
Le gouvernement grec et le parti de Tsipras s'affrontent sur le coût d'un programme économique de 13 milliards d'euros
Le gouvernement grec et le parti ELAS d'Alexis Tsipras ont échangé des accusations sur le coût budgétaire du plan économique quadriennal de l'opposition présenté à Thessalonique.
Le différend de Thessalonique
Une vive confrontation politique a éclaté entre le gouvernement grec et la Coalition de la gauche hellénique (ELAS), dirigée par l'ancien Premier ministre Alexis Tsipras, au sujet du coût de la plateforme économique présentée à Thessalonique. Le porte-parole du gouvernement, Pavlos Marinakis, a qualifié les propositions de l'opposition de tromperie politique, affirmant qu'ELAS avait présenté des promesses non financées qui coûteraient 13 milliards d'euros par an. Les responsables gouvernementaux ont déclaré que Tsipras avait divisé le financement annuel sur plusieurs années pour masquer le coût réel des subventions aux étudiants, des promesses municipales et des nominations dans l'éducation. Marinakis a noté que les coûts de logement pour 50 000 logements avaient été entièrement omis du calcul de l'opposition. En réponse, les responsables d'ELAS ont indiqué que le parti avait réussi à orienter l'agenda politique national pendant quatre jours consécutifs.
Alors que dans son discours, M. Tsipras a promis un soutien à 80 000 étudiants de 500 euros par mois, dans la note du parti, il divise le coût annuel de 400 millions par quatre, soit 100 millions par an. Cela correspond à un soutien de 125 euros par mois et non de 500.
Des calculs budgétaires concurrents
ELAS a fermement rejeté l'évaluation du gouvernement, publiant une ventilation technique détaillée pour défendre son calcul contre les accusations d'imprudence budgétaire. Les responsables du parti ont déclaré que le programme économique est conçu comme un cadre quadriennal couvrant 2027 à 2030, avec des mesures mises en œuvre progressivement plutôt que comme une hausse des dépenses sur une seule année. Selon le modèle ELAS, les nouvelles interventions budgétaires totalisent 7,546 milliards d'euros sur le cycle de quatre ans, compensées par 2,020 milliards d'euros de recettes publiques supplémentaires projetées. Cela donne un impact budgétaire net de 5,526 milliards d'euros, qui se situe dans les 5,6 milliards d'euros d'espace budgétaire disponible estimé et laisse une marge de sécurité de 74 millions d'euros. Les responsables d'ELAS ont maintenu que les programmes quadriennaux ne réinitialisent pas les dépenses permanentes chaque décembre.
- Interventions brutes
- 7.546 mds €
- Recettes supplémentaires
- 2.02 mds €
- Impact budgétaire net
- 5.526 mds €
- Espace budgétaire disponible
- 5.6 mds €
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Mesures sectorielles contestées
Le différend technique porte sur plusieurs lignes de dépenses et de recettes spécifiques dans l'éducation publique, la santé et la fiscalité des entreprises. Pour le recrutement prévu de 30 000 enseignants, le gouvernement a calculé une dépense annuelle de 570 millions d'euros, tandis qu'ELAS a estimé le coût annuel net supplémentaire à 150 millions d'euros. L'opposition a fait valoir que la plupart des recrutés sont des enseignants suppléants déjà payés par le budget de l'État pour 10 mois par an, ne nécessitant que deux mois supplémentaires de financement salarial. Concernant les frais de médicaments sur ordonnance, ELAS a présenté une mesure progressive de 900 millions d'euros répartie également entre 2029 et 2030 pour éliminer les tickets modérateurs privés, sur la base de 800 millions d'euros de tickets modérateurs privés en 2024 ajustés pour une inflation des prix de 12,5 %. Le parti a également budgétisé un impact financier maximal de 400 millions d'euros en 2030 pour la réduction des acomptes d'impôt sur les sociétés.
- Coût annuel net du recrutement d'enseignants
- 150 M€
- Suppression du ticket modérateur (2029-2030)
- 900 M€
- Impact de l'acompte d'impôt sur les sociétés (2030)
- 400 M€
- Marge de sécurité dans l'espace budgétaire
- 74 M€
Fiscalité et examen institutionnel
Les désaccords ont également porté sur les déclarations de patrimoine et les prélèvements proposés sur les tranches de revenus élevés. Le ministre d'État Akis Skertsos a fait valoir que les estimations de recettes de l'impôt sur la fortune n'étaient pas fiables, notant que l'application d'un taux de 1 % à 14,5 milliards d'euros de revenus imposables déclarés parmi les citoyens riches ne rapporterait que 145 millions d'euros. ELAS a rétorqué que les recettes projetées de sa contribution patriotique proposée n'étaient même pas incluses dans le chiffre de base de 2,020 milliards d'euros. L'opposition a accusé les ministères de double compter les factures salariales existantes et les fonds d'investissement publics pour gonfler les projections de coûts. Les représentants d'ELAS se sont dits prêts à soumettre l'intégralité du programme économique au Conseil budgétaire hellénique, bien que la soumission formelle ne puisse avoir lieu avant le 1er novembre en vertu des règles institutionnelles en vigueur.


