
Le dernier défilé du 14 juillet de Macron met en avant le réarmement européen avec 6 800 soldats et des soldats ukrainiens sur les Champs-Élysées
Le président Emmanuel Macron a présidé mardi son dixième et dernier défilé militaire du 14 juillet, transformant les Champs-Élysées en une vitrine de la cohésion militaire européenne avec 6 800 soldats, 500 soldats étrangers de 35 nations et 25 militaires ukrainiens défilant aux côtés des forces françaises.
Un défilé d'adieu porteur d'un message
Le président Emmanuel Macron a marqué mardi son dernier 14 juillet en tant que chef de l'État avec le plus grand défilé militaire de l'histoire de la fête nationale française. Près de 6 700 soldats ont défilé à pied entre l'Arc de Triomphe et la place de la Concorde, accompagnés de 315 véhicules, 98 avions et 31 hélicoptères. Le défilé visait à illustrer « le réarmement de la France, l'autonomie stratégique de la France et le réveil stratégique européen », selon le palais de l'Élysée. Macron, qui ne peut pas se représenter à l'élection présidentielle du printemps 2027 en raison de la limitation constitutionnelle à deux mandats, a saisi l'occasion pour projeter un héritage d'unité européenne et de renouveau militaire après une décennie au pouvoir durant laquelle le budget de la défense a doublé.
Nous sommes prêts et déterminés, et nous sommes crédibles sur terre, en mer et dans les airs.
L'Ukraine au centre
Vingt-cinq soldats ukrainiens ont défilé à la fin du contingent allié, un geste hautement symbolique quatre ans et demi après l'invasion à grande échelle de la Russie. Le défilé a débuté avec la Patrouille de France, suivie de deux chasseurs Mirage 2000B transportant des copilotes ukrainiens formés en France. Ces pilotes sont destinés à piloter les Mirage 2000 livrés à l'Ukraine pour la défense aérienne contre les attaques quotidiennes de drones russes. Le président Volodymyr Zelensky a assisté au défilé en tant qu'invité d'honneur, applaudi à son arrivée et embrassé par la première dame Brigitte Macron et le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Fier de voir des soldats ukrainiens défiler aux côtés des forces françaises, un symbole de fraternité, de courage et de destin partagé.
Une coalition en démonstration
Plus de 500 soldats de 35 pays ont participé, la grande majorité issus de la Coalition des Volontaires, un bloc informel de 37 nations dirigé par la France et le Royaume-Uni, formé pour fournir des garanties de sécurité à long terme à l'Ukraine. L'Espagne a envoyé 23 soldats, l'une des plus grandes délégations étrangères, et un chasseur F-18 espagnol de Saragosse a rejoint le survol. Des avions de dix nations européennes, dont le Royaume-Uni, la Norvège et la Pologne, ont traversé le ciel parisien. Le défilé a présenté des unités françaises déployées sur le flanc oriental de l'OTAN, dont un régiment de chars stationné en Roumanie et du personnel du bataillon multinational de l'OTAN en Estonie.
Ce qui défile, c'est une Europe unie et déterminée à soutenir l'Ukraine contre la Russie, une Europe sûre d'elle-même.
Les dirigeants dans les tribunes
Vingt-cinq chefs d'État ou de gouvernement y ont assisté, dont le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, le Premier ministre polonais Donald Tusk, la Première ministre danoise Mette Frederiksen, et le Premier ministre britannique sortant Keir Starmer. Le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen étaient également présents. Le président américain Donald Trump, qui avait assisté au premier défilé du 14 juillet de Macron en 2017, n'a pas été invité cette année. Il a envoyé ses félicitations via les réseaux sociaux, faisant référence au 250e anniversaire des États-Unis et exprimant l'espoir de liens plus étroits avec la France.
En regardant vers les 250 prochaines années, les États-Unis espèrent renforcer davantage leur relation avec la France, fondée sur un engagement commun en faveur de la liberté, de la paix et de la prospérité.
Un message direct à Moscou
Le défilé a eu lieu un jour après un sommet de la Coalition des Volontaires à l'Hôtel des Invalides, où l'Ukraine et neuf autres pays ont accepté de travailler sur une future aide militaire européenne. L'Élysée a présenté l'événement sous le thème du « réveil stratégique de l'Europe », un message destiné à la Russie et à une Washington perçue comme imprévisible. Le général Fabien Mandon, chef d'état-major des armées françaises, a qualifié le défilé d'« incarnation physique de la solidarité stratégique entre nos pays ». La démonstration d'unité européenne est intervenue deux mois après que Vladimir Poutine a considérablement réduit les commémorations du 9 mai en Russie, un contraste relevé par des responsables français.
C'est une incarnation physique de la solidarité stratégique entre nos pays.
Canicule et mémoire
La fête nationale s'est déroulée alors que la France faisait face à une nouvelle canicule meurtrière, avec des températures à Paris attendues à 34 degrés Celsius mercredi. Des incendies de forêt ont brûlé au sud de Paris près de Fontainebleau et dans d'autres régions. La journée marquait également le dixième anniversaire de l'attentat terroriste de 2016 à Nice, où un camion a foncé dans la foule du 14 juillet sur la Promenade des Anglais, tuant 86 personnes dans une attaque revendiquée plus tard par l'État islamique.
- 2025
- 5810 soldats
- 2026
- 6800 soldats
- Sommet de la Coalition des Volontaires à l'Hôtel des Invalides ; l'Ukraine et neuf pays s'accordent sur une future assistance militaire
- Macron passe en revue les troupes depuis un véhicule militaire sur les Champs-Élysées
- L'équipe de voltige aérienne ouvre le survol, suivie de deux Mirage 2000B avec des copilotes ukrainiens
- 500 soldats de 35 pays défilent, avec 25 soldats ukrainiens à l'arrière
- 98 avions et 31 hélicoptères, dont un F-18 espagnol et des avions de dix nations européennes, traversent le ciel parisien


