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Le PSOE et le PP s'unissent pour rejeter la proposition de Podemos visant à supprimer les pénalités de retraite anticipée pour les cotisants de 40 ans

Le Congrès espagnol a rejeté jeudi un amendement de Podemos qui aurait supprimé les coefficients réducteurs pour les retraités anticipés ayant cotisé au moins 40 ans. Le PSOE au pouvoir et le PP d'opposition se sont unis pour faire échouer la mesure, suscitant l'indignation des pensionnés concernés.

Le vote

Le 11 juin 2026, le Congrès des députés a rejeté un amendement proposé par Podemos visant à supprimer les coefficients réducteurs pour les travailleurs partant à la retraite anticipée après avoir accumulé 40 années ou plus de cotisations à la Sécurité sociale. L'amendement était rattaché à une loi créant une voie volontaire permettant aux professionnels affiliés de transférer leurs cotisations de mutuelle dans le régime de la Sécurité sociale. Le PSOE et le PP ont voté contre la mesure, tandis que Vox s'est abstenu et que les autres partis — dont Sumar, partenaire de coalition du PSOE, ainsi que Junts, l'UPN et la Coalición Canaria — l'ont soutenue.

Le système de pénalités

Les travailleurs espagnols qui partent à la retraite avant l'âge légal subissent des réductions permanentes de leur pension mensuelle. L'âge légal de départ à la retraite est de 65 ans pour ceux qui justifient d'au moins 38 ans et 3 mois de cotisations, ou de 66 ans et 10 mois pour ceux dont la durée de cotisation est plus courte. Les coefficients réducteurs vont de 3 % à 21 % de la pension, selon l'âge de départ anticipé et le nombre total d'années cotisées. Selon les règles actuelles, même un travailleur avec environ 41,5 années de cotisations qui part à la retraite près de deux ans plus tôt peut subir une réduction d'environ 15 %.

L'argument du coût

Le PSOE et le PP ont fait valoir que la suppression des pénalités imposerait un coût insoutenable au système public. Le gouvernement a chiffré la facture annuelle à 3 358 millions d'euros. Sur ce total, 1 345 millions d'euros proviendraient de la suppression des réductions pour les départs volontaires anticipés et 2 013 millions d'euros pour les cas de départs anticipés involontaires.

Coût annuel estimé de la suppression des pénalités de retraite anticipée (millions d'euros)
Départ anticipé volontaire
1345
Départ anticipé involontaire
2013

Des positions changeantes

Ce vote marque un revirement pour le PSOE, qui avait soutenu en novembre 2025 une motion non contraignante de Podemos demandant la même modification de politique. Cette motion antérieure n'avait aucune force législative ; l'amendement de jeudi aurait eu force de loi. Le PP a également durci sa position, s'étant abstenu en novembre avant de voter contre cette fois-ci. L'issue a conduit l'association des pensionnés concernés, ASJUBI40, à qualifier la décision de « traición histórica ».

Le PP et le PSOE ont voté contre le fait de permettre aux retraités qui ont cotisé plus de 40 ans de percevoir leur pension intégrale. Le bipartisme contre les retraités, encore une fois, comme en 2011, comme toujours. Des armes oui, des retraites non. C'est insupportable.

Réactions

ASJUBI40 a accusé les deux partis d'hypocrisie, notant que le PSOE avait employé un langage de sympathie durant le débat mais avait finalement voté contre la proposition. Le groupe, qui représente les travailleurs ayant vu leur pension réduite de manière permanente malgré quatre décennies de cotisations, a déclaré qu'il lancerait une campagne agressive contre les socialistes. La dirigeante de Podemos, Ione Belarra, avait exhorté le PSOE avant le vote à se ranger du côté du peuple, qualifiant la situation actuelle d'absolument injuste pour les quelque 900 000 retraités concernés.

Madrid

7 sources

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