
Protestations, restrictions de visa et découverte macabre : l'entrée en lice de l'Iran face à la Nouvelle-Zélande sous haute tension
Avec des joueurs confinés au Mexique entre les matchs, une interdiction des drapeaux pré-révolutionnaires et la découverte d'un corps près de leur camp d'entraînement, les débuts de l'Iran dans le groupe G à Los Angeles dépassent le cadre sportif.
Une préparation fragmentée
L'Iran s'envolera de sa base de Tijuana vers Los Angeles le jour du match et devra quitter le sol américain immédiatement après le coup de sifflet final. L'administration Trump a limité les séjours à moins de 24 heures, contraignant l'équipe à s'entraîner au Mexique et à effectuer des allers-retours express pour chaque rencontre. Cette organisation fait suite à un conflit sur les visas, lors duquel le président de la fédération iranienne de football et plusieurs officiels se sont vu refuser l'entrée.
Dans un contexte troublant, un corps en décomposition a été découvert dans le coffre d'une voiture à l'extérieur de l'Estadio Caliente, où l'équipe s'entraînait, à la veille de leur départ.Je suis heureux que l'Iran participe à la Coupe du monde et fier du travail accompli par l'équipe de la FIFA pour rendre cela possible.
Manifestations et contre-menaces
Los Angeles abrite la plus grande diaspora iranienne au monde, estimée entre 500 000 et 600 000 personnes. Avant le match, des manifestants brandissant le drapeau au lion et au soleil de l'Iran pré-révolutionnaire se sont rassemblés devant le stade.
Ce n'est pas l'équipe nationale iranienne, c'est l'équipe nationale de la République islamique.
Le ministre iranien des Sports a répliqué, menaçant d'interrompre les matchs si des symboles interdits apparaissaient. Le code de conduite de la FIFA proscrit le drapeau d'avant 1979, mais les militants assurent qu'ils introduiront des bannières en cachette et hueront l'hymne de la République islamique.La trêve n'existe que pour permettre à la Coupe du monde de se dérouler dans un climat moins tendu, mais elle prendra fin bientôt.
La frustration de Taremi et Ghalenoei
Le capitaine Mehdi Taremi, ancien attaquant de l'Inter Milan, n'a pas caché son irritation lors de la conférence de presse d'avant-match.
L'entraîneur Amir Ghalenoei a adopté un ton plus diplomatique tout en admettant que la préparation était loin d'être idéale :J'ai ressenti la tension dès notre arrivée. Cela gâche la joie du jeu et le message de la FIFA selon lequel le football apporte la paix.
Aucun des deux n'a souhaité évoquer le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran annoncé moins de 24 heures plus tôt.Ils ont certainement voulu nous mettre en difficulté. Nous sommes arrivés au Mexique en retard et n'avons pas eu assez de temps pour nous adapter.
La suite des événements
Après la rencontre de ce soir, l'Iran répétera le même schéma : ils affronteront la Belgique à Los Angeles le 21 juin, puis l'Égypte à Seattle le 26 juin, en revenant à chaque fois sur le sol mexicain avant minuit. Les distances sont courtes, mais la logistique est fragile et le contexte politique ne montre aucun signe d'apaisement. Pour une équipe qui a remporté au moins un match lors de chacune de ses deux dernières Coupes du monde, le véritable défi sera de rester concentrée malgré le tumulte.
- Vol de Tijuana vers Los Angeles pour le match d'ouverture contre la Nouvelle-Zélande ; retour obligatoire le jour même
- Vol aller-retour dans la journée vers Los Angeles pour le match contre la Belgique
- Trajet plus long vers Seattle pour le dernier match de groupe contre l'Égypte, suivi d'un retour immédiat au Mexique

