
Des milliers de personnes manifestent devant l'usine de pesticides Syngenta à Saint-Pierre-la-Garenne
Entre 5 000 et 10 000 manifestants se sont rassemblés samedi à Gaillon avant de marcher vers le site agrochimique de Saint-Pierre-la-Garenne pour exiger l'arrêt de la production de pesticides chimiques.
Mobilisation en Normandie
Entre 5 000 et 10 000 manifestants se sont rassemblés à Gaillon, dans l'Eure, samedi 3 octobre 2026, pour protester contre l'usage généralisé des pesticides agricoles. Le rassemblement a réuni des personnes de toutes générations, dont des médecins et des agriculteurs. Quatre convois de tracteurs distincts se sont engagés sur les routes du département, tandis qu'une cinquantaine d'autocars affrétés ont rallié le site de nuit depuis toute la France pour acheminer les participants. Des convois cyclistes sont également arrivés dans la matinée. À la mi-journée, les manifestants se rassemblaient dans les rues avant le départ du cortège principal à 14 heures. Le parcours menait vers la commune voisine de Saint-Pierre-la-Garenne, un village de 900 habitants où Syngenta exploite un site agrochimique.
- Cinquante bus et quatre convois de tracteurs partent de toute la France
- Les manifestants se rassemblent dans les rues de Gaillon
- Le cortège quitte Gaillon en direction du site Syngenta de Saint-Pierre-la-Garenne
Atteintes alléguées à la santé et à l'environnement
L'action était coordonnée par quatre groupes principaux : la Confédération paysanne, Les Soulèvements de la Terre, Cancer Colère et le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'Ouest. Les organisateurs accusent l'usine Syngenta de polluer les nappes phréatiques voisines et établissent un lien entre l'activité de fabrication du site et une augmentation des cas de cancers localisés. Plusieurs victimes des pesticides ont participé à la marche aux côtés d'associations de soutien pour réclamer une plus grande visibilité institutionnelle des personnes touchées. Des représentants de Cancer Colère portaient des pancartes détaillant leurs diagnostics médicaux personnels dans le cortège. Fleur Breteau, porte-parole de Cancer Colère, a souligné la portée biologique des produits chimiques agricoles.
Notre colère est saine, nous sommes des millions. Il y a des pesticides dans les selles des nourrissons, dans le lait maternel. Les enfants naissent contaminés, les pesticides traversent la barrière placentaire. Qu'attend-on pour nous protéger ? J'ai donné dix ans de ma vie au cancer. Et les gens censés nous protéger ne font rien.
Pression sur l'industrie et critiques de la réglementation
Les manifestants ont centré leurs revendications sur l'arrêt de la fabrication d'agrochimiques et de la distribution de semences enrobées de produits chimiques. La Confédération paysanne a critiqué les liens institutionnels entre les régulateurs et les firmes chimiques, affirmant que les fabricants de pesticides siègent au comité qui détermine les mesures de suivi et d'accompagnement des personnes malades. Les militants soutiennent que faire face aux dangers industriels exige de démanteler les capacités de production plutôt que d'adopter des ajustements réglementaires mineurs. Michel Besnard, président du Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'Ouest, a exposé les motivations de la manifestation pendant le rassemblement.
Nous sommes là pour dire stop. Nous ne sommes pas là pour fermer cette usine en particulier, mais pour fermer toutes les usines. Nous considérons ces produits comme mortels, causant des dommages à la santé et à l'environnement.
Michel Besnard a ajouté que l'événement offrait l'occasion de réclamer un système agricole alternatif au modèle industriel actuel.
Portée internationale de la campagne
Le rassemblement normand s'inscrit dans la campagne internationale Stop Pesticides, qui cible quatre groupes agrochimiques multinationals : Syngenta, BASF, Corteva Agriscience et Bayer. Les Soulèvements de la Terre visaient spécifiquement Syngenta, citant sa production d'organismes génétiquement modifiés, sa dépendance aux semences enrobées de produits chimiques et l'exportation de pesticides interdits au sein de l'Union européenne. Le conglomérat d'origine suisse, propriété chinoise, a fait face à des actions de protestation coordonnées sur plusieurs continents, dont des marches récentes en Argentine, en Suisse et au Royaume-Uni. Les militants de l'Eure ont réaffirmé que la fermeture des sites de production chimique est nécessaire pour protéger la santé publique et réorienter la politique agricole vers des pratiques non toxiques.


