
Le Portugal publie des règles pour les médecins temporaires face aux craintes d'un effondrement des soins en zone rurale
Un décret-loi publié le 16 juin introduit des pénalités pour les absences, restreint l'embauche d'anciens médecins du SNS et permet aux médecins salariés de travailler comme médecins temporaires ailleurs, mais les syndicats médicaux préviennent qu'il accélérera l'exode du système public et aggravera les inégalités entre les hôpitaux urbains et ruraux.
Le nouveau cadre juridique
Le décret-loi 115/2026 du Portugal, publié au Diário da República le 16 juin, réglemente l'embauche de médecins en tant que prestataires de services dans le Service national de santé (SNS). Il entre en vigueur le 1er juillet, avec une période de transition jusqu'au 31 décembre pour l'adaptation des contrats existants. Le gouvernement vise à réduire une ligne de dépenses qui a atteint près de 250 millions d'euros en 2024, selon le même article.
Pénalités et évaluations
Un changement clé est une pénalité de 50 % sur la rémunération du prochain service si un médecin temporaire ne se présente pas sans préavis d'au moins 48 heures. Le décret introduit également des évaluations périodiques des performances par les directeurs cliniques des hôpitaux, couvrant la qualité des soins et le respect des contrats. Le renouvellement du contrat dépendra d'une évaluation positive, et les contrats sont plafonnés à trois ans. La mesure cible des incidents comme la fermeture des urgences obstétriques à l'hôpital Garcia de Orta à l'été 2024 en raison d'une absence de dernière minute.
Incompatibilités et exceptions
La loi interdit d'embaucher des médecins ayant quitté le SNS au cours des deux dernières années, des spécialistes qui refusent de postuler à des postes vacants dans un rayon de 60 km, et ceux exemptés de garde ou ayant déjà travaillé la limite légale d'heures supplémentaires (250 heures). Les non-spécialistes ne peuvent être recrutés qu'exceptionnellement pour les services d'urgence sous la supervision d'un spécialiste. Cependant, après de vives critiques de la communauté médicale, la version finale a abandonné une interdiction qui aurait empêché les médecins salariés du SNS de travailler comme prestataires temporaires dans d'autres unités publiques, une interdiction que le président de l'Association des prestataires de services médicaux temporaires (AMPS), Nuno Sousa, avait qualifiée d'« homicide ». Le décret comprend également une soupape de sécurité pour les hôpitaux mal desservis, où des services entiers dépendent souvent de médecins temporaires.
Réaction des associations médicales
La Fédération nationale des médecins (FNAM) a accusé le gouvernement d'accélérer le départ des médecins du SNS.
Beaucoup de ces médecins opteront pour le secteur privé ou l'étranger, en fait de manière plus accélérée qu'aujourd'hui.
Elle a soutenu que le décret ignore la réalité des régions intérieures et de l'Algarve, où les médecins temporaires maintiennent des services comme l'obstétrique, l'anesthésiologie, la radiologie, la pédiatrie, l'orthopédie, la cardiologie et la médecine interne. Sans eux, de nombreux services « n'auront pas l'ampleur nécessaire pour fonctionner » et les patients en souffriront. La FNAM a également remis en question l'absence d'une étude d'impact et la capacité des organismes de contrôle à auditer les grandes entreprises dominantes sur le marché.
Transition et prochaines étapes
Le gouvernement doit encore publier un arrêté ministériel définissant les niveaux de rémunération. Pendant la période transitoire de trois mois, des contrats non encore conformes peuvent être signés ; les accords existants doivent être alignés d'ici la fin de l'année. L'AMPS a déploré que sa demande clé, l'intégration des médecins temporaires dans le personnel permanent du SNS, ait été laissée de côté dans le texte final.
- Décret-loi approuvé par le Conseil des ministres
- Décret-loi publié au Diário da República
- Décret-loi entre en vigueur
- Les contrats existants doivent être adaptés aux nouvelles règles


