L'inflation américaine retombe à 3,5 % en juin grâce au cessez-le-feu avec l'Iran qui a fait baisser les prix de l'énergie, mais de nouvelles frappes menacent un retournement de tendance
Les prix à la consommation ont baissé de 0,4 % sur un mois, soit la plus forte baisse depuis avril 2020, sous l'effet d'un recul de 9,7 % des prix de l'essence après la trêve temporaire avec l'Iran qui a rouvert le détroit d'Ormuz.
Les chiffres de juin
Les prix à la consommation aux États-Unis ont baissé de 0,4 % en juin par rapport à mai, première baisse mensuelle depuis avril 2020 et la plus forte en 73 mois, selon le Bureau of Labor Statistics. Le taux d'inflation annuel est tombé à 3,5 %, contre 4,2 % en mai et en deçà des 3,8 % prévus par les économistes. Ce repli est presque entièrement imputable aux coûts de l'énergie : l'indice énergétique a chuté de 5,7 % sur le mois, l'essence seule baissant de 9,7 %. Les prix de l'électricité ont diminué de 1,0 %, tandis que le gaz naturel a légèrement augmenté de 0,5 %. Les prix alimentaires ont augmenté modestement de 0,2 % sur le mois et de 3 % sur un an.
L'inflation sous-jacente et les pressions sous-jacentes
L'inflation sous-jacente, qui exclut les composantes volatiles que sont l'alimentation et l'énergie, a augmenté de 2,6 % sur un an en juin, contre 2,9 % en mai. L'indice énergétique global restait en hausse de 15,7 % par rapport à l'année précédente, même si ce chiffre marque un net ralentissement par rapport au taux annuel de 23,5 % enregistré en mai. Les prix des vêtements et des voitures d'occasion ont également baissé, offrant un répit aux consommateurs au-delà de la pompe. Michael Metcalfe, responsable de la stratégie macroéconomique chez State Street Markets, a déclaré à l'Associated Press que ces données indiquaient une inflation temporaire liée à la guerre.
Oui, les prix de l'essence ont augmenté, mais pratiquement rien d'autre.
L'effet du cessez-le-feu avec l'Iran
L'accalmie de juin a coïncidé avec le cessez-le-feu signé début juin entre Washington et Téhéran, qui a rouvert le détroit d'Ormuz, point de passage pour environ un cinquième du pétrole brut mondial. Les prix du pétrole, qui avaient grimpé au-dessus de 80 dollars le baril pendant le conflit, sont repassés sous les 70 dollars avant la trêve. Le Bureau of Labor Statistics a noté que la baisse des coûts des carburants était le principal moteur de la baisse de l'indice global. Les tarifs aériens et autres coûts liés à l'énergie ont également baissé, même si les économistes cités par l'AP ont prévenu que ce répit n'avait pas encore déclenché une désinflation généralisée et durable.
La reprise des hostilités et les perspectives de juillet
L'amélioration pourrait déjà être compromise. Ces derniers jours, les États-Unis ont repris leurs frappes contre l'Iran, et le président Donald Trump a annoncé un nouveau blocus du détroit d'Ormuz. Les prix du pétrole ont grimpé pour un deuxième jour consécutif mardi, flirtant à nouveau avec la barre des 80 dollars. Les données de l'IPC de juin ne tiennent pas compte de cette dernière escalade, et plusieurs médias rapportent que les économistes s'attendent à un rebond des prix dans les mois à venir, ce qui pourrait forcer la Réserve fédérale à envisager des hausses de taux.
Le dilemme de la Fed
Kevin Warsh a témoigné devant le Congrès pour la première fois en tant que président de la Réserve fédérale et a promis dans sa déclaration liminaire que l'inflation deviendrait « une chose du passé ». La banque centrale reste néanmoins prudente. L'inflation est encore bien au-dessus de l'objectif de 2 % de la Fed, et les gouverneurs examinent les mesures sous-jacentes pour déceler les signes d'une propagation des pressions sur les prix liées à la guerre dans l'ensemble de l'économie. Une étude de la Fed de New York a également mis en évidence les effets inflationnistes persistants des droits de douane de l'ère Trump et des dépenses liées à l'IA. Alors que le conflit iranien se rallume et que les marchés de l'énergie se resserrent à nouveau, les données de juin pourraient n'être qu'une brève parenthèse plutôt qu'un point de rupture.
L'inflation sera une chose du passé.
- 2026-03-01
- 3.5 %
- 2026-04-01
- 3.8 %
- 2026-05-01
- 4.2 %
- 2026-06-01
- 3.5 %
- Le président Trump lance un conflit militaire au Moyen-Orient ciblant l'Iran.
- L'indice énergétique augmente de 10,9 % sur un mois, les prix du pétrole flambent.
- L'IPC annuel atteint 4,2 %, son plus haut niveau depuis avril 2023, avec une hausse de l'énergie de 23,5 % sur un an.
- Cessez-le-feu signé ; réouverture du détroit d'Ormuz. Le pétrole repasse sous les 70 dollars le baril.
- L'IPC de juin chute de 0,4 % sur un mois ; le taux annuel tombe à 3,5 %.
- Les États-Unis reprennent leurs frappes contre l'Iran ; Trump annonce un nouveau blocus d'Ormuz. Le pétrole frôle à nouveau les 80 dollars.


