
Le pétrole bondit de plus de 5 % après des frappes entre l'Iran et Israël, premières depuis la trêve d'avril
Le brut Brent a dépassé 97 dollars le baril lundi après que l'Iran et Israël ont échangé des frappes aériennes pour la première fois depuis l'entrée en vigueur d'une trêve soutenue par les États-Unis en avril, secouant les marchés et faisant chuter les valeurs aériennes.
Reprise des hostilités
Pour la première fois depuis l'entrée en vigueur de la trêve soutenue par les États-Unis en avril, l'Iran et Israël ont échangé des frappes aériennes entre dimanche soir et lundi matin. L'Iran a lancé des missiles sur Israël dimanche soir, ce que Téhéran a présenté comme des représailles aux frappes israéliennes contre des cibles du Hezbollah au Liban plus tôt dans la journée. Israël a répondu par ses propres frappes tôt lundi matin, et l'armée israélienne a signalé une nouvelle attaque de missiles iraniens lundi matin. Les médias iraniens ont fait état d'explosions dans les villes de Téhéran, Karaj, Ispahan et Tabriz.
Israël et l'Iran doivent immédiatement cesser de 'tirer'.
Le président américain Donald Trump a exigé que les deux camps cessent les attaques militaires dans un message sur Truth Social. Peu avant les dernières frappes, Trump avait exhorté le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à accepter un futur accord américain avec l'Iran, déclarant au Financial Times : « C'est moi qui commande. C'est absolument moi qui commande. Ce n'est pas lui qui commande. » Israël a ignoré les appels à la retenue de Trump.
Choc pétrolier
Les contrats à terme sur le Brent pour livraison en août ont augmenté de plus de 5 % lundi matin, à 97,83 dollars le baril. Le West Texas Intermediate américain a gagné 4,8 %, à 94,85 dollars le baril. Le Brent a brièvement touché 98 dollars le baril en début de séance. Cette nouvelle escalade a ravivé les craintes d'une inflation persistante, Andreas Lipkow, analyste en chef chez CMC Markets, notant que ces craintes sont désormais « de retour sur le marché et frappent les investisseurs qui doivent décider s'ils veulent réduire le risque de leurs portefeuilles avant la pause estivale. »
- 2026-06-05 (fin de la semaine dernière)
- 93.09 $/bbl
- 2026-06-07T22:15:00
- 95.76 $/bbl
- 2026-06-08 (matin)
- 97.83 $/bbl
- 2026-06-08 (plus haut intraday)
- 98 $/bbl
Le goulet d'étranglement du détroit d'Ormuz
Le détroit d'Ormuz reste le point focal des préoccupations d'approvisionnement. Cette voie maritime transporte normalement environ un cinquième du volume du commerce pétrolier mondial, mais le trafic maritime reste sévèrement restreint. Selon un rapport de la recherche économique de Commerzbank, environ 13 millions de barils par jour manquent sur le marché, soit environ 12 % de la demande mondiale. Seule une petite partie peut être redirigée via des voies alternatives comme l'oléoduc Est-Ouest de l'Arabie saoudite. L'Agence internationale de l'énergie a puisé dans ses réserves à un rythme sans précédent depuis le début du conflit. Plus tôt cette année, le Brent avait grimpé au-dessus de 120 dollars le baril, et le blocus partiel d'Ormuz est considéré comme la plus grande perturbation d'approvisionnement de l'histoire du marché pétrolier mondial.
Compagnies aériennes et actions sous pression
Les valeurs aériennes et touristiques ont fortement chuté. Airbus et le motoriste MTU ont perdu jusqu'à 4 %, tandis que les actions de TUI et Lufthansa ont reculé de près de 3,8 %. Les compagnies aériennes du monde entier sont confrontées à des coûts de carburant plus élevés, à des pénuries de kérosène et à des fermetures d'espace aérien qui imposent des itinéraires plus longs et une consommation accrue. L'Association internationale du transport aérien (IATA) a presque réduit de moitié ses prévisions de bénéfices pour l'industrie cette année, tablant désormais sur un bénéfice net de 23 milliards de dollars, contre une estimation précédente d'environ 41 milliards de dollars.
Augmentation de l'offre de l'Opep+
Sept membres de l'Opep et le groupe élargi de l'Opep+ ont accepté d'augmenter leur production d'environ 188 000 barils par jour en juillet, soit la quatrième hausse mensuelle consécutive. L'Arabie saoudite, la Russie, l'Irak, le Koweït, l'Algérie, le Kazakhstan et Oman ont soutenu cette décision. Les analystes considèrent cette augmentation comme largement symbolique, et son impact sur les marchés mondiaux devrait rester limité jusqu'à ce que le transit par le détroit d'Ormuz reprenne.
- Israël frappe des cibles du Hezbollah au Liban
- L'Iran tire des missiles sur Israël en représailles
- Israël répond par des frappes sur des cibles militaires en Iran
- L'Iran lance de nouvelles salves de missiles sur Israël ; les prix du pétrole bondissent de plus de 5 %
Approvisionnement en carburant en Europe
Le ministre allemand des Transports, Patrick Schnieder, a déclaré qu'il ne s'attendait pas à des pénuries de carburant en Europe malgré les nouvelles attaques. S'exprimant en marge d'une réunion avec ses homologues de l'UE à Luxembourg, Schnieder a affirmé : « Nous n'avons pas à craindre de pénuries physiques en Europe pour le moment. » Il s'est félicité des projets des pays de l'UE visant à partager davantage d'informations sur leur situation d'approvisionnement.


