
L'armée malienne et l'Africa Corps russe entrent à Kidal, les rebelles touareg se retirent
Une colonne de 120 véhicules militaires, appuyée par des paramilitaires russes, est entrée à Kidal sans résistance peu avant 13h00 GMT mardi, après un retrait annoncé par le Front de libération de l'Azawad.
Entrée militaire à Kidal
Les troupes gouvernementales maliennes sont entrées mardi 6 octobre 2026 dans la ville septentrionale de Kidal, après que les forces séparatistes ont quitté leurs positions. Une source sécuritaire a rapporté à l'Agence France-Presse qu'un convoi de l'armée a atteint la localité peu avant 13h00 GMT sans rencontrer de résistance armée. L'entrée a suivi une annonce du Front de libération de l'Azawad (FLA), formation séparatiste, confirmant un repli tactique de la capitale régionale. Les forces terrestres engagées dans le mouvement comprenaient des soldats maliens réguliers, des paramilitaires russes de l'Africa Corps et des combattants touareg alliés des milices MSA et Gatia. L'opération rétablit le contrôle de l'État malien sur ce carrefour stratégique du Nord après cinq mois d'administration rebelle.
Poussée terrestre depuis Anéfis
L'avancée vers Kidal a débuté plus tôt dans la matinée de mardi, lorsqu'une colonne militaire d'environ 120 véhicules a quitté la localité d'Anéfis, à une centaine de kilomètres au sud. Durant le week-end précédent, l'armée malienne avait renforcé ses positions et rassemblé des renforts à Anéfis et à Aguelhoc. Une source sécuritaire indépendante a confirmé que, si des bombardements aériens avaient frappé des cibles régionales les jours précédents, la colonne en progression n'a rencontré aucun combat direct sur la route. L'état-major général des armées maliennes a publié à la mi-journée un communiqué présentant cette mobilisation comme partie d'une campagne coordonnée sur l'ensemble du territoire du Nord.
Ces opérations ont pour objectif de traquer et de neutraliser les groupes terroristes armés opérant dans toute la région, de détruire leurs sanctuaires et leurs réseaux d'approvisionnement, et de rétablir durablement la sécurité des populations ainsi que la libre circulation des personnes et des biens.
Retrait séparatiste et frappes aériennes
La direction du FLA a annoncé son départ sur les réseaux sociaux, présentant cette décision comme une mesure opérationnelle temporaire destinée à préserver sa capacité militaire et à protéger les civils. Selon une source proche du commandement rebelle, les opérations aériennes menées par des appareils étatiques et russes s'étaient intensifiées trois jours avant l'avancée terrestre. Les séparatistes affirment que des bombardements aériens continus rendaient intenable le maintien de positions défensives fixes dans une ville peuplée. Le mouvement soutient que son repli visait à préserver ses effectifs et ses moyens logistiques tout en poursuivant son insurrection dans le nord du Mali.
Compte tenu des risques croissants pour les rares civils encore présents dans la ville, dus à l'usage disproportionné de moyens aériens par les mercenaires russes de l'Africa Corps et par les forces de la junte militaire de Bamako, le commandement militaire du FLA a décidé de procéder à un retrait stratégique de ses forces de la localité de Kidal.
Succession des contrôles dans le nord du Mali
La ville de Kidal a servi à plusieurs reprises de champ de bataille central depuis le début de la crise sécuritaire malienne en 2012. Les autorités militaires de transition, arrivées au pouvoir par des coups d'État en 2020 et 2021, avaient déjà repris la ville en novembre 2023 avec l'appui des contractuels russes du groupe Wagner. Cette position a été perdue fin avril 2026, lorsque le FLA et le Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), lié à al-Qaïda, ont lancé des attaques synchronisées à travers le Mali, notamment près de Bamako. Ces assauts coordonnés ont entraîné la mort du ministre malien de la Défense et contraint les troupes gouvernementales à céder Kidal à l'alliance insurgée.
- Les forces maliennes et les paramilitaires russes de Wagner reprennent Kidal aux insurgés.
- Les séparatistes du FLA et le JNIM s'emparent de Kidal lors d'attaques à l'échelle nationale qui tuent le ministre malien de la Défense.
- Les forces maliennes et russes lancent des frappes aériennes dans la région de Kidal.
- Un convoi d'environ 120 véhicules militaires quitte Anéfis en direction de Kidal.
- Les forces de l'armée malienne entrent à Kidal sans rencontrer de résistance après l'annonce d'un retrait par le FLA.


