
Sánchez arrive au sommet de l'OTAN armé de données pour défier l'exigence de Trump d'une dépense de défense de 5 %
Pedro Sánchez se rend à Ankara pour le 36e sommet de l'OTAN prêt à affronter Donald Trump sur les dépenses militaires, arguant que l'Espagne atteint les objectifs de capacité de l'Alliance sans atteindre le seuil de 5 % du PIB.
Un sommet sous tension
Le 36e sommet de l'OTAN s'ouvre à Ankara le 7 juillet 2026 dans un contexte de friction transatlantique croissante. Donald Trump passe des mois à critiquer les alliés européens pour ce qu'il appelle un investissement de défense insuffisant, ciblant particulièrement l'Espagne comme un « désastre » pour avoir refusé de s'engager à consacrer 5 % de son PIB à son armée d'ici 2035. Le président américain a déjà retiré 5 000 soldats d'Allemagne et menacé l'Espagne de droits de douane et de parallèles historiques avec la perte de Cuba, Porto Rico, les Philippines et Guam.
L'Espagne est terrible, même de votre point de vue. Je veux dire, ils ne veulent rien payer. Ils pensent qu'ils vont tout obtenir gratuitement.
Pedro Sánchez arrive avec un dossier des propres données de l'OTAN, déterminé à montrer que l'Espagne n'est pas le mauvais élève que Trump dépeint. Des sources gouvernementales affirment que la délégation espagnole est calme et estime que les critiques sont plus équitablement réparties cette année, plusieurs alliés étant encore en deçà du seuil de 2 % et d'autres peu susceptibles d'atteindre l'objectif de 5 % dans les délais.
La contre-narrative de l'Espagne en chiffres
L'argumentaire de Moncloa repose sur une série d'indicateurs tirés des rapports de l'Alliance. Depuis 2018, les dépenses de défense espagnoles sont passées de 11 172 millions d'euros à 35 419 millions d'euros, soit une augmentation de 154 % qui fait de l'Espagne le sixième pays de l'OTAN à la croissance la plus rapide en huit ans. En termes absolus, l'Espagne dispose désormais du septième budget de défense parmi les 32 alliés, équivalent aux dépenses combinées de 13 autres États membres. Le pays a atteint le seuil de 2 % du PIB en 2025 et insiste sur le fait qu'il ne sera pas poussé plus loin.
- Dépenses de défense (absolues)
- 7 rang
- Conformité des capacités
- 7 rang
- Troupes déployées
- 3 rang
- Aide à l'Ukraine
- 8 rang
Au-delà des chiffres budgétaires, l'Espagne met en avant ses contributions opérationnelles. Elle est le troisième contributeur de troupes aux missions de l'OTAN, a pris le commandement de la force de réaction navale de l'Alliance pour la première fois, et se classe huitième pour l'aide militaire à l'Ukraine avec 3 795 millions d'euros engagés depuis l'invasion russe de 2022. Une évaluation des capacités achevée en juin a placé l'Espagne au septième rang pour l'atteinte de ses objectifs militaires assignés, devant la moyenne de l'Alliance et certains grands membres comme le Canada.
L'Espagne est un allié qui remplit ses engagements, dirige et agit là où il le faut, renforce les capacités clés de l'Alliance, et ce sans renoncer à ses principes, à sa durabilité et à sa cohésion sociale.
La campagne de pression de Trump
Le président américain a associé ses exigences de dépenses à un appel plus large à la « loyauté », critiquant les alliés européens pour ne pas soutenir son offensive militaire en Iran. Son administration a utilisé à la fois des paroles et des actes : en mai, 5 000 soldats américains ont été retirés des bases en Allemagne, tandis que le Pentagone renforçait simultanément sa présence en Pologne. La rhétorique de Trump a inclus une menace directe contre l'Espagne lors d'un meeting fin juin, évoquant la guerre hispano-américaine de 1898.
Ils ne se comportent pas bien. Ils apprendront bientôt. Tout comme quand ils ont abandonné Cuba, Porto Rico, les Philippines et Guam, et tout est devenu nôtre. Nous avons tout pris.
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'est aligné sur la pression de Washington, avertissant que l'Alliance a des « moyens de convaincre » les un ou deux derniers récalcitrants. Moncloa, cependant, minimise l'influence de Rutte, notant qu'il doit équilibrer les demandes de Trump avec les vues des autres membres.
Ce que Madrid attend à Ankara
Les responsables espagnols estiment que le débat sur l'objectif de 5 % est largement rhétorique et que les données forceront une discussion plus concrète. Ils soutiennent que si la conversation n'est pas fondée sur des faits, elle se réduit à une opinion subjective. Le gouvernement a également signalé que même un scénario catastrophe, comme la fermeture des bases américaines à Rota et Morón, ne compromettrait pas la défense espagnole, car les garanties de l'article 5 resteraient en vigueur.
- L'Espagne devient le seul allié à rejeter l'objectif de 5 % du PIB pour les dépenses de défense ; Trump attaque Sánchez lors de la conférence de presse de clôture.
- Trump annonce le retrait de 5 000 soldats américains d'Allemagne, invoquant des dépenses de défense insuffisantes.
- Lors d'un meeting, Trump menace l'Espagne en faisant référence à la guerre de 1898 et à la perte de Cuba, Porto Rico, les Philippines et Guam.
- Le 36e sommet de l'OTAN s'ouvre à Ankara ; Sánchez arrive prêt à affronter Trump avec les données de conformité de l'Alliance.
L'équipe de Sánchez reconnaît un « profond désaccord » avec la Maison-Blanche mais ne voit aucune raison de reculer. Le président espagnol devrait réitérer sa position lors du dîner des dirigeants mardi soir, pariant que les propres tableaux de bord de l'Alliance le protégeront du genre de réprimande publique qu'il a reçue au sommet de La Haye en 2025, où l'Espagne a été le seul allié à rejeter l'engagement de 5 %.


