
Dix-sept familles parisiennes déposent une plainte pénale contre le maire Emmanuel Grégoire et Anne Hidalgo
Un collectif de 17 familles a déposé une plainte formelle contre l'actuel maire de Paris Emmanuel Grégoire et l'ancienne maire Anne Hidalgo, les accusant de mise en danger délibérée et d'inaction face aux abus dans les programmes périscolaires de la ville.
Dépôt d'une plainte pénale contre la direction de la ville
Le 4 septembre 2026, dix-sept familles du collectif MeTooEcole ont déposé une plainte pénale formelle auprès du parquet de Paris contre la Ville de Paris, l'actuel maire Emmanuel Grégoire et l'ancienne maire Anne Hidalgo. La plainte allègue une mise en danger délibérée de la vie d'autrui, une omission de porter secours à des personnes en danger et un défaut de signalement d'agressions sexuelles sur mineurs dans les services périscolaires des écoles publiques. Cette action en justice fait suite à des accusations d'abus sexuels et de violences physiques commis par des animateurs périscolaires dans plusieurs écoles municipales. Les avocats des familles affirment que les responsables municipaux ont été alertés dès 2015 des risques pour la sécurité dans les programmes de garde d'enfants, mais n'ont pas agi.
Maxime Delacarte, avocat représentant les familles, a décrit la réponse institutionnelle lors d'un entretien sur Franceinfo.
La plainte déposée contre la Ville de Paris, son maire socialiste Emmanuel Grégoire et sa prédécesseure Anne Hidalgo vise à montrer le silence coupable qui a mis nos enfants en danger.
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Défaillances de contrôle et pratiques d'embauche
Les allégations pointent des lacunes systémiques dans le recrutement et la supervision du personnel municipal périscolaire, connu sous le nom d'animateurs. En 2015, un rapport interne de l'inspection générale de Paris a recommandé 50 mesures de réforme spécifiques pour atténuer les risques pour les enfants d'âge scolaire placés sous la garde municipale. Selon les avocats des familles, l'administration n'a pas mis en œuvre ces recommandations, permettant l'embauche de personnel sans qualifications professionnelles obligatoires. Ces lacunes de contrôle ont conduit à de nombreux incidents signalés dans les crèches et écoles primaires parisiennes. En réponse aux récentes critiques, le maire Emmanuel Grégoire a annoncé des projets visant à introduire une formation obligatoire pour les candidats et à mettre en place des mécanismes de signalement plus stricts pour les abus présumés.
- Animateurs suspendus en 2026
- 132
- Suspendus pour violences sexistes ou sexuelles
- 52
- Enquêtes pénales en cours
- 203
- Demandes de procès formelles
- 6
Ampleur des enquêtes judiciaires et administratives en cours
Les autorités judiciaires et administratives ont ouvert des enquêtes approfondies sur les fautes commises dans les écoles primaires et les structures d'accueil parisiennes. En septembre 2026, les procureurs menaient 203 enquêtes pénales actives sur des soupçons de violences dans les milieux scolaires et périscolaires. Depuis le début de l'année 2026, la Ville de Paris a suspendu 132 animateurs, dont 52 personnes écartées pour suspicion de violences sexistes ou sexuelles. Des demandes de procès ont été déposées dans six affaires. Lors de décisions judiciaires antérieures, un animateur a écopé d'une peine de 18 mois avec sursis, tandis que deux autres ont été acquittés, des appels étant en cours dans les trois décisions. Avant la nouvelle rentrée scolaire, les autorités municipales ont également distribué des affiches d'information aux portes des écoles détaillant les protocoles de sécurité en vigueur.
Réponse de la défense des représentants municipaux
Les représentants des responsables municipaux accusés ont contesté les motifs de la responsabilité pénale. Patrick Klugman, avocat de l'ancienne maire Anne Hidalgo, qui a exercé de 2014 à mars 2026, a rejeté les allégations selon lesquelles la direction aurait hébergé ou protégé du personnel violent. Il a argué sur France Inter que les décisions concernant le recrutement et la supervision quotidienne relevaient de niveaux bien inférieurs au cabinet du maire.
À ce stade, vous n'avez pas un seul témoignage, pas une seule décision, vous n'avez aucune preuve qui indiquerait qu'Anne Hidalgo verrait sa responsabilité pénale engagée.
Klugman a reconnu la gravité des allégations auxquelles la ville est confrontée, mais a maintenu que la plainte pénale manquait de fondements juridiques valables pour engager la responsabilité pénale des responsables exécutifs. Pendant ce temps, Emmanuel Grégoire, qui a précédemment occupé le poste de premier adjoint au maire sous Hidalgo avant de prendre ses fonctions en mars 2026, a évoqué son passé de victime d'abus scolaires tout en promettant une coopération administrative avec les autorités judiciaires.


