Le samedi 17 octobre a été le cinquième jour consécutif de manifestations contre le gouvernement du Premier ministre Edi Rama dans la capitale albanaise. En début de journée, plusieurs centaines de jeunes se sont rassemblés devant le ministère de l'Éducation, où un drapeau national a été hissé et une valise a été incendiée puis jetée dans la cour en symbole de l'émigration. Le calme a duré environ une heure. Des manifestants masqués ont ensuite lancé des pierres, des pavés et des cocktails molotov sur les policiers antiémeute, qui ont riposté avec des canons à eau, du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc. Les affrontements se sont étendus aux rues voisines et, le soir venu, ont gagné le boulevard central, où la foule près du bureau du Premier ministre était bien plus nombreuse que les jours précédents.
Des cocktails molotov ont touché l'un des deux sièges de la Banque d'Albanie dans le centre-ville, et son entrée a pris feu, selon l'ANSA. Le bâtiment de la Cour suprême a également été touché, les flammes atteignant ses bureaux du rez-de-chaussée, tandis qu'un établissement de crédit situé à environ 300 mètres a aussi brûlé. Deutsche Welle rapporte qu'un incendie s'est déclaré à l'entrée de l'ancien hôtel Dajti, où se trouvent des bureaux de la Banque d'Albanie, et qu'un feu dans un commerce voisin du bâtiment de la Cour suprême s'est ensuite propagé à plusieurs bureaux du tribunal. Une voiture immatriculée en France a été incendiée, selon l'ANSA, et Bloomberg rapporte qu'une voiture brûlait près du bureau du Premier ministre.
Les chiffres varient selon les sources et le moment du décompte. Deutsche Welle fait état de 21 policiers et 13 manifestants blessés, sur la base des données disponibles le soir même, et indique qu'un policier a été pris dans un incendie. Le chef de la police, Skender Hita, a déclaré lors d'une conférence de presse que 132 agents avaient été blessés en cinq jours, tandis que le ministère de la Santé a indiqué que neuf manifestants et quatre agents avaient reçu des soins samedi. Un journaliste de l'AFP a compté trois personnes soignées pour des blessures à la tête, aux yeux et aux jambes.
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Skender Hita a déclaré que 167 personnes avaient été interpellées au cours des cinq jours de troubles et que sept agents avaient été suspendus dans l'attente d'enquêtes sur des accusations d'abus d'autorité. Tgcom24 fait état de plus de 200 interpellations, un chiffre qui ne correspond pas au décompte de la police. La BBC rapporte que 80 personnes ont été poursuivies pour troubles à l'ordre public à ce stade, et que des centaines d'autres ont été interpellées ou font l'objet d'une enquête.
Les manifestants dénoncent des frais universitaires élevés, de mauvaises conditions d'études et des perspectives d'emploi limitées, ainsi que des accusations de corruption au sein du gouvernement. Une étudiante en médecine de 19 ans qui travaille comme électricienne a déclaré à la BBC que la protestation était pacifique depuis 135 jours et que les manifestants cherchaient désormais à faire une révolution. L'étudiant en journalisme Sinan Billa a résumé les revendications à l'AFP.
« Nous réclamons nos droits, notre avenir et un pays meilleur. »
Edi Rama, qui effectue son quatrième mandat, refuse de démissionner. Samedi, il a visité des commerces endommagés lors des troubles, promis d'écouter les étudiants et de protéger leur droit de manifester, et mis en garde contre de nouvelles destructions. Il a aussi accusé ses adversaires politiques conservateurs d'encourager la violence. Sali Berisha, président du Parti démocrate, a appelé les partisans de l'opposition et les citoyens du pays entier à pratiquer la désobéissance civile, selon Deutsche Welle.
La BBC situe le début des manifestations au début du mois de juin et indique qu'elles sont devenues un mouvement antigouvernemental plus large, réclamant la démission du Premier ministre pour des accusations de corruption liées à son administration. Al Jazeera note que le Parti socialiste est au pouvoir depuis 2013 et que des lycéens et des étudiants universitaires ont rejoint le mouvement.
À la tombée de la nuit samedi, les forces spéciales de la police sont arrivées pour renforcer les unités antiémeute, selon la BBC.
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Les manifestants ont lancé des cocktails molotov sur un bâtiment de la Banque d'Albanie et sur la Cour suprême samedi 17 octobre, tandis que la police a utilisé des balles en caoutchouc pour la première fois depuis le début du mouvement.
Texte IA fondé sur les articles de vrtnws.be, BBC, NewsIT et d’autres médias. Publié .