
Un tribunal grec refuse d'extrader James Dalamangas vers l'Australie pour un meurtre commis en 1999 à Sydney
Le Conseil des appels de Patras a jugé que l'accusation de meurtre de 1999 était prescrite selon le droit grec, rejetant la demande de l'Australie de remettre le Gréco-Australien de 56 ans qui vivait sous une fausse identité à Aigio.
La décision du tribunal
Le Conseil des appels de Patras a décidé le 22 juillet 2026 de ne pas extrader James Dalamangas vers l'Australie. La décision a suivi une conférence marathon qui a duré entre huit et neuf heures, selon des rapports locaux. Le conseil a estimé que les conditions légales de l'extradition n'étaient pas remplies, bloquant ainsi la demande des autorités australiennes pour sa remise. Dalamangas avait été arrêté début juin 2026 dans la région d'Aigialeia après l'activation d'un mandat international, et il a été libéré de la prison d'Agios Stefanos le 8 juillet sous conditions restrictives en attendant la décision du conseil.
Le crime et le fugitif
La police australienne recherchait Dalamangas depuis 27 ans. Il était considéré comme l'un des fugitifs les plus recherchés d'Australie pour son rôle présumé dans le meurtre de George Giannopoulos, un autre Gréco-Australien, dans une boîte de nuit de Belmore, à Sydney, en avril 1999. La victime a été poignardée à mort alors qu'elle tentait d'intervenir dans une bagarre entre deux clients. Un mandat d'arrêt a été émis le lendemain du meurtre, mais Dalamangas avait déjà fui le pays. Il s'est installé à Aigio, où il a vécu pendant des décennies sous le faux nom d'"Antonis Tzimas" et avec une compagne, dans une maison décrite comme une forteresse. Les autorités australiennes, en coopération avec Interpol et la police grecque, avaient offert une récompense de 200 000 dollars pour toute information menant à sa capture.
- George Giannopoulos est poignardé à mort dans une boîte de nuit de Belmore, à Sydney. James Dalamangas est désigné comme suspect et fuit l'Australie.
- Dalamangas vit à Aigio, en Grèce, sous la fausse identité d'Antonis Tzimas. La police australienne offre une récompense de 200 000 dollars et le classe parmi les fugitifs les plus recherchés du pays.
- Les autorités grecques arrêtent Dalamangas à Aigialeia à la suite d'un mandat d'arrêt international.
- Dalamangas est libéré de la prison d'Agios Stefanos sous conditions restrictives après que son avocat a plaidé la prescription de l'infraction selon le droit grec.
- Le Conseil des appels de Patras, après une conférence de 8 à 9 heures, rejette officiellement la demande d'extradition de l'Australie.
L'argument juridique
La question juridique centrale était la prescription. Selon le droit grec, l'infraction d'homicide est prescrite après 20 ans, alors qu'en Australie le meurtre n'a pas de telle limite de temps. La défense a plaidé dès le départ que l'accusation ne pouvait plus être poursuivie en Grèce, et le tribunal a accepté cette position. L'avocat de l'homme de 56 ans a déclaré que son client était protégé en tant que citoyen grec par la législation de l'État grec. La décision signifie que, du moins à ce stade, la procédure d'extradition est bloquée, bien qu'il s'agisse d'un cas important de coopération judiciaire internationale.
La réaction de Dalamangas
Dalamangas est apparu au palais de justice de Patras avec une apparence sensiblement différente : rasé de près et les cheveux courts. S'exprimant devant les journalistes après la décision, il a exprimé son soulagement.
Je suis heureux. Je veux remercier ma famille, Dieu et mes avocats, qui ont fait un travail parfait, et la justice grecque.
Il a ajouté qu'il retournerait désormais chez lui à Aigio, déclarant "nous sommes très fatigués." Interrogé sur s'il avait quelque chose à dire à l'Australie, il a répondu qu'il n'avait rien d'autre à ajouter et que "le reste, nous le dirons une autre fois."
La suite
La décision du Conseil des appels de Patras ne clôt pas nécessairement définitivement l'affaire. Les autorités australiennes pourraient encore emprunter des voies diplomatiques ou juridiques, même si l'effet immédiat est que Dalamangas reste libre en Grèce sous les conditions restrictives existantes. L'affaire a attiré l'attention internationale, compte tenu du temps pendant lequel Dalamangas a échappé à la capture et du conflit entre les principes juridiques grecs et australiens concernant les infractions prescrites.


