Élections · Belgrade
Les étudiants serbes réclament la démission de la police et de la justice avant de prendre le pouvoir
Le mouvement Liste des étudiants, vainqueur des législatives du 25 octobre face au Parti progressiste serbe d'Aleksandar Vučić, réclame la démission des responsables de la police, des services de renseignement et de la justice avant sa prise de fonction.
Texte IA fondé sur les articles de Deutsche Welle, Mediafax.ro, watson.ch/ et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
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En bref
La Liste des étudiants a réclamé jeudi 29 octobre la démission de hauts responsables de la police, des services de renseignement et de la justice, et demandé aux autorités électorales de proclamer les résultats définitifs du scrutin du 25 octobre.
The Times, cité par l'ANSA, rapporte que Vučić a envoyé des milliers de policiers et des « nervis » dans le centre de Belgrade dimanche soir avant de reculer, un point qu'un porte-parole de Vučić présente comme une réponse à des violences de manifestants.
Le présentateur de RTV Goran Eror s'est excusé à l'antenne pour des années de désinformation, et le parquet anti-criminalité organisée a ouvert des enquêtes visant le ministre des Affaires étrangères Marko Djuric et 15 ambassadeurs.
Die Zeit rapporte que le programme en 11 points de la liste ne comporte aucun chapitre de politique étrangère, tandis que l'analyste Alexandru Lăzescu n'attend pas de rupture nette avec la Russie.
- 25 oct.La Liste des étudiants remporte largement les législatives face au SNS de Vučić
- 25 octobre, soiréeThe Times rapporte le déploiement de milliers de policiers et de « nervis » à Belgrade, et un recul de Vučić
- 29 oct.Les étudiants réclament la démission des chefs de la police, des renseignements et de la justice
Les étudiants réclament une refonte des institutions
Le mouvement Liste des étudiants a réclamé jeudi 29 octobre la démission de responsables de la police, des services de renseignement et de la justice. Le mouvement a remporté les élections législatives du dimanche 25 octobre face au Parti progressiste serbe (SNS) d'Aleksandar Vučić, au pouvoir depuis 14 ans. Les autorités sortantes contrôlent encore l'État et le transfert formel du pouvoir prendra plusieurs semaines. Lors d'une conférence de presse dans un parc du centre de Belgrade, les étudiants ont aussi demandé aux autorités électorales de proclamer officiellement les résultats définitifs afin qu'un nouveau Parlement et un nouveau gouvernement puissent être formés.
« Les changements commencent maintenant. Les institutions appartiennent aux citoyens et la loi s'applique à tous. »
Les étudiants accusent de hauts responsables de la police et des services de renseignement d'avoir servi le parti de Vučić pendant les manifestations, en violation de la loi, citant un usage excessif de la force, une surveillance illégale, des détentions et des pressions sur les opposants. Ils ont demandé aux fonctionnaires d'empêcher les responsables sortants de détruire des documents ou des preuves d'éventuels manquements. Ils réclament aussi des changements dans la justice, des enquêtes urgentes sur des affaires de corruption de haut niveau qui auraient pu être classées sous pression politique, et un réexamen de tous les contrats de dépenses publiques.
La contre-attaque de Vučić et le récit de la nuit électorale
Vučić a tenu sa propre conférence de presse jeudi, accusant les vainqueurs de « terreur révolutionnaire » après que des groupes ont pris d'assaut la chaîne Informer TV, qui avait qualifié les étudiants de traîtres et d'ennemis de l'État pendant la campagne. The Times, cité par l'ANSA, rapporte une version différente de la soirée de dimanche : Vučić aurait envoyé des milliers de policiers et des « nervis » devant le Parlement pour contester le résultat, avant un recul surprise. Un ancien chef de l'unité antiterroriste de la police serbe, cité par le journal, affirme que 4 000 policiers et 3 000 « nervis » ont été envoyés dans le centre de Belgrade et qu'il était certain que Vučić entendait rejeter le résultat. Un porte-parole de Vučić a déclaré que ce dispositif policier répondait à des violences de manifestants.
Die Zeit, relayé par la Deutsche Welle, écrit que des centaines de policiers antiémeute ont été déployés à des points clés du centre de Belgrade le jour du scrutin et que la pression diplomatique est l'explication la plus fréquente de leur retrait, sans que l'on sache qui l'a exercée. Des rumeurs non confirmées à Belgrade, rapportées par The Times, désignent Viktor Orbán comme la personne ayant convaincu Vučić de reculer.
Purge dans les médias et poursuites
Watson rapporte que Goran Eror, présentateur de la chaîne régionale RTV, s'est excusé publiquement à l'antenne pour des années de désinformation sous Vučić. Le rédacteur en chef Nenad Cacic a ensuite démissionné et une nouvelle direction éditoriale a été installée. Des informations font état du départ de Manja Grcic, à la tête de la RTS, bien que la chaîne publique n'ait fait aucun aveu comparable ; la séquence a beaucoup circulé, souvent attribuée à tort à la RTS. Le parquet anti-criminalité organisée a ouvert des enquêtes pénales visant le ministre des Affaires étrangères Marko Djuric et 15 ambassadeurs serbes pour abus de pouvoir et violations présumées de la loi électorale, dont l'ambassadeur en Suisse Ivan Trifunovic.
Politique étrangère et questions en suspens
L'analyste Alexandru Lăzescu a déclaré à Ziare.com que la victoire de la liste était plus large que ce que ses membres attendaient et que le départ de Vučić ne garantit pas que la Serbie devienne hostile à Moscou.
« La Serbie, au niveau de sa population, est très proche de la Russie. Je ne m'attends donc pas à ce que les choses se dégradent beaucoup à cet égard. »
Alexandru Lăzescu a comparé l'état d'esprit à celui des élections roumaines de 1996 et s'est interrogé sur la capacité de la liste à gouverner, faute de structures et avec peu d'expérience politique. Die Zeit note que le programme en 11 points adopté avant le scrutin ne comporte aucun chapitre de politique étrangère et que les questions des relations avec la Russie, du conflit avec le Kosovo et de l'adhésion à l'UE restent ouvertes. La Süddeutsche Zeitung rapporte qu'Ilija Srdanović, figure de proue de la liste, s'efforce de détourner l'attention de sa personne. Die Zeit note également que la plupart des 250 candidats de la liste sont largement inconnus.
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Sources et contexte
- Deutsche WelleLa presse allemande sur la Serbie : La victoire n'est qu'un débutNemačka štampa o Srbiji: Pobeda je tek početak · original en serbe
- Mediafax.roLes étudiants en Serbie exigent des démissions dans la police et le système judiciaire alors qu'ils se préparent à prendre le pouvoirStudenții din Serbia cer demisii în rândul poliției și al sistemului judiciar, în timp ce se pregătesc să preia puterea · original en roumain
- watson.ch/Bouleversement en Serbie : Vucic menace d'une « résistance jusqu'au dernier souffle »Umbruch in Serbien: Vucic droht mit "Widerstand bis zum letzten Atemzug" · original en allemand
- AP NEWSLes étudiants serbes exigent des démissions dans la police et la justice alors qu'ils se préparent à prendre le pouvoirSerbia's students demand resignations in police, judiciary as they prepare to take power · original en anglais
- Aleksandar Vučić
- Ancien président et chef du Parti progressiste serbe, battu aux élections législatives du 25 octobre.
- Viktor Orbán
- Cité par des rumeurs non confirmées à Belgrade comme la personne ayant convaincu Vučić de reculer.
- Marko Djuric
- Ministre serbe des Affaires étrangères visé par une enquête pour abus de pouvoir et violations de la loi électorale.
- Ilija Srdanović
- Figure de proue de la Liste des étudiants qui, selon les informations, évite les projecteurs.
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