Les États-Unis ont proposé de débloquer une partie des avoirs russes pour relancer les discussions sur l'Ukraine, l'Europe a refusé
Le Financial Times rapporte que Washington a proposé de libérer une partie des avoirs d'État russes gelés et de les placer sous supervision américaine afin de relancer les pourparlers de paix sur l'Ukraine. Les participants européens à la réunion de Miami ont refusé ce plan.
La proposition américaine
Le Financial Times a rapporté jeudi 15 octobre que les États-Unis avaient proposé de libérer une partie des avoirs d'État russes gelés et de les placer sous supervision américaine. Le journal cite quatre sources et indique que l'idée a été présentée début octobre lors de discussions à Miami. Les émissaires spéciaux Steve Witkoff et Jared Kushner, qui travaillent pour le président Donald Trump, sont désignés comme les auteurs du plan. La réunion de Miami rassemblait des représentants des États-Unis, de l'Ukraine, de la France, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, de l'Union européenne et de l'OTAN.
Selon le FT, Washington a avancé plusieurs manières de débloquer l'argent, notamment en transférant les avoirs dans un fonds spécial supervisé par les États-Unis. Un responsable américain, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a déclaré que les mécanismes de libération et l'usage prévu des fonds faisaient encore partie des discussions sur un accord de paix plus large. Selon l'évaluation américaine, une telle mesure pousserait Moscou à reprendre les négociations de paix.
- Les gouvernements occidentaux gèlent environ 260 milliards d'euros d'avoirs d'État russes
- Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner évoquent l'idée d'un déblocage lors de discussions à Miami
- Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, déclare que la Russie prendra toutes les mesures juridiques possibles pour récupérer ses avoirs
- Le Financial Times rapporte la proposition américaine et le rejet européen, citant quatre sources
L'Europe refuse
Les participants européens aux discussions de Miami ont rejeté deux éléments du plan, selon le FT : la remise du contrôle des avoirs aux États-Unis et la restitution d'une partie de ces avoirs à la Russie. Le journal rapporte que la proposition a également inquiété des responsables européens et ukrainiens. Ils ont soulevé des questions sur les intentions américaines et sur la manière dont l'idée s'articulait avec une approche très différente de la pression exercée sur la Russie pour mettre fin à la guerre.
Avoirs gelés et réaction du Kremlin
Les gouvernements occidentaux ont gelé environ 260 milliards d'euros d'avoirs d'État russes après le lancement de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022, et la majeure partie de cet argent se trouve dans l'Union européenne. L'UE n'a pas transféré ces fonds à l'Ukraine. Elle utilise plutôt les revenus qu'ils génèrent pour soutenir Kyiv, et ces revenus ont garanti un prêt de 45 milliards d'euros du Groupe des sept (G7) à l'Ukraine. Les dirigeants de l'UE ont déclaré que les avoirs eux-mêmes serviraient à la reconstruction de l'Ukraine si la Russie ne verse pas de réparations de guerre.
- Avoirs d'État russes gelés
- 260 milliards d'euros
- Prêt du G7 à l'Ukraine
- 45 milliards d'euros
Débloquer les avoirs nécessiterait le consentement unanime de tous les États membres de l'UE, une condition qui, selon les sources du FT, rendrait l'initiative américaine plus difficile à faire avancer. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré mercredi 14 octobre que la Russie prendrait toutes les mesures juridiques possibles pour récupérer ses avoirs.
Ce qui reste en suspens
Les mécanismes de libération des fonds et leur destination finale restent non résolus et sont liés à des discussions plus larges sur un accord de paix global. Le rejet européen et l'exigence d'unanimité signifient que toute avancée sur les avoirs gelés dépend d'un accord entre des gouvernements qui se sont jusqu'ici opposés aux éléments centraux de la proposition américaine. Le Kremlin a déjà fait savoir qu'il entendait obtenir la restitution des avoirs par des moyens juridiques.
