
Gabriel Attal et ses rivaux s'affrontent sur le projet de réforme des retraites à 65 ans d'Édouard Philippe
Gabriel Attal et Raphaël Glucksmann ont rejeté la proposition d'Édouard Philippe de porter l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans avec 45 annuités de cotisation, présentant des programmes concurrents pour la présidentielle de 2027.
Philippe propose un seuil à 65 ans
Edouard Philippe, chef du parti Horizons et candidat à l'élection présidentielle de 2027, a annoncé le 29 septembre 2026 un programme de retraites révisé. Son projet entend répondre aux déficits budgétaires prévus et à l'évolution démographique en relançant et en élargissant les réformes législatives précédentes. Philippe propose d'abord de rétablir les dispositions légales de la réforme de 2023, qui fixait l'âge de départ à 64 ans et la durée de cotisation à 43 ans, contre 62 ans et neuf mois avec 42,5 annuités aujourd'hui. Dans un second temps, son calendrier porte l'âge légal à 65 ans et impose 45 annuités de cotisation en moins de dix ans.
- Edouard Philippe
- 65 ans
- Objectif de la réforme de 2023
- 64 ans
- Marine Le Pen
- 62 ans
- Raphael Glucksmann (base)
- 62 ans
Attal rejette tout ajustement du cadre existant
Gabriel Attal, secrétaire général du parti Renaissance et ancien Premier ministre, a écarté la proposition de Philippe lors d'un entretien conjoint sur Europe 1 et CNews le 30 septembre 2026. Attal soutient que Philippe a repris les engagements de campagne d'Emmanuel Macron en 2022 plutôt que d'apporter une solution structurelle à un financement instable.
Nous ne sommes plus au stade du déplacement de paramètres ou de curseurs, nous ne sommes plus au stade des mesures palliatives pour faire survivre un système alors que ce système, objectivement, ne tient plus.
Attal a plaidé pour l'abandon pur et simple d'un âge légal de départ à la retraite universel, affirmant que les seuils d'âge légaux ne permettent plus de gérer efficacement la solvabilité du système. Il propose de passer à un modèle entièrement fondé sur la durée totale de cotisation au cours de la carrière, assorti d'incitations et de pénalités financières. Dans son schéma, les personnes qui partent tôt subissent une décote substantielle, tandis que celles qui travaillent plus longtemps obtiennent une surcote. Pour compléter le système public par répartition, Attal appelle aussi à un mécanisme hybride intégrant des véhicules d'épargne retraite individuels et collectifs, notamment des plans d'épargne retraite et des contrats d'assurance-vie.
Oppositions à gauche et à droite
Raphael Glucksmann, député européen de Place publique et candidat à la primaire entre le Parti socialiste et Place publique, a exprimé une vive opposition sur BFMTV-RMC le 30 septembre 2026. Glucksmann a jugé profondément inacceptable le projet de retraite à 65 ans de Philippe et a appelé à l'abrogation ou à la suspension de la loi de 2023.
L'enjeu de la réforme des retraites, c'est qu'elle doit être juste, et que l'on prenne donc en compte l'inégalité face au travail et l'inégalité face à la retraite.
Glucksmann plaide pour un âge de départ de référence fixé à 62 ans, assorti d'un système de décote aménagé tenant compte de la pénibilité et de l'usure physique. Selon le programme de son parti, les salariés des métiers manuels éprouvants pourraient quitter le marché du travail dès 60 ans, les autres cotisant plus longtemps. À droite, la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, continue de défendre le programme que son parti porte depuis 2022. Son programme propose un retour à un âge légal de départ standard de 62 ans, avec une possibilité de départ à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler avant 20 ans, et une durée de cotisation de 40 à 42 ans selon les parcours individuels.
Des positions mouvantes à l'approche de 2027
Les retraites sont redevenues une ligne de fracture centrale de la politique française à l'approche de la présidentielle de 2027, trois ans après l'adoption et la suspension partielle de la réforme de 2023. Les projections démographiques et les déficits budgétaires à venir ont contraint les prétendants déclarés ou pressentis de tout l'échiquier politique à avancer des projets structurels divergents. Philippe, associé en 2021 à un objectif de 67 ans, a arrêté sa position à 65 ans et 45 annuités. Les propositions divergentes d'Attal, Glucksmann et Le Pen dessinent des modèles économiques et sociaux concurrents pour l'avenir du système de retraite français.
- Edouard Philippe est associé à une proposition de départ à la retraite à 67 ans.
- Emmanuel Macron propose un âge de départ à la retraite de 65 ans durant sa campagne présidentielle.
- La réforme des retraites fixe l'âge légal de départ à 64 ans avant d'être partiellement suspendue.
- Edouard Philippe propose de relever l'âge légal de départ à 65 ans avec 45 annuités de cotisation.
- Gabriel Attal et Raphael Glucksmann rejettent publiquement la proposition de Philippe sur les retraites.

