
Le Premier ministre français Lecornu promet de nouvelles mesures de soutien à l'agriculture dans le budget 2027
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a promis de nouvelles mesures de soutien et d'investissement pour l'agriculture dans le budget 2027, dans une lettre ouverte publiée un jour après que le Conseil constitutionnel a validé l'essentiel de la loi d'urgence agricole.
Lettre ouverte et loi d'urgence
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a publié une lettre ouverte aux agriculteurs samedi 15 août, sa troisième depuis le début de l'année 2026. La première a été envoyée en janvier "au cœur de la colère agricole", la seconde en mai lorsque la loi d'urgence est entrée au Parlement. La lettre est parue le lendemain de la validation par le Conseil constitutionnel de l'essentiel de la loi d'urgence agricole le vendredi 14 août, y compris ses dispositions controversées sur la réintroduction dérogatoire de pesticides interdits, que le Conseil a jugées suffisamment encadrées, et sur la gestion de l'eau. Lecornu a écrit que la loi, adoptée définitivement par l'Assemblée nationale et le Sénat le 21 juillet, sera "promulguée sans délai", et que les ministres concernés doivent "préparer sans délai les textes nécessaires à son application".
La loi, présentée par le gouvernement en avril, comprend des dispositions pour les futurs projets visant à renforcer la capacité de production, des contrôles plus stricts des importations fondés sur le principe que ce qui est interdit aux producteurs européens ne doit pas revenir via des produits importés, davantage de produits français et européens dans la restauration collective, des règles simplifiées sur le stockage de l'eau, la prédation, les bâtiments d'élevage et les terres, et des sanctions plus sévères contre les vols et les intrusions. Elle renforce également la position des agriculteurs dans les négociations commerciales, sur le principe qu'il n'y a pas de souveraineté alimentaire sans revenu agricole. Lecornu a qualifié la loi de "fruit d'un travail parlementaire exigeant et d'un compromis auquel chacun a pris part".
Réponse à la sécheresse
Face à ce que Lecornu a appelé une "sécheresse précoce et sévère", le Premier ministre a déclaré que "la réponse doit être rapide et forte", confirmant les aides déjà annoncées par la ministre de l'Agriculture Annie Genevard. Des enveloppes ciblées seront mises à la disposition des préfets pour soutenir les trésoreries des exploitations et la relance de la production. Des fonds seront ajoutés au régime public d'indemnisation des pertes, qui sera "armé autant que nécessaire". Les exploitations les plus fragiles pourront également bénéficier de réductions de taxe foncière et de cotisations sociales.
Projets budgétaires 2027
Le budget 2027, qui sera présenté fin septembre, sera l'"occasion de proposer au Parlement de voter des mesures de soutien et d'investissement" pour le secteur, a écrit Lecornu. À l'automne, le projet de loi de finances inclura un mécanisme de "sur-amortissement fiscal pour les projets d'avenir agricoles", ainsi que des mesures pour soutenir les investissements hydrauliques, poursuivre l'adaptation de l'agriculture au changement climatique et préserver la compétitivité des filières françaises.
- Lecornu envoie une première lettre aux agriculteurs lors des manifestations agricoles
- Le gouvernement présente la loi d'urgence agricole au Parlement
- Deuxième lettre aux agriculteurs alors que la loi d'urgence entre au Parlement
- Loi adoptée définitivement par l'Assemblée nationale et le Sénat
- Le Conseil constitutionnel valide l'essentiel de la loi, y compris les dispositions sur les pesticides et l'eau
- Lecornu publie une troisième lettre ouverte promettant des mesures budgétaires 2027
- Le budget 2027 sera présenté au Parlement
Incertitude politique
Les perspectives de ces mesures restent incertaines. Lecornu ne dispose pas de majorité à l'Assemblée nationale pour les faire adopter, et les promesses interviennent à quelques mois de l'élection présidentielle. Le Premier ministre se prépare à une confrontation avec le Parlement, écrivant qu'il appartiendra au Parlement "de prendre ses responsabilités en donnant un budget à la Nation, loin de toutes considérations politiques liées aux échéances électorales à venir".
Dans sa lettre, Lecornu a reconnu que la législation seule ne peut résoudre les problèmes du secteur.
Une loi ne remplit pas un réservoir d'eau, ne paie pas une facture et ne débloque pas, à elle seule, un projet. Elle ne vaut que ce que son application en fait.
Il a appelé l'administration à "faciliter, débloquer et répondre, plutôt que de ralentir", et a présenté la séquence de ses lettres comme une progression : "L'hiver a été le temps de l'alerte. Le printemps, celui du débat. Cet été est celui des décisions."


