
Les Houthis avancent le long de la côte yéménite de la mer Rouge et ciblent la région pétrolière de Marib
Les forces houthies yéménites ont pris des positions le long de la côte de la mer Rouge et ont avancé vers les champs énergétiques de Marib, provoquant la fermeture d'oléoducs saoudiens et une démarche diplomatique chinoise auprès de Téhéran.
Offensive côtière et points de blocage énergétiques
Les miliciens houthis yéménites dirigés par Abdulmalik al-Houthi ont étendu leur contrôle sur la côte yéménite de la mer Rouge et plusieurs îles au large. Cette poussée renforce la position du groupe près du détroit de Bab al-Mandeb, un passage maritime reliant la mer Rouge à la mer d'Arabie et aux marchés européens. En juillet 2026, les Houthis ont rompu une trêve de 2022 avec l'Arabie saoudite en déclarant un blocus des ports saoudiens et en attaquant des pétroliers. Les opérations récentes ont inclus des frappes quotidiennes de drones et de missiles contre les infrastructures énergétiques saoudiennes, contribuant à ce que les prix mondiaux du pétrole atteignent leurs plus hauts niveaux depuis la mi-mai 2026. Après des attaques de drones signalées depuis l'Irak sur l'oléoduc Est-Ouest dans les régions de Riyad et Médine, Saudi Aramco a fermé l'oléoduc par mesure de précaution.
- Hussein al-Houthi fonde le mouvement houthi dans le nord du Yémen
- Abdulmalik al-Houthi prend la direction après la mort de son frère au combat
- Le gouvernement yéménite et les forces alliées repoussent une offensive majeure des Houthis contre Marib
- Une trêve est établie entre les forces houthies et la coalition dirigée par l'Arabie saoudite
- Les États-Unis et Israël lancent des frappes militaires contre l'Iran
- Les Houthis rompent la trêve de 2022, bloquant les ports saoudiens et attaquant des pétroliers
- Les Houthis s'emparent du territoire côtier de la mer Rouge et poussent vers les champs énergétiques de Marib
Bataille pour les réserves pétrolières de Marib
Les forces houthies ont poussé vers l'est en direction du gouvernorat de Marib, situé à environ 120 kilomètres à l'est de la capitale, Sanaa. Marib abrite certains des plus grands champs pétroliers et gaziers du Yémen, faisant de la région un atout financier central pour le gouvernement internationalement reconnu. Les combats se sont également intensifiés dans les provinces de Taiz et Hajjah, atteignant des niveaux jamais vus depuis que l'offensive précédente contre Marib avait été repoussée en 2021. Si les défenses gouvernementales s'effondrent, les unités houthies gagneraient une voie terrestre vers l'Hadramaout, la plus grande province du Yémen, et s'approcheraient de la frontière saoudienne.
C'est le bastion et la place forte dans le nord de ceux qui ont résisté au coup d'État des milices il y a plus de dix ans. Une prise serait une victoire symbolique et stratégique.
L'Arabie saoudite et les forces gouvernementales yéménites ont répondu en intensifiant les frappes aériennes pour ralentir l'avancée. Les analystes ont souligné qu'une victoire houthie à Marib amènerait la milice directement à la frontière saoudienne, créant des préoccupations immédiates de sécurité pour Riyad.
Si Marib tombe aux mains des Houthis, la milice serait juste à la frontière saoudo-yéménite. Ce serait intolérable pour l'Arabie saoudite et mettrait en danger la sécurité nationale du pays.
Ascension au sein du réseau iranien
Les gains territoriaux reflètent une hiérarchie changeante parmi les groupes alignés sur l'Iran dans la région. Après que les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l'Iran fin février 2026, les Houthis sont d'abord restés en périphérie avant d'étendre leurs opérations. Avec le Hezbollah libanais affaibli par les récentes opérations militaires israéliennes et la perte de sa base opérationnelle en Syrie, les médias d'État iraniens et les rassemblements publics ont élevé le rôle de Sanaa. L'Institute for the Study of War a rapporté que le contrôle maritime houthi vise à établir une étendue d'eau contrôlée par l'axe aux côtés du détroit d'Ormuz contesté. À Téhéran, les journaux d'État de la ligne dure ont loué les avancées territoriales, tandis que les foules lors de rassemblements organisés par l'État scandaient des slogans de soutien au Yémen.
Appels diplomatiques et réponse de Pékin
La perturbation des voies maritimes a incité les responsables saoudiens à rechercher une assistance diplomatique étrangère, y compris des contacts avec Washington et un engagement indirect via la Chine. Selon trois sources citées par Reuters, des responsables chinois ont contacté Téhéran en coulisses à la demande de l'Arabie saoudite pour demander la retenue concernant les opérations houthies. La Chine dépend fortement des importations énergétiques du Moyen-Orient et est le principal acheteur de pétrole brut iranien, ce qui expose directement Pékin aux perturbations à la fois dans le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab al-Mandeb. Les responsables iraniens ont répondu que la stabilité dans les voies navigables ne reviendrait qu'après la fin des opérations américaines et israéliennes contre l'Iran.
La Chine ne souhaite pas que les tensions régionales s'étendent davantage au Yémen et à la mer Rouge. Une instabilité régionale croissante n'est dans l'intérêt d'aucune des parties concernées.


