
Les tireurs d'extrême droite font appel de leurs peines pour le meurtre du rugbyman Federico Martín Aramburú à Paris en 2022
Loïk Le Priol et Romain Bouvier ont fait appel de leurs peines de 26 et 19 ans de prison pour la mort par balle, en 2022 à Paris, de l'ancien international argentin de rugby Federico Martín Aramburú.
Les appels ouvrent la voie à un second procès
Les deux hommes condamnés pour la mort par balle de l'ancien international argentin de rugby Federico Martín Aramburú ont fait appel de leurs peines, ce qui garantit un second procès criminel à Paris. Loïk Le Priol, ancien militaire de 32 ans, a déposé son appel le 5 octobre 2026, au dernier jour du délai légal. Son coaccusé, Romain Bouvier, 35 ans, a fait appel le 2 octobre 2026 par l'intermédiaire de sa défense. Ces recours font suite à un procès de trois semaines devant la cour d'assises de Paris, consacré au meurtre du 19 mars 2022.
- Federico Martín Aramburú est tué par balle dans le centre de Paris.
- Romain Bouvier est arrêté dans la Sarthe par la BRI.
- La cour d'assises de Paris condamne Le Priol à 26 ans et Bouvier à 19 ans de prison.
- La défense de Bouvier annonce un appel de sa condamnation.
- Le Priol fait appel de sa peine de 26 ans.
Le verdict de la cour d'assises de Paris
Le 25 septembre 2026, la cour d'assises de Paris a condamné Le Priol à 26 ans de prison pour meurtre et Bouvier à 19 ans pour tentative de meurtre. La cour n'a pas retenu la préméditation à l'encontre des deux accusés, qui avait initialement qualifié les faits d'assassinat pour Le Priol et de tentative d'assassinat pour Bouvier. Au moment de rendre le verdict, le président Franck Zientara a décrit la dynamique violente entre les deux militants d'extrême droite avant de prononcer les peines.
Federico Martin Aramburu a été victime de l'alchimie mortelle du duo formé par Loïk Le Priol et Romain Bouvier, tous deux animés par une même fascination pour les armes et la violence.
- Loïk Le Priol
- 26 ans
- Romain Bouvier
- 19 ans
L'affrontement et la fusillade mortelle
L'affrontement mortel a eu lieu le 19 mars 2022 dans le centre de Paris, après une première altercation en terrasse d'une brasserie parisienne. Aramburú marchait sans arme avec son ami Shaun Hegarty, lui aussi ancien joueur de rugby, lorsque les accusés les ont abordés. Bouvier a tiré le premier avant que Le Priol n'arrive et ne tire six balles en quatre secondes. Au total, les deux tireurs ont tiré dix balles sur l'athlète désarmé. Quatre balles ont touché Aramburú, dont trois dans le dos, deux d'entre elles étant mortelles. Bouvier a fui Paris et a séjourné au Grand Hotel de Solesmes, cherchant brièvement refuge près d'une abbaye bénédictine avant d'être arrêté par la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) dans la Sarthe le 23 mars 2022.
Les arguments de la défense et le contexte idéologique
Tout au long des trois semaines d'audience, les deux accusés ont nié toute intention de tuer. Ils ont affirmé n'avoir tiré que pour se dégager, disant craindre la force physique d'Aramburú et de Hegarty. La cour a rejeté leur thèse selon laquelle la violence initiale aurait été déclenchée par les rugbymen. L'avocat de la défense Hugues Vigier a expliqué la position de Bouvier sur la qualification juridique de ses actes.
Il a dit qu'il acceptait d'être condamné au maximum pour ce qu'il a fait, pas pour ce qu'il n'a pas fait. Il reconnaît des violences volontaires avec arme et une incapacité totale de travail supérieure à huit jours, mais pas une tentative d'homicide.
Vigier a également soutenu que le procès s'était trop concentré sur les liens politiques des accusés plutôt que sur les faits immédiats. Bouvier était membre du Groupe Union Défense (GUD), un groupuscule étudiant d'extrême droite que les autorités françaises ont dissous en 2024. Le procès en appel réexaminera la chronologie des faits de la fusillade et les peines infligées aux deux hommes.

