
Beatrice, 2 ans, est morte après des mois de passages à tabac «sauvages» par sa mère et son compagnon ; arrestations à Bordighera
La police italienne a arrêté Manuel Iannuzzi et la mère de Beatrice, âgée de deux ans, samedi, les accusant de mois de passages à tabac «sauvages» ayant abouti à une blessure mortelle à la tête, puis d'une dissimulation impliquant une mise en scène de la mort et un corps transporté en voiture.
Une enquête de plusieurs mois sur la mort d'une fillette de deux ans à Bordighera a abouti à l'arrestation du compagnon de sa mère, avec de nouvelles charges retenues contre la mère, déjà en détention. L'affaire a brisé la version initiale d'un accident tragique, révélant ce que les procureurs décrivent comme un régime de sévices «sauvages» et «cruels».
La dissimulation se dévoile
Le matin du 9 février, la mère, Manuela Aiello, a appelé les secours à son domicile de Montenero, affirmant qu'elle venait de se réveiller et avait trouvé sa fille Beatrice inconsciente dans son lit. Elle a suggéré que l'état de l'enfant était dû à une chute survenue deux jours plus tôt. Les premiers secours ont immédiatement douté de son récit, notant la rigidité initiale de la mâchoire et de multiples ecchymoses et écorchures sur le corps, qui semblaient incompatibles avec un accident récent.
Il y a eu des tentatives d'induire l'enquête en erreur.
Les Carabiniers ont utilisé les caméras de circulation et les lecteurs de plaques d'immatriculation pour reconstituer les déplacements de la mère ce matin-là. Ils ont découvert qu'elle avait conduit de la maison de son compagnon à Perinaldo jusqu'à son propre domicile peu avant 8 heures, avec Beatrice déjà morte depuis environ six heures, enveloppée dans une couverture rouge.
Un week-end d'horreur
L'enquête a révélé que Beatrice est morte le soir du samedi 7 février, dans la maison isolée de Manuel Iannuzzi à Perinaldo. Elle a subi un traumatisme crânien fatal par force contondante. Dans les 36 heures précédant la découverte de son corps, Iannuzzi et Aiello ont tenté de la ranimer en l'immergeant dans de l'eau froide et en lui donnant de l'eau sucrée, le tout devant ses deux sœurs aînées, âgées de 6 et 9 ans.
Ils lui ont mis la tête sous l'eau pour voir si elle reviendrait à elle.
Les sœurs aînées, désormais dans un établissement protégé, ont finalement fourni un témoignage crucial qui a démantelé la version initiale selon laquelle Beatrice était tombée dans les escaliers. Elles ont décrit avoir été instruites par Iannuzzi et leur mère sur ce qu'elles devaient dire aux enquêteurs.
Preuves de sévices prolongés
L'autopsie et l'enquête qui a suivi ont mis au jour un schéma de sévices qui allait bien au-delà d'un seul incident mortel. L'ordonnance de détention de 33 pages du juge détaille une litanie de violences : gifles, coups de poing au visage et au corps, arrachage de cheveux, coups de pied, coups de pantoufle, et jets contre les murs et le sol. L'enfant a également été battue avec un cordon électrique, des chargeurs et une ceinture.
Le juge a parlé d'un régime de prévarication oppressive et d'une continuation intolérable de la cohabitation.
Un témoin lors d'un dîner chez Iannuzzi le vendredi soir a décrit Beatrice comme «souffrant énormément», gémissant et pleurnichant avec une «grande ecchymose violette sur sa mâchoire droite s'étendant jusqu'à son cou». Aiello aurait refusé de l'emmener à l'hôpital, craignant que le grand-père paternel n'utilise la situation pour demander la garde des enfants.
Preuves numériques et arrestations
La percée décisive est venue de l'analyse du téléphone portable d'Iannuzzi. Les enquêteurs ont trouvé des centaines de messages détaillant les sévices et la négligence, ainsi que des photos de Beatrice avec un visage enflé et meurtri. Ils ont également découvert une vidéo dans laquelle la fillette de deux ans est forcée de fumer une cigarette tandis que des adultes rient et qu'elle fond en larmes.
Le matin du samedi 30 mai, les Carabiniers ont arrêté Manuel Iannuzzi, 42 ans, au domicile de ses parents à Vallecrosia. Lors de la perquisition, les agents ont découvert environ deux kilogrammes de TNT et une mèche dans la cave, conduisant à l'arrestation séparée de son père, Franco Iannuzzi, pour possession de matière explosive. Manuela Aiello, déjà emprisonnée à Gênes pour homicide prétérintentionnel, a reçu une nouvelle ordonnance de détention pour la même charge que son compagnon : mauvais traitements aggravés et continus ayant entraîné la mort d'une mineure.
- Beatrice subit un traumatisme crânien fatal par force contondante au domicile d'Iannuzzi à Perinaldo. Iannuzzi et Aiello tentent de la ranimer avec de l'eau froide et du sucre.
- Aiello appelle le 112 depuis son domicile à Montenero, affirmant avoir trouvé Beatrice inconsciente. Les premiers secours notent que le corps présente des signes de mort remontant à plusieurs heures.
- Les Carabiniers utilisent les caméras de circulation pour prouver qu'Aiello a transporté le corps de Beatrice depuis Perinaldo ce matin-là. Aiello est arrêtée mais la détention initiale n'est pas validée ; elle est ensuite placée en détention provisoire.
- Manuel Iannuzzi est arrêté au domicile de ses parents à Vallecrosia. Aiello reçoit une nouvelle ordonnance de détention pour mauvais traitements aggravés. Franco Iannuzzi est arrêté pour possession d'explosifs.
Le procureur Alberto Lari, visiblement ému, a expliqué la décision d'agir avant que les rapports médico-légaux finaux du RIS de Parme ne soient complets. «Humainement, nous ne pouvions pas continuer ainsi», a-t-il déclaré. «Nous pensions avoir déjà des preuves très substantielles et le temps passait.» Iannuzzi devrait être interrogé pour la première fois mardi.


