
Les Houthis déclarent un blocus maritime contre l'Arabie saoudite, menaçant la route pétrolière de Bab el-Mandeb ; l'ONU met en garde contre une escalade plus large
Les rebelles houthis du Yémen ont annoncé lundi un blocus maritime immédiat contre l'Arabie saoudite, invoquant le propre blocus du royaume et l'attaque de la semaine dernière contre l'aéroport de Sana. L'ONU a averti que cette mesure pourrait déclencher « une escalade régionale encore plus grande ».
Annonce du blocus
Les rebelles houthis du Yémen ont déclaré un blocus maritime immédiat contre l'Arabie saoudite lundi 20 juillet 2026. Le porte-parole militaire Yahya Saree a annoncé la mesure dans une déclaration télévisée, la présentant comme une représailles à ce qu'il a appelé un « siège saoudien continu » des ports et aéroports contrôlés par les Houthis. Saree a invoqué le principe « œil pour œil », avertissant que toute escalade saoudienne se heurterait à « une escalade globale et décisive ». Le blocus, a-t-il dit, répond aux propres restrictions du royaume sur les zones tenues par les Houthis et à l'attaque du 13 juillet contre l'aéroport de Sana.
Nous annonçons un blocus maritime contre l'ennemi saoudien criminel, sur la base de l'équation « œil pour œil », avec effet immédiat à compter de la publication de cette déclaration.
Réactions saoudiennes et onusiennes
Le ministère saoudien des Affaires étrangères a publié une déclaration condamnant dans les termes les plus forts la déclaration houthie, la qualifiant d'acte « terroriste » et réitérant son soutien au gouvernement yéménite internationalement reconnu.
La plus ferme condamnation des déclarations faites par le soi-disant porte-parole militaire de la milice terroriste houthie... imposant un blocus maritime au Royaume.
Aux Nations unies, le porte-parole Stéphane Dujarric a exprimé sa profonde inquiétude, avertissant que les menaces pourraient déclencher « une escalade régionale encore plus grande ». Il a appelé à une désescalade immédiate et au respect de la liberté de navigation.
Nous sommes très préoccupés par les nouvelles menaces des Houthis contre l'Arabie saoudite, contre la liberté de navigation, qui pourraient conduire à une escalade régionale encore plus grande.
La route pétrolière en danger
Le blocus menace directement le détroit de Bab el-Mandeb, la porte d'entrée sud de la mer Rouge et un point de passage critique pour les flux énergétiques mondiaux. L'Arabie saoudite dépend de ce passage pour exporter environ 3,5 millions de barils par jour de pétrole brut et de produits raffinés vers les marchés asiatiques. Une fermeture complète du détroit pourrait réduire l'offre mondiale de pétrole d'environ 7 %, selon des rapports. La menace s'ajoute aux perturbations existantes dans le détroit d'Ormuz, où l'Iran a imposé des restrictions ces derniers mois, poussant potentiellement les pertes totales de flux pétroliers internationaux vers 10 %. Une fermeture obligerait les pétroliers à emprunter la route plus longue autour du cap de Bonne-Espérance en Afrique, augmentant les coûts d'expédition et les délais de livraison. Les Houthis avaient déjà perturbé la navigation en mer Rouge pendant la guerre de Gaza, détournant des navires et lançant des attaques de drones et de missiles.
- Les Houthis frappent l'aéroport d'Abha en représailles à une attaque soutenue par la coalition contre l'aéroport de Sana ; premières frappes réciproques depuis le cessez-le-feu de 2022.
- Les Houthis affirment avoir abattu un drone de reconnaissance saoudien.
- Le porte-parole militaire houthi Yahya Saree annonce un blocus maritime immédiat contre l'Arabie saoudite.
Chronologie de l'escalade
L'annonce du blocus couronne une série d'échanges militaires. Le 13 juillet, les forces houthies ont lancé des missiles et des drones sur l'aéroport international d'Abha, dans le sud de l'Arabie saoudite, en représailles à une attaque soutenue par la coalition contre l'aéroport de Sana. Il s'agissait des premières frappes réciproques depuis le cessez-le-feu négocié par l'ONU en 2022. Le 14 juillet, les Houthis ont affirmé avoir abattu un drone de reconnaissance saoudien. Le groupe contrôle le nord-ouest du Yémen, y compris la capitale Sanaa, tandis que la coalition dirigée par l'Arabie saoudite maintient le contrôle de l'espace aérien yéménite et exige une autorisation préalable pour les vols. Les Houthis ont contesté cela en organisant des vols directs entre l'Iran et Sanaa, ce qui a encore irrité Riyad.
