
L'Espagne approuve un projet de loi antitabac interdisant de fumer sur les terrasses et pour les mineurs, avec des amendes pouvant atteindre 600 000 €
Le Conseil des ministres a approuvé le projet de loi le 21 juillet, étendant les zones non-fumeurs aux terrasses des bars et restaurants, aux plages et aux universités, et imposant des sanctions pouvant aller jusqu'à 600 000 € pour la publicité illégale.
Ce que la loi change
Le projet de loi actualise la loi antitabac de 2005 pour couvrir les cigarettes électroniques, les vapoteuses, les sachets de nicotine et les chichas, les traitant de la même manière que les cigarettes traditionnelles. Il sera interdit de fumer et de vapoter sur les terrasses des bars et restaurants, les plages, les piscines publiques, les arrêts et abribus, les installations sportives, les parcs, les aires de jeux pour enfants, les événements en plein air et les campus universitaires. Les véhicules utilitaires sont également inclus, sauf s'ils sont utilisés exclusivement à des fins privées. La loi crée des zones protégées autour des écoles et des hôpitaux. Les mineurs de moins de 18 ans se verront explicitement interdire de fumer et de consommer tout produit lié au tabac ; auparavant, seule la vente aux mineurs était interdite.
Amendes et application
Le système de sanctions divise les infractions en trois niveaux. Les infractions mineures, comme fumer dans un espace interdit ou un mineur consommant du tabac, entraînent des amendes de 200 à 600 €. Les infractions graves, notamment le fait d'autoriser de fumer là où c'est interdit ou de vendre des cigarettes électroniques jetables, sont punies de 601 à 10 000 €. La catégorie la plus sévère, couvrant la publicité, la promotion, le parrainage, les échantillons gratuits et les ventes à prix réduits illégaux, peut entraîner des amendes de 10 001 à 600 000 €. Lorsqu'un mineur est pris en train de fumer, l'amende de 200 € incombe aux parents, mais elle peut être remplacée par un travail d'intérêt général. Les cigarettes électroniques et appareils similaires ne seront vendus que dans des magasins spécialisés, mettant fin à leur disponibilité dans les épiceries et bazars.
- Le gouvernement approuve le projet de loi antitabac
- Le Conseil des ministres approuve le texte final, l'envoie au Parlement
Réactions des experts de l'hôtellerie et de la santé
Le secteur de l'hôtellerie a réagi. José Luis Álvarez Almeida, président de Hostelería de España, a reconnu que le projet de loi n'interdit pas immédiatement de fumer sur les terrasses, mais a fait valoir qu'il « déplace la consommation d'un espace à un autre ». Il a insisté sur le fait que les terrasses sont « des espaces ouverts et ventilés qui garantissent la coexistence et le respect entre fumeurs et non-fumeurs » et a appelé les députés à reconnaître que « ces limitations n'ont pas beaucoup de sens ».
Ce que fait la loi, c'est déplacer la consommation d'un espace à un autre. Les terrasses sont des espaces ouverts et ventilés qui garantissent la coexistence et le respect entre fumeurs et non-fumeurs.
Les professionnels de santé et les associations de patients ont salué la réforme. Nieves Diestro, biologiste de 40 ans qui tente d'arrêter de fumer depuis près de vingt ans, a déclaré que si la loi avait été en vigueur pendant ses années d'études, elle n'aurait jamais tiré sa première bouffée. Carlos Jiménez-Ruiz, pneumologue et spécialiste du sevrage tabagique, a souligné qu'« une bonne législation dissuasive serait essentielle pour empêcher cela ».
Les chiffres de la santé derrière la réforme
Le tabac reste l'une des principales causes évitables de décès en Espagne, avec environ 50 000 décès chaque année, selon le ministère de la Santé. La dernière enquête ESTUDES 2025 sur la consommation de drogues dans l'enseignement secondaire montre que le tabagisme quotidien chez les 14-18 ans est tombé à 4,3 %, le niveau le plus bas depuis le début des relevés en 1994. Cependant, la proportion de ceux qui ont fumé au moins une fois au cours du mois précédent s'élève à 15,5 %, ce qui indique que la consommation occasionnelle reste répandue. Près de la moitié des fumeurs tentent d'arrêter chaque année, un chiffre qui, selon les partisans de la loi, pourrait s'améliorer avec des mesures dissuasives plus fortes.
- Fumeurs quotidiens (14-18 ans)
- 4.3 %
- Fumeurs au cours du dernier mois (14-18 ans)
- 15.5 %
Prochaines étapes
Le projet de loi est maintenant soumis aux Cortes Generales pour débat parlementaire et modifications éventuelles. Il n'est pas encore en vigueur et pourrait subir des retards ou des changements, surtout si le gouvernement change avant la fin de la législature. Les représentants du secteur hôtelier ont prévenu qu'un changement de gouvernement pourrait renvoyer la loi « à la case départ ». La ministre de la Santé, Mónica García, a présenté la législation comme un retour au rôle de pionnier de l'Espagne dans la lutte antitabac, déclarant que le pays a toujours été à l'avant-garde et « avec cette loi, nous allons le retrouver ». Elle a ajouté que la réforme vise à « franchir une nouvelle étape pour étendre le droit de respirer un air pur » et à « répondre aux nouveaux produits et surtout protéger les nouvelles générations ».
Nous entendons continuer à marquer un avant et un après dans la protection de la santé publique.

