Les rendements obligataires de CoreWeave dépassent 15 %, la vente d'actions et de dette liée à l'IA s'aggrave
L'action CoreWeave a chuté de plus de 15 % et les rendements de ses obligations ont dépassé 15 % le mercredi 14 octobre, alors qu'une lecture de l'inflation américaine plus élevée que prévu a poussé les rendements des Treasuries à la hausse. Le PDG Michael Intrator a imputé cette chute à un marché agissant de manière irrationnelle.
Obligations et actions en baisse
Les obligations de CoreWeave ont connu mercredi 14 octobre leur deuxième journée consécutive de ventes, portant leurs rendements au-dessus de 15 % (Axios). Les rendements montent quand les prix baissent : les acheteurs exigeaient donc bien davantage pour détenir la dette de l'entreprise. L'action a reculé d'environ 15,5 %, sa pire chute depuis février, selon Axios, tandis que Les Echos chiffraient la perte sur le Nasdaq à 15,46 % et Parkiet rapportait une baisse de 16 %. Bloomberg indiquait le même jour que la dette non garantie de l'entreprise arrivant à échéance en 2032 se négociait sous 80 cents pour un dollar.
Une vente plus large liée à l'IA
L'indice des semi-conducteurs SOX a reculé mercredi pour une sixième séance consécutive et perd 7,5 % ce mois-ci, selon Axios. Le média évoquait aussi une série de reports d'introductions en bourse, dont celle de Firmus, un opérateur australien de centres de données soutenu par Nvidia, signe selon lui que les investisseurs s'inquiètent de certaines valorisations liées à l'IA. Luis Alvarado, de Wells Fargo Investment Institute, a déclaré à Parkiet que les investisseurs réclament de plus en plus une rémunération du risque. Selon lui, la période d'accès facile à l'argent qui a duré les neuf premiers mois de l'année touche à sa fin. John Atkins, qui suit les obligations d'entreprises chez PitchBook, a livré à Axios sa lecture de cette vague de ventes :
CoreWeave est un baromètre du versant le plus risqué du sentiment envers les hyperscalers.
Taux et chiffre d'inflation
Mercredi matin, un indice des prix à la consommation de septembre plus élevé que prévu a fait bondir les rendements des Treasuries, le 10 ans américain franchissant brièvement 5,30 %, selon Axios. Le média notait que les obligations d'entreprises peuvent profiter d'une hausse des rendements souverains portée par une croissance solide, mais que des mouvements brusques des rendements souverains déclenchent souvent des ventes par contagion sur la dette d'entreprise, selon les analystes. Axios indiquait que la cause immédiate des ventes était difficile à identifier, même si la hausse des taux a pu y contribuer. Parkiet estimait le rendement à l'échéance à 14,8 % pour les titres CoreWeave à coupon de 9,625 % arrivant à échéance en 2032 et à environ 14,9 % pour ses titres à coupon de 9,75 % arrivant à échéance en 2031.
- Titres 2032 (coupon 9,625 %)
- 14.8 %
- Titres 2031 (coupon 9,75 %)
- 14.9 %
Musk et le débat sur la bulle du crédit
Elon Musk a répondu à un graphique montrant les rendements obligataires de CoreWeave grimper vers 15 % par un message d'un mot, que Bloomberg a rapporté comme « Yikes ». L'investisseur en capital-risque Chamath Palihapitiya a partagé le graphique et averti qu'une bulle du crédit privé pourrait se former autour de l'industrie de l'IA. Son analyse projette une hausse des dépenses d'investissement d'Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft, Oracle et Space Exploration Technologies, de 470 mds $ en 2025 à plus de 1 300 mds $ d'ici 2027. Ses graphiques montrent un prêt direct aux emprunteurs américains passant de 96 mds $ en 2010 à environ 2 400 mds $ en 2025, les entreprises technologiques représentant 1 050 mds $, soit 44 %, du marché du prêt direct en 2025. Il cite aussi plus de 500 mds $ de prêts impayés aux éditeurs de logiciels (SaaS).
La réponse de CoreWeave
Le directeur général de CoreWeave, Michael Intrator, a imputé la chute au marché et déclaré au personnel dans une note interne mercredi qu'il avait confiance dans le modèle d'affaires de l'entreprise.
Quand on bâtit un nouveau type d'entreprise technologique, il y a des périodes où le marché comprend mal et agit de manière irrationnelle.
Selon Bloomberg Business, le carnet de commandes de l'entreprise est suffisamment important pour couvrir largement ses obligations de dette. Axios écrivait que l'épisode semble avoir ébranlé les investisseurs quant à l'essor de l'IA, même si les marchés dépassent souvent la mesure.
