De la Fuente cite Jules César et Yamal prédit « un jour spécial » avant la demi-finale de la Coupe du monde contre la France
À la veille de la demi-finale de la Coupe du monde entre l'Espagne et la France à Dallas, Luis de la Fuente s'est tourné vers un empereur romain pour son message d'avant-match, tandis que l'adolescent attaquant Lamine Yamal a promis un jour spécial.
L'inspiration romaine de De la Fuente
Le sélectionneur espagnol Luis de la Fuente a une nouvelle fois puisé dans l'histoire classique à la veille de la demi-finale de la Coupe du monde contre la France. Face aux journalistes à Dallas, il a cité Jules César : « No hay gran logro sin sufrimiento » (pas de grande réussite sans souffrance). Cette maxime, a-t-il dit, il la répète constamment à ses joueurs alors qu'ils se préparent à ce qu'il a appelé une guerre footballistique.
Si vous voulez accomplir quelque chose dans la vie, vous devez toujours laisser quelque chose sur la route. Nous sommes prêts à aller à la guerre demain. Si vous voulez gagner quelque chose d'important, vous devez sacrifier quelque chose en chemin. Ce sont les demi-finales d'une Coupe du monde. Nous sommes prêts à souffrir.
Ce n'est pas la première fois que l'entraîneur natif de La Rioja puise dans la philosophie romaine. Avant le quart de finale de l'Espagne contre la Belgique, il avait rappelé la réflexion de Marc Aurèle selon laquelle ce qui est bon pour la ruche est bon pour l'abeille, une métaphore qu'il avait utilisée pour souligner la primauté du collectif sur le talent individuel. La citation de César s'inscrit dans un schéma similaire : stoïque, collective et d'une franchise tonique.
La question des favoris
Didier Deschamps a présenté l'Espagne comme la favorite claire pour ce match, pointant un bilan défensif d'un seul but encaissé en six rencontres du tournoi. De la Fuente a refusé d'accepter cette étiquette, citant plutôt une phrase de son ami et ancien collègue de l'Athletic Bilbao, Joaquín Caparrós : « Tu crois qu'ils ne vont pas venir ? Bien sûr qu'ils vont venir. » Être appelé favori, a-t-il insisté, ne fait pas gagner un match de football et ne génère aucune pression supplémentaire sur son équipe.
De la Fuente a ensuite soutenu que l'équipe de France arrivant à Dallas est plus forte que celle que l'Espagne a battue 2-1 en demi-finale de l'Euro 2024, et plus forte que l'équipe battue 5-4 lors de la demi-finale de la Ligue des Nations à Stuttgart. Il a déclaré aux médias espagnols avoir bien étudié la France et que les deux équipes ont progressé depuis ces rencontres, pointant notamment les quinze dernières minutes chaotiques à Stuttgart où l'Espagne a failli gaspiller une avance de 5-1.
- Demi-finale de l'Euro 2024 : l'Espagne bat la France 2-1 à Munich
- Demi-finale du Final Four de la Ligue des Nations : l'Espagne bat la France 5-4 à Stuttgart
- Demi-finale de la Coupe du monde 2026 : Espagne contre France à Dallas, Texas
Yamal sur le devant de la scène
Si De la Fuente a apporté la gravité, Lamine Yamal a fourni le titre. Entrant dans une salle de presse bondée au stade de Dallas vêtu du survêtement bordeaux de l'équipe nationale, l'adolescent attaquant a ouvert par une plaisanterie : « Merci à tous d'être venus à mon anniversaire. » Il aura 19 ans le jour du match. Après avoir ajusté sa veste sur sa chaise, un journaliste a interrogé la chaîne voyante autour de son cou. « Ce n'est pas un cadeau parce que je l'ai payée », a-t-il répondu.
Yamal est devenu plus sérieux lorsque les questions ont porté sur le football. Il a écarté les inquiétudes concernant sa forme récente, disant aux journalistes que parce qu'ils disent qu'il n'est pas à son meilleur niveau, ils ne devraient rien attendre de lui, avant d'ajouter calmement qu'il a confiance que les choses se passeront bien. La phrase qu'il souhaitait laisser, et qui a mené tous les bulletins sportifs espagnols, était simple : « Estoy seguro de que mañana va a ser un día especial » (je suis sûr que demain sera un jour spécial).
Je ne ressens pas de pression. Vous dites que je ne suis pas à mon meilleur niveau, donc vous ne devez rien attendre de moi. Mais demain, je suis confiant que ça se passera bien.
De la Fuente a approuvé cette confiance, disant que Yamal a besoin de rester calme, de profiter de son football et de chasser l'anxiété. Le sélectionneur a conclu avec sa propre promesse : « Le grand jour pour Lamine dans cette Coupe du monde est encore à venir, et j'espère que ce sera contre la France. »
Options au milieu et message final
Le sélectionneur a également abordé un débat latent sur le choix entre Pedri et Fabián au milieu de terrain, reconnaissant leurs profils différents tout en offrant une solution pragmatique caractéristique. Les deux, a-t-il noté, fournissent l'accompagnement du milieu défensif et la liaison avec le numéro dix dont le système a besoin, et si la question devient trop difficile, ils peuvent simplement jouer ensemble. « Je les mets tous les deux sur le terrain et le problème est résolu », a-t-il dit en souriant.
Avant de quitter le pupitre, De la Fuente a révélé la dernière instruction qu'il donnerait à son groupe dans le vestiaire : profiter du moment, reconnaître le caractère unique de l'occasion et, surtout, être eux-mêmes. « Nous sommes dans un cadre unique, peut-être irremplaçable, mais soyons qui nous sommes. Que l'équipe professionnelle qui veut rivaliser jusqu'au bout se voie. Nous avons vraiment faim d'atteindre la finale et nous allons tout donner. »


