
Le rapport PISA 2025 de l'OCDE révèle les scores mondiaux les plus bas, la France perdant 43 points en lecture
L'OCDE a publié sa neuvième enquête PISA portant sur 91 systèmes éducatifs le 8 septembre 2026, enregistrant les résultats moyens les plus bas jamais observés tandis que les systèmes asiatiques conservaient les premières places.
Résultats mondiaux sur 91 systèmes éducatifs
L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a présenté les résultats de son neuvième Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) le 8 septembre 2026. L'enquête triennale a évalué 760 000 élèves de 15 ans dans 91 pays et économies, testant leurs compétences en mathématiques, en compréhension de l'écrit et en sciences. Singapour et quatre provinces chinoises ont dominé le classement mondial, le Japon et la Corée du Sud conservant également les premières places. En Europe, l'Estonie a obtenu la quatrième place en sciences, tandis que le Royaume-Uni s'est classé sixième. Cependant, l'OCDE a enregistré la performance moyenne globale la plus basse depuis le début de l'étude en 2000. La compréhension de l'écrit a enregistré la baisse mondiale la plus forte, incitant Andreas Schleicher, directeur de la direction de l'éducation de l'OCDE, à rappeler que les baisses d'apprentissage vont bien au-delà de la perturbation immédiate de la pandémie.
- L'OCDE lance la première étude PISA pour évaluer les compétences des élèves de 15 ans.
- L'enquête PISA mesure des baisses généralisées initialement liées aux perturbations de la Covid-19.
- L'OCDE publie la neuvième édition de PISA couvrant 760 000 élèves dans 91 systèmes.
Les scores français atteignent les niveaux les plus bas jamais enregistrés en maths et en lecture
La France a enregistré ses scores les plus bas en compréhension de l'écrit et en mathématiques depuis le début de l'enquête PISA, tout en restant proche de la moyenne OCDE. Les données à long terme montrent également un déclin de 20 ans des capacités scientifiques, bien que les scores en sciences aient mieux résisté qu'en lecture et en mathématiques. L'analyste de l'éducation Eric Charbonnier a noté que la trajectoire descendante, déjà observée entre 2018 et 2022, a réduit la proportion d'élèves très performants dans tout le pays. Entre 2015 et 2025, les élèves français ont perdu 43 points en lecture et 35 points en mathématiques.
Baptiste Larseneur, expert en éducation à l'Institut Montaigne, a contrasté cette baisse avec les tendances internationales :
Entre 2015 et 2025, la France a perdu 43 points en lecture et 35 points en mathématiques. Une baisse bien plus forte que celle observée dans les autres pays de l'OCDE, qui enregistrent une diminution moyenne de 27 points en lecture et 24 points en mathématiques.
- France (lecture)
- 43 points
- Moyenne OCDE (lecture)
- 27 points
- France (mathématiques)
- 35 points
- Moyenne OCDE (mathématiques)
- 24 points
Changements comportementaux et engagement des élèves
L'analyse des réponses aux tests informatisés a révélé des changements comportementaux notables chez les élèves entre 2018 et 2025. Confrontés à des textes longs ou à des questions nécessitant une évaluation et une réflexion plus approfondies, les jeunes de 15 ans ont fourni moins d'efforts et obtenu des taux de réussite plus faibles. Les élèves ont répondu aux questions nettement plus vite et ont commis plus d'erreurs que lors des cycles d'évaluation précédents. Les analystes ont lié ce changement à l'omniprésence des smartphones, des réseaux sociaux et de l'intelligence artificielle, ainsi qu'à une érosion de la lecture plaisir. En revanche, les élèves français ont conservé un enthousiasme pour l'apprentissage des sciences, que les élèves perçoivent comme moderne et accessible, ce qui a contribué à amortir les baisses les plus fortes dans cette matière.
Pratiques de classe et réactions politiques
Les données de 2025 ont suscité un examen minutieux des méthodes d'enseignement et de la mise en œuvre des programmes en France. Si la France prévoit sur le papier plus de temps d'enseignement pour les matières fondamentales que d'autres pays de l'OCDE, des questions subsistent quant au temps d'apprentissage effectif en classe. Les spécialistes de l'éducation ont pointé des habitudes d'enseignement dont l'efficacité reste contestée par la recherche scientifique, notamment l'enseignement de la lecture inspiré de méthodes semi-globales. En réponse à ces résultats, le ministre français de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a évoqué la nécessité de réformer l'enseignement au collège :
Nous aurions dû nous interroger plus tôt sur les mesures à prendre pour le collège.


