
Manifestations pour le logement à Porto et charge policière : affrontement au Parlement portugais
La police a chargé des manifestants pour le logement à Porto dans la nuit du jeudi 15 octobre, et cet affrontement a dominé le débat parlementaire de vendredi sur le coût de la vie. Le gouvernement a déclaré qu'il ne céderait pas à la pression de la rue.
Charge policière et manifestations à Porto
Les manifestations pour le logement à Porto ont tourné à la tension après que la police a chargé les manifestants dans la nuit du jeudi 15 octobre. Cette charge a servi de toile de fond au débat parlementaire du vendredi 16 octobre, que le Parti communiste portugais (PCP) avait inscrit comme une interpellation du gouvernement sur la hausse du coût de la vie. Le débat a glissé vers la question du logement, plusieurs partis reliant les manifestations à un débat plus large sur qui supporte le poids de la hausse des prix. Le Premier ministre avait demandé aux manifestants de ne pas agir par des motifs « égoïstes », et le PCP a retourné cette accusation contre le gouvernement, affirmant qu'il refuse de garantir les conditions de vie que la Constitution protège.
Le gouvernement maintient la discipline budgétaire
Carlos Abreu Amorim, ministre des Affaires parlementaires, a ouvert la réponse du gouvernement en énumérant des données et des mesures sur la hausse des prix, et il a défendu la politique économique de l'exécutif. Il a exposé clairement la position du gouvernement sur les finances publiques :
Pour cet exécutif, l'équilibre budgétaire n'a jamais été, et ne sera jamais, une fin en soi.
Il a ajouté que la rigueur budgétaire est, pour le gouvernement, un élément essentiel pour rendre possible la justice sociale. Sur le logement, il a déclaré que le gouvernement protégera les droits fondamentaux et considère le problème comme très grave, mais qu'il ne cédera pas aux cris venus de la rue. Les partis de droite, en phase avec le Premier ministre, ont accusé la gauche de tenter d'importer une contestation sociale venue d'autres pays européens. Le PCP et le PS ont demandé à l'exécutif d'écouter les Portugais, tandis que le BE et Livre ont souligné le droit de manifester.
L'opposition attaque le gouvernement
Paulo Raimundo, secrétaire général du PCP, a qualifié la politique gouvernementale d'égoïste et de violente, au service de la spéculation immobilière et productrice d'injustice et d'inégalité, et il a réclamé une véritable politique du logement. João Torres, du PS, a accusé le gouvernement de semer des vents dont les Portugais récoltent aujourd'hui les tempêtes, et l'a exhorté à regarder la réalité en face, à abandonner son arrogance et à cesser d'ignorer les avertissements. Il a aussi affirmé que le gouvernement et les groupes parlementaires qui le soutiennent étaient totalement déconnectés, et il a critiqué le député du PSD pour son manque d'empathie envers les personnes en difficulté face aux coûts quotidiens. Sandra Pereira, du PSD, a raillé la foi extraordinaire du PS dans le gouvernement, et elle a pointé une inflation de 7,8 % en 2022. Elle a demandé quelle autorité morale le PS avait pour parler du coût de la vie, et elle a accusé le PS d'avoir décidé de ne pas revaloriser les pensions conformément à la loi. Jorge Pinto, co-porte-parole de Livre, s'est joint aux critiques selon lesquelles le gouvernement était déconnecté de la réalité. Paula Santos, cheffe de file parlementaire du PCP, a renvoyé l'accusation, affirmant que le gouvernement refuse de garantir les conditions de vie des Portugais et insistant sur la nécessité de mesures concrètes.
Manifestation et revendications à venir
Le PCP a demandé que les ministres de l'Économie, des Finances et du Logement se présentent au Parlement. Le débat a eu lieu à la veille d'une manifestation nationale appelée par la CGTP contre la hausse du coût de la vie et pour de meilleurs salaires, pensions et services publics. Cette manifestation tombe le samedi 17 octobre, au lendemain du débat. Les manifestations de Porto et l'échange parlementaire se déroulent désormais en parallèle, le gouvernement refusant de plier sous la pression de la rue tandis que les partis d'opposition réclament des mesures concrètes sur le logement et les salaires.
- La police charge les manifestants pour le logement à Porto dans la nuit
- Le Parlement débat du coût de la vie et du logement avec le gouvernement
- Manifestation nationale de la CGTP contre la hausse du coût de la vie
