
Les États-Unis bombardent des sites militaires iraniens après qu'un drone de Téhéran a touché un cargo dans le détroit d'Ormuz, brisant un cessez-le-feu d'une semaine
Des avions de combat américains ont frappé des dépôts de roquettes et de drones ainsi que des stations radar côtières en Iran vendredi, quelques heures après qu'un navire dans le détroit d'Ormuz a été touché par un drone iranien, menaçant un cessez-le-feu fragile et un effort diplomatique pour rouvrir le point de passage pétrolier le plus critique au monde.
L'attaque de drone de jeudi
Un cargo battant pavillon singapourien, le MV Ever Lovely, a été touché par un drone iranien à sens unique alors qu'il sortait du détroit d'Ormuz le long de la côte omanaise jeudi. L'autorité britannique du commerce maritime (UKMTO) a indiqué qu'un « projectile inconnu » a endommagé la passerelle du navire, mais que le cargo a pu poursuivre son voyage. L'incident s'est produit peu après que les Gardiens de la révolution iraniens ont averti que les navires ne seraient en sécurité que sur les routes approuvées par Téhéran. Le président américain Donald Trump, écrivant sur Truth Social, a déclaré qu'au moins quatre drones avaient été lancés et que trois avaient été abattus par les forces américaines.
C'est évidemment une violation insensée de notre accord de cessez-le-feu.
La riposte américaine vendredi
Le Commandement central américain (CENTCOM) a déclaré que des avions américains ont bombardé des sites de stockage de missiles et de drones iraniens ainsi que des installations radar côtières, qualifiant cette action de « réponse énergique » à l'attaque. Des explosions ont été signalées près de la ville iranienne de Sirik, dans la province du Hormozgan, le long du golfe Persique. Le CENTCOM a qualifié l'action de l'Iran d'« agression injustifiée » et de violation claire de la trêve. Ces frappes marquent la première action militaire américaine contre l'Iran depuis la conclusion d'un cessez-le-feu préliminaire.
L'agression injustifiée des forces iraniennes contre la navigation marchande constitue une violation claire du cessez-le-feu.
Cessez-le-feu sous tension
Il y a à peine une semaine, Washington et Téhéran ont scellé un accord-cadre pour mettre fin aux hostilités et rouvrir le détroit d'Ormuz, que l'Iran avait bloqué peu après le début des frappes américaines et israéliennes début mars. L'accord a lancé une période de négociation de 60 jours couvrant le programme nucléaire iranien, l'avenir du détroit et d'autres questions de sécurité. L'attaque de drone et la riposte américaine mettent désormais ces négociations en doute.
- Accord-cadre de cessez-le-feu conclu ; phase de négociation de 60 jours commence.
- Un drone iranien frappe le MV Ever Lovely ; le navire est endommagé mais continue.
- Trump accuse l'Iran, prévient des conséquences.
- Des frappes aériennes américaines touchent des sites militaires iraniens près de Sirik.
Crise des marins
Avant ces dernières violences, l'Organisation maritime internationale (OMI) avait commencé à évacuer les équipages de centaines de navires bloqués dans le détroit depuis le début du blocus. L'attaque contre l'Ever Lovely a mis fin à cette opération, laissant environ 11 000 marins bloqués, selon l'OMI. Le détroit assure une part substantielle des expéditions mondiales de pétrole, et toute perturbation prolongée menace les marchés de l'énergie.
Répercussions régionales
Parallèlement à l'escalade entre les États-Unis et l'Iran, le Hezbollah, soutenu par l'Iran, a signalé qu'il n'accepterait pas un accord-cadre entre le Liban et Israël à moins qu'Israël ne se retire complètement du Liban. Hassan Fadlallah, membre du bloc parlementaire du Hezbollah, a déclaré que l'accord ne pourrait être appliqué que par une guerre civile soutenue par les États-Unis et que le groupe conserverait ses armes. Parallèlement, les médias arabes ont rapporté que des discussions techniques entre les États-Unis et l'Iran sont prévues dimanche et lundi à la station de Bürgenstock, en Suisse, visant à stabiliser la situation dans le Golfe.


