
L'offensive au Yémen déplace plus de 112 000 personnes tandis que 3 000 fuient par mer vers Djibouti
Une nouvelle avancée côtière des Houthis a provoqué des déplacements massifs à travers Taïz et Lahj, poussant des milliers de personnes à tenter de dangereuses traversées en bateau du détroit de Bab el-Mandeb.
Déplacements internes dans l'ouest du Yémen
Une offensive militaire le long de la côte ouest du Yémen a déplacé entre 112 000 et 115 000 personnes au cours des deux dernières semaines, selon les agences des Nations unies pour les migrations et les réfugiés. Les combats se sont intensifiés après une offensive lancée par les forces houthies le 3 septembre 2026, qui a abouti à la prise de la ville portuaire de Mocha, de vastes étendues de la côte de la mer Rouge et des îles Hanish. Le chef de mission de l'Organisation internationale pour les migrations, Abdusattor Esoev, a rapporté depuis Aden que la majorité des familles déplacées ont fui les districts côtiers occidentaux et les provinces de Taïz et Lahj. De nombreux civils ont fui à pied sans provisions vers des zones de contreforts escarpés, cherchant refuge dans des sites de fortune surpeuplés comme le camp d'al-Bireen à Taïz. Rawya Hassan, une mère de sept enfants âgée de 48 ans qui a abandonné sa maison et son bétail pendant les bombardements, a décrit les conditions dans le camp.
Nous sommes sous la terreur, sous les roquettes, sous les missiles.
- Les forces houthies lancent une offensive le long de la côte ouest de la mer Rouge
- De nouveaux camps de déplacés sont établis près d'Aden alors que les combats côtiers s'intensifient
- Les agences de l'ONU signalent plus de 112 000 déplacés internes et près de 3 000 réfugiés à Djibouti
Traversées maritimes et pression sur l'accueil à Djibouti
Fuyant l'offensive côtière, près de 3 000 personnes ont traversé le détroit de Bab el-Mandeb en petits bateaux pour atteindre Djibouti en moins d'une semaine. La représentante du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, Sandrine Desamours, a déclaré lors d'un point de presse à Genève que les nouveaux arrivants ont débarqué aux points d'accueil d'Obock, Khor Angar, Moulhoule et Godoria. Plus de la moitié des réfugiés arrivant sur la côte djiboutienne sont des femmes et des enfants, de nombreuses familles connaissant un second exil après avoir déjà fui le pays en 2015. Cet afflux pèse lourdement sur Djibouti, un pays d'environ un million d'habitants qui accueille déjà 36 000 réfugiés, principalement de Somalie et d'Éthiopie. Le gouvernement djiboutien prépare des installations d'urgence pour accueillir jusqu'à 10 000 réfugiés, tandis que les autorités des régions voisines du Somaliland et du Puntland ont également signalé des centaines d'arrivées par mer dans le golfe d'Aden.
- Déplacements internes au Yémen (OIM)
- 112000 personnes
- Réfugiés déjà accueillis à Djibouti
- 36000 personnes
- Plafond de planification d'urgence de Djibouti
- 10000 personnes
- Arrivées récentes de Yéménites à Djibouti
- 3000 personnes
Frappes aériennes et combats terrestres à Taïz
En réponse à l'avancée houthie, les forces aériennes saoudiennes et yéménites ont lancé de vastes campagnes de bombardements sur les territoires contrôlés par les rebelles. Les porte-parole houthis ont rapporté que les avions saoudiens ont effectué 26 frappes aériennes en 24 heures et environ 300 frappes au cours des sept jours précédents, visant des cibles à Taïz et dans la ville d'Abs. Les forces gouvernementales yéménites ont confirmé que les affrontements dans le district d'al-Wazi'iyah de la province de Taïz ont fait 30 combattants houthis tués et plus de 60 blessés vendredi. Des échanges transfrontaliers de drones et de missiles ont également fait des victimes, dont un mort dans la province saoudienne de Taïf due à des débris de drone intercepté et cinq morts plus tôt dans la semaine au Yémen, dont trois enfants. Des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés dans la capitale Sanaa vendredi pour dénoncer les raids aériens et exprimer leur soutien à la poussée territoriale.
Discussions diplomatiques et livraisons d'aide humanitaire
Le changement rapide du contrôle territorial près du détroit de Bab el-Mandeb a incité des responsables américains à rencontrer des représentants houthis à l'ambassade américaine à Mascate, Oman. Au cours des discussions, les délégués houthis ont donné des assurances à Washington que les navires commerciaux sans liens avec l'Arabie saoudite ne seraient pas ciblés dans le corridor. À Bruxelles, la chef de la politique étrangère de l'Union européenne, Kaja Kallas, a confirmé que l'opération Aspides, la mission navale du bloc en mer Rouge, avait relevé son niveau d'alerte opérationnelle.
Les attaques houthies contre l'Arabie saoudite sont inacceptables et sabotent l'économie mondiale.
Les agences humanitaires ont mis en garde contre le fait que les pénuries de carburant et les lignes de front actives continuent de piéger des milliers de civils qui tentent de fuir vers les points d'embarquement côtiers. Pour soutenir les infrastructures médicales mises à rude épreuve par l'afflux de blessés, le Comité international de la Croix-Rouge a livré 22 tonnes de fournitures médicales aux hôpitaux de Sanaa.


