
Merz essuie de vives critiques des Verts et des municipalités pour ses projets de coupes sociales
La proposition du chancelier Friedrich Merz de réduire les programmes sociaux pour alléger les budgets municipaux a suscité de vives critiques de la part des Verts et des élus locaux, qui avertissent que la hausse des coûts sociaux pousse les villes et les communes vers un effondrement financier.
Les municipalités allemandes sont dans un état de détresse financière aiguë, avec des déficits qui s'envolent et des réserves épuisées. Le 22 juin, une journée d'action nationale sous le slogan « Kommunen am Limit » a vu les élus locaux exiger une intervention fédérale urgente. La crise a été alimentée par l'explosion des dépenses sociales obligatoires (aide à la jeunesse, aide à l'inclusion et frais de soins), qui dépassent largement la croissance des recettes fiscales. Le chancelier Friedrich Merz (CDU) a répondu par une proposition controversée : réduire quatre grandes lois sociales pour soulager les budgets locaux.
Proposition de Merz et réactions immédiates
Merz a cité trois des quatre lois examinées : la loi sur l'avance sur pension alimentaire (Unterhaltsvorschussgesetz), la loi sur l'aide à la jeunesse et l'aide à l'intégration des personnes handicapées. S'exprimant dimanche 21 juin, il a exprimé l'espoir d'un accord avec les Länder avant la conférence des ministres-présidents du jeudi 25 juin. La réaction a été rapide. Le co‑président des Verts, Felix Banaszak, a accusé le chancelier de suivre un « sozialpolitischer Irrweg » (mauvaise voie en matière de politique sociale), arguant que réduire le soutien aux parents isolés et aux enfants aggraverait la pauvreté infantile et coûterait finalement plus cher à la société.
Tout soutien nécessaire qui ne se concrétise pas finira par nous coûter le double ou le triple plus tard.
Quiconque réduit les avances sur pension alimentaire n'économise pas dans le budget, mais au détriment des chances des enfants.
L'ampleur de la détresse municipale
Les chiffres de la Frankfurter Allgemeine illustrent la détérioration : après des années d'excédents, le déficit municipal est passé de 6 milliards d'euros en 2023 à près de 32 milliards d'euros deux ans plus tard. À l'échelle nationale, le déficit pour l'année en cours est estimé à 29,7 milliards d'euros. En Bavière, les recettes fiscales ont augmenté de 340 millions d'euros en 2024, mais les dépenses sociales ont bondi de 1,1 milliard d'euros, annulant trois fois le gain, selon le président du Landkreistag, Thomas Karmasin. Les réserves sont épuisées et les élus locaux avertissent que des services comme la garde d'enfants, les bus scolaires, les piscines et les programmes culturels pourraient être réduits dès l'année prochaine.
Qui est responsable ?
Les municipalités reprochent au gouvernement fédéral et aux Länder d'imposer toujours plus de missions légalement obligatoires sans fournir de financement adéquat, violant ainsi le principe dit de Konnexität (le principe selon lequel « qui commande paie »). « Le gouvernement fédéral achète la bienveillance avec la carte de crédit des municipalités », a déclaré Karmasin. Le président du Gemeindetag bavarois, Uwe Brandl, a noté que les politiciens de tous niveaux ont passé les 15 à 20 dernières années à faire des promesses pour gagner des voix, « sans se soucier de savoir si l'argent était là ».
En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, l'association des villes et communes a organisé une journée d'action symbolique, représentant un navire en train de couler avec un trou grandissant dans sa coque. Le porte-parole des Verts dans la coalition de Düsseldorf, Robin Korte, a déclaré que le gouvernement fédéral devait enfin payer pour les tâches sociales qu'il a créées, notamment l'aide à la jeunesse et l'aide aux soins. Le gouvernement du Land de NRW a mis en avant son propre allègement de la dette ancienne de 9 milliards d'euros, mais les élus locaux ont calculé que cela n'offre que quelques années de répit.
Journée d'action et chemin vers le sommet de jeudi
Dans toute la Hesse et la Rhénanie-Palatinat, des appels similaires ont été entendus. À Mayence, les élus ont réclamé une évaluation rapide du système de péréquation financière municipale. Le ministre de l'Intérieur de Hesse, Roman Poseck, a exprimé sa sympathie mais a souligné que « c'est avant tout au gouvernement fédéral d'agir ». Le ministre-président de Rhénanie-Palatinat, Gordon Schnieder, a promis de plaider pour une responsabilité fédérale sur les coûts sociaux. La journée d'action nationale a servi de lever de rideau pour la réunion du 25 juin entre le chancelier Merz et les 16 ministres-présidents, où l'avenir des finances municipales (et peut-être le controversé plan d'économies de Merz) dominera l'ordre du jour.
- Le chancelier Merz annonce un plan de réduction des lois sociales pour soulager les municipalités, citant trois lois concernées
- Le chef des Verts, Felix Banaszak, condamne les coupes ; journée d'action nationale « Kommunen am Limit » organisée dans toute l'Allemagne
- Le chancelier Merz rencontre les 16 ministres-présidents pour discuter des finances municipales et d'une éventuelle réforme du principe de Konnexität


