
L'émissaire américain Matthew Whitaker presse l'OTAN de déplacer ses forces vers l'est et classe l'Europe au quatrième rang de ses priorités
S'exprimant lundi 12 octobre au Forum de sécurité de Varsovie, Whitaker a déclaré que l'OTAN avait besoin de bases modernisées, de réseaux d'approvisionnement en carburant et d'accords de stationnement des troupes pour déplacer ses forces d'Europe occidentale vers l'Europe orientale.
Des infrastructures pour déplacer les troupes vers l'est
L'ambassadeur des États-Unis auprès de l'OTAN, Matthew Whitaker, a déclaré lundi 12 octobre lors d'une table ronde du Forum de sécurité de Varsovie que l'Alliance devait moderniser ses infrastructures militaires afin que les forces et les équipements puissent être déplacés d'Europe occidentale vers l'Europe orientale, « où nous nous attendrions à ce que survienne tout futur conflit ». Il a cité les bases militaires obsolètes, les chaînes d'approvisionnement en carburant et les accords qui régissent le stationnement des troupes américaines en Europe comme autant de points à traiter. Ces questions relèvent d'un examen plus large du dispositif et des bases des forces américaines sur le continent, toujours en cours. Whitaker a fait valoir que disposer de troupes ne suffisait pas, car celles-ci doivent pouvoir atteindre rapidement le lieu où elles pourraient être nécessaires. Il a indiqué avoir déjà discuté de la mobilité militaire avec le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius.
L'Europe au quatrième rang des priorités américaines
Whitaker a placé l'Europe au quatrième rang des priorités stratégiques de Washington, derrière la sécurité du territoire national, l'hémisphère occidental et le Pacifique. Il a rattaché cet ordre à la stratégie de sécurité nationale et à la stratégie de défense nationale annoncées par le président Donald Trump. Whitaker n'a annoncé aucun redéploiement ni retrait précis de troupes américaines d'Europe. Il a déclaré que Washington voulait éviter d'assumer davantage d'engagements militaires qu'il ne peut en soutenir, et que les États-Unis ne reculaient pas. Il a demandé aux Européens d'avancer et de rejoindre les Américains, en investissant autant que les États-Unis l'ont fait au cours des 77 dernières années.
Exigences de dépenses et réponse des alliés
Whitaker a déclaré que les États-Unis pourraient dépenser peut-être 1 500 milliards de dollars pour la défense, leur capacité industrielle servant largement les forces américaines, de sorte que l'Europe a besoin d'une industrie de défense plus productive et d'une véritable base industrielle de défense transatlantique. Il a critiqué les pays qui ne respectent pas leurs engagements de dépenses de défense et a indiqué avoir récemment adressé un message ferme aux responsables politiques tchèques, dont les dépenses de défense s'élèvent cette année à environ 1,8 % du PIB, en dessous du seuil actuel de 2 % de l'OTAN.
- Tchéquie (cette année, citée par Whitaker)
- 1.8 % du PIB
- Pologne (prévu, environ 5 %, selon Przydacz)
- 5 % du PIB
Marcin Przydacz, secrétaire d'État à la chancellerie du président de la Pologne, est intervenu lors de la même table ronde et a déclaré aux alliés européens qu'ils devaient en faire davantage, car ils sont assez riches pour consacrer un peu plus à leur propre sécurité. Il a indiqué que la Pologne consacrerait environ 5 % de son PIB à la défense et qu'elle respectait depuis longtemps l'objectif de l'OTAN d'au moins 2 %, et que la charge ne devait pas peser sur les contribuables américains.
Attaques hybrides russes et aide à l'Ukraine
Par ailleurs, le commandant suprême des forces alliées en Europe, le général de l'armée de l'air américaine Alexus Grynkewich, a exhorté dimanche 11 octobre les États européens réunis au forum de Varsovie à renforcer leur soutien à l'Ukraine face aux actions hybrides russes. Il a cité le sabotage, les violations de l'espace aérien, les incendies volontaires et les cyberattaques comme autant de sujets de préoccupation pour les États européens. Grynkewich a désigné le Danemark et l'Allemagne comme des pays ayant accru leur soutien à l'Ukraine après avoir été eux-mêmes confrontés à des attaques hybrides sur leur territoire. En septembre 2026, l'Allemagne a officiellement attribué à la Russie une tentative d'attaque contre l'aéroport de Leipzig, au cours de laquelle un drone équipé d'explosifs aurait été impliqué. Des responsables européens avertissent que la Russie pourrait être prête à attaquer un membre de l'OTAN d'ici la fin de la décennie.


