser les réseaux sociaux, directement ou par l'intermédiaire de tiers. Moraes a estimé que la diffusion par Flávio violait cette ordonnance judiciaire et « constituait un détournement ostensible de l'objet » de son droit de visite.
La conduite irrégulière de Flávio Nantes Bolsonaro a expressément manqué à une interdiction judiciaire et a constitué un détournement ostensible de l'objet de son droit de visite.
Le juge a également donné aux avocats de Jair Bolsonaro 48 heures pour expliquer si l'ancien président savait que la lettre serait partagée sur les réseaux sociaux.
La lettre et les règles de campagne
Dans la lettre, Jair Bolsonaro appelait ses alliés à « mettre de côté leurs différences » et à soutenir la candidature présidentielle de Flávio, décrivant son fils comme son « porte-parole ». Moraes a vu dans ce langage une « demande explicite de votes » et a ordonné au procureur électoral, Paulo Gonet, d'enquêter pour savoir si la diffusion constitue une propagande électorale anticipée, interdite avant le début de la période officielle de campagne le 16 août.
Cette décision coupe effectivement le contact direct qui était au cœur de la stratégie de campagne de Flávio. Selon El País, de nombreuses décisions clés concernant les alliances au niveau des États et les listes de candidats au Congrès étaient en cours d'élaboration dans la villa de Brasília où Jair Bolsonaro est confiné.
Les tensions familiales s'aggravent
La lettre est également tombée au milieu d'une querelle familiale très publique. Quelques jours auparavant, Michelle Bolsonaro, l'épouse de Jair et ancienne première dame du Brésil, avait publié une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle elle disait se sentir « poignardée » et « humiliée » par son beau-fils Flávio. Peu après, elle a démissionné de son poste au sein du Parti libéral, et on ne sait plus si elle se présentera à un siège de sénatrice comme on s'y attendait largement. Son absence pourrait coûter à la campagne un soutien crucial parmi les femmes évangéliques et les électeurs conservateurs.
Violations répétées
Moraes a noté que Flávio Bolsonaro est un récidiviste. En août 2025, il avait téléphoné à son père lors d'un rassemblement politique et diffusé l'appel en direct, enfreignant la même interdiction d'utilisation indirecte des réseaux sociaux. Le juge a décrit cet épisode comme une autre manifestation de mépris des ordonnances judiciaires.
Enjeux électoraux
Avec le premier tour de l'élection présidentielle fixé au 4 octobre et un éventuel second tour le 25 octobre, l'interdiction de visite prive Flávio des conseils de son père pendant les dernières semaines cruciales de la campagne. Après un début prometteur qui l'avait un temps placé au coude à coude avec Lula, la campagne de Flávio a connu une série de difficultés. La plupart des sondages donnent désormais au président sortant de gauche Luiz Inacio Lula da Silva une avance de 3 à 7 points de pourcentage sur Flávio lors d'un second tour.
- Jair Bolsonaro assigné à résidence pour raisons de santé
- Flávio lit la lettre de son père sur les réseaux sociaux
- La Cour suprême suspend les visites de Flávio pour 90 jours
- Début de la période de campagne électorale officielle
- Premier tour de l'élection présidentielle
- Second tour possible

