
Les États-Unis annoncent le retrait de jusqu'à 200 000 visas touristiques et d'affaires détenus par des demandeurs d'asile
Le Département d'État et le Département de la Sécurité intérieure s'apprêtent à annuler les visas B1 et B2 délivrés entre 2016 et 2026 à des étrangers qui ont ensuite demandé l'asile aux États-Unis.
Portée des annulations de visas
Le gouvernement américain a annoncé mardi son intention de révoquer les visas de court séjour détenus par des ressortissants étrangers ayant ensuite demandé l'asile. Le Département d'État se coordonne avec le Département de la Sécurité intérieure pour identifier et annuler les visas non-immigrants accordés à des personnes entrées dans le pays avec un statut temporaire avant de demander un statut permanent. Selon des documents officiels et des responsables, la mesure cible les visas B1 (affaires) et B2 (tourisme) délivrés entre 2016 et 2026. La Maison-Blanche a décrit ces annulations prévues sur les réseaux sociaux comme la plus grande révocation massive de visas de l'histoire des États-Unis, des rapports indiquant que jusqu'à 200 000 personnes pourraient être concernées. Des responsables du Département d'État ont noté que les annulations n'auront pas lieu d'un seul coup, mais se feront progressivement par vagues dynamiques.
- Donald Trump prend ses fonctions et commence à déployer des politiques d'immigration restrictives
- Le Département d'État signale plus de 175 000 visas révoqués sur une période de 18 mois
- La juge Jeannette A. Vargas annule une interdiction de visas de l'administration couvrant 75 pays
- Le Département d'État annonce son intention de révoquer jusqu'à 200 000 visas B1 et B2 détenus par des demandeurs d'asile
Justification de l'administration et accusations de fraude
Les responsables américains ont justifié cette mesure en arguant que l'utilisation de catégories d'entrée temporaires pour établir une résidence permanente viole les conditions d'octroi des permis de visite. Le porte-parole du Département d'État, Tommy Pigott, a déclaré que les visas de court séjour exigent des titulaires qu'ils maintiennent une intention explicite de retourner dans leur pays d'origine. Obtenir un visa de visiteur tout en ayant l'intention de demander l'asile est considéré comme une fraude par l'administration, fournissant des motifs formels de révocation. Pigott a souligné que sous la direction du président Donald Trump et du secrétaire d'État Marco Rubio, les documents d'entrée sont traités comme des privilèges et non comme des droits. Le secrétaire d'État adjoint Christopher Landau a également abordé cette politique publiquement.
L'asile ne doit pas être une échappatoire pour contourner les lois sur l'immigration.
Dans le cadre des nouvelles règles, les ressortissants étrangers demandant des visas B1 et B2 doivent s'engager à ne pas demander l'asile après leur entrée aux États-Unis. Les visiteurs potentiels doivent également fournir des preuves démontrant leur intention de rentrer chez eux à la fin de leur séjour. Les responsables ont noté que l'annulation d'un visa n'entraîne pas automatiquement l'expulsion immédiate de la personne concernée.
Mesures antérieures et ajustements consulaires
Ces révocations planifiées s'inscrivent dans le cadre d'efforts de contrôle plus larges entrepris depuis le retour du président Trump en janvier 2025. Plus tôt en août, le Département d'État a révélé avoir déjà révoqué plus de 175 000 visas détenus par des citoyens étrangers au cours des 18 mois précédents. Ces annulations précédentes ciblaient des personnes condamnées ou inculpées pour des infractions pénales, notamment la conduite en état d'ivresse, le vol et le viol. Des visas ont également été révoqués pour des personnes qui s'étaient opposées publiquement à la politique étrangère américaine au Moyen-Orient, avaient célébré le meurtre de l'activiste conservateur Charlie Kirk, appelé à la violence contre des citoyens américains, ou avaient autrement violé les conditions de leur visa. En outre, le Département d'État a ordonné aux ambassades et consulats américains de reprogrammer les entretiens de visa afin de permettre au personnel consulaire de suivre une formation sur les directives plus strictes.
Ces types de visas sont délivrés avec la claire compréhension qu'ils sont destinés à ceux qui ont l'intention de rentrer chez eux.
Contentieux juridiques et traitement des demandes d'asile
Cette nouvelle initiative d'annulation de visas fait suite à des contentieux juridiques en cours concernant les politiques d'immigration de l'administration. Le 21 août 2026, la juge Jeannette A. Vargas du tribunal de district des États-Unis à New York a annulé une directive de l'administration visant à suspendre la délivrance de visas pour les demandeurs de 75 pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine. Le tribunal a estimé que le motif présenté par le secrétaire Rubio, selon lequel les visiteurs de ces pays deviendraient une charge publique, manquait de fondement juridique. Par ailleurs, le Département de la Sécurité intérieure a suspendu le traitement et l'examen des demandes d'asile, malgré une ordonnance judiciaire exigeant la poursuite des examens. Les annulations de visas devraient faire l'objet de nouveaux recours juridiques à mesure que la mise en œuvre progresse.

